16 octobre 2008

La vérité sort de la bouche des enfants

(Vérité, quel beau nom pour le sexe des prêtres).

J'en vois plein dans les commentaires qui pensent que c'est une blague, que l'infirmière n'a jamais dit ça, que je suis en train de vous faire marcher.

Et pourtant tout est exact au mot près. Je revois encore la scène, et je pense que je la reverrai encore un certain temps.

Elle, sur sa super chaise roulante utilisée pour la trimbaler d'une pièce à l'autre avec amour. Moi, à moitié assis sur le lit d'hôpital sur lequel elle avait patienté, son classeur sur les genoux.

Nos yeux qui se croisent au moment où la nouvelle nous frappe. La compréhension qui se fait jour. L'expression d'effroi sur son visage. L'horreur qui monte lentement sur le mien.

Merde. Qu'est-ce qu'on va faire ? Déjà qu'on ne sait pas bien ce que le mois à venir nous réserve, qu'est-ce qu'il se passe si elle tombe enceinte, hein ? Mais je veux pas ça, moi. Enfin pas tout de suite. Je suis trop jeune pour être père. J'ai encore plein de sport à faire, de jeu de rôles où aller, de soirées où me bourrer la gueule, de filles à draguer (ah, on me souffle dans l'oreillette que non), de voyages à réaliser, de promotions à obtenir.

Et puis merde, si c'est une fille éventuellement je veux bien m'en occuper. Mais un garçon ? Merde, quoi, un garçon qui courra dans mes jambes et foutra la merde partout et sera infoutu de ranger ses vêtements comme son père. La catastrophe.

Une fraction de seconde, ça peut être très long vous savez. Une fraction de seconde où l'on se regarde dans les yeux en se demandant si on n'a pas fait une grosse connerie, ya genre trois semaines.

Une fraction de seconde avant que l'infirmière ne mette les poings sur les hanches et ne secoue la tête en grommelant: "ah ben j'avais pas vu, c'est marqué sur la machine qu'elle est cassée, elle indique tout le temps positif."