07 octobre 2008

Cave canem (mais vraiment, là)

Hier, j'ai reçu un coup de fil de la part d'un de mes commerciaux, pour me dire qu'il n'allait pas pouvoir assumer ses fonctions cette semaine, qu'il était à l'hôpital et qu'on l'arrêtait pour quatre jours. Evidemment, comme tout manager compatissant et sensible qui se respecte, j'ai aussitôt posé la question qui vous serait vous aussi venu aux lèvres: "donc vendredi t'es là, sale loque ?".

Il m'a répondu que oui.

L'honneur étant sauf, j'ai donc pu lui demander ce qui avait bien pu lui arriver. Et tout a commencé à la Nuit Blanche, ce samedi, lorsque son frère s'est fait agresser par trois mecs et qu'il s'est interposé pour le protéger.

Petite parenthèse, mon commercial joue au rugby et est taillé comme l'armoire à glace que je ne désespère pas de devenir un jour (ouais, je vais toujours au ju-jitsu et au karaté).

Bref.

Il me parle de son combat et j'imagine aussitôt le pauvre allongé sur son lit d'hôpital, contusionné des pieds à la tête, des bleus partout, des côtes cassées, peut-être même un oeil arraché histoire de justifier les quatre jours d'arrêt. J'imagine le combat épique, la violence palpable, le match de boxe, les coups qui volent, les battes de base-ball, les chaînes de vélo. Mais en fait non, ce n'est pas vraiment comme ça que ça s'est passé.

"Il m'a mordu" qu'il m'explique, mon commercial.

"Pardon ?"

"Il m'a mordu. Le doigt".

En fait, il s'est donc interposé, il a saisi le poignet du gars en face pour le calmer... et l'autre a porté sa main à sa bouche pour lui mordre le petit doigt, l'auriculaire, qui n'avait jamais rien demandé à personne. Jusqu'à le sectionner net.

Les cailleras ne sont plus ce qu'elles étaient.