29 septembre 2008
Mobile faune
Oui, j'avoue, le titre est formidable. J'hésitais un peu avec Mobile Homme mais finalement c'est l'autre qui l'a emporté d'une courte tête dans un sondage ultra-spécialisé auprès de mes commerciaux (qui ne connaissent pas ce blog (ouf)).
Bref.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut être vite amené à parler de cul au téléphone. Je ne parle pas de conversation particulièrement chaude, mais simplement de commentaires sexuels, de l'évocation de gadgets à la con ou de pratiques que la morale réprouve.
Exemple classique n°1:
- Ouais, Bob l'éponge* m'a larguée, quel gros connard
- En même temps tu l'avais trompé une dizaine de fois dans le mois, non ?
- Ouais mais quand même ! Quel salaud !
Exemple classique n°2
- Tain, je comprends pas, Uther Pendragon* est une vraie loque ces derniers temps, il veut pas me toucher, on couche plus ensemble !
- T'as essayé le gode ceinture ?
Exemple classique n°3
- Mon fantasme ultime réalisé ! Ce week-end, enfin, j'ai couché avec deux filles en même temps !
- T'as pensé à changer de capote entre chaque fille ?
- Ah euh... non mais Cunégonde* a un vagin ignifugé, ça compte ?
Exemple classique n°4
- C'est quand même pratique un canard vibrant !
- Ouais, et attends qu'on utilise les menottes et la cravache...
- Et les lubrifiants parfumés !
Exemple classique n°5
- Ya Leopold d'Autriche* qui ramène du poppers samedi !
- Merde, la dernière fois qu'il a ramené de la coke, c'était vraiment le bordel...
- Bon ok tout le monde a fini dans les chiottes en contre-teuf mais c'était quand même sympa non ?
Bon. Ces cinq exemples ne sont là évidemment que pour illustrer mon propos et non pour de basses raisons de dénonciations. Vous en déduirez ce que vous voulez, par exemple que les conversations de mes proches ne décollent pas vraiment au-dessus de la ceinture, ou encore que nous avons tous une répartie capable de clouer sur place un pastis hydrophobe. Et vous vous dites: ok, on savait déjà que le vodka club n'était qu'un ramassis de pervers et de dégénérés, qu'est-ce que tu veux nous apprendre de plus ?
Hum. Eh bien imaginez maintenant la même conversation, mais au téléphone. Avec un mobile. Dans la rue.
J'ai beau habiter une banlieue calme dont la verdure et la moyenne d'âge n'auraient rien à envier à une excroissance bulbeuse sur le nez d'un mandarin, il n'empêche que l'on croise parfois des habitants, même le soir, même la nuit. Et que ces gens là entendent les bribes de conversation qu'on est en train de gueuler dans l'écouteur parce qu'il y a des travaux de l'autre côté.
Et du coup on se retrouve avec des conversations de vingt, trente, quarante minutes, où l'on essaie de rassurer telle personne sur son estime sexuelle, où l'on parle à telle autre des positions à pratiquer avec son mec et où l'on envisage avec telle dernière ce qui pourrait éventuellement se faire ce week-end... tout ça avec des témoins.
Qui n'a jamais été regardé d'un air incrédule par un petit vieux avec un chihuahua parce qu'on vient de prononcer le mot "annulingus" dans sa proximité n'a jamais goûté au bonheur.
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Je pense que je suis définitivement grillé à Neuilly.
* Ces prénoms ont été changés pour protéger les principaux intéressés.
23:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bite, couille, nichon, chatte, chien, veau, vache