27 décembre 2008

La Montagne, ça vous gagne (Robespierre)

Profitant des fêtes de Noel, Blondasse et moi sommes allés au ski. Car le ski, c'est bien, c'est beau, c'est grand, c'est mon sport.

Pour un paresseux comme moi qui n'arrive pas à se rendre toutes les semaines au ju-jitsu, le ski reste le dernier rempart d'activité autre que de copuler sauvagement dans une baignoire ou de se traîner sur un canapé pour y regarder NCIS (je dis ça, je dis rien). Et puis on est grenoblois ou on ne l'est pas, et je garderai toujours une parcelle d'amour farouchement régional pour ces montagnes qui ont posé sur ma naissance un regard confit de tendresse enneigée.

Nous montons sur un télésiège et c'est parti. J'ai mon sac à dos avec les sandwiches, le thermos d'eau fraîche, les clémentines, nous sommes badigeonnés de crème jusqu'à l'intérieur des oreilles, nos combinaisons nous collent au corps, il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant.

Seulement Blondasse fume. Et elle part du principe que la montée en télésiège est faite pour ça. Au lieu de s'emplir les poumons de l'air pur à peine souillé par l'urine fumante des parisiens pur souche, elle préfère s'y injecter sa nicotine quotidienne.

Crime.

Drame.

Scandale.

"Tu vas provoquer la colère du Dieu de la Montagne", la préviens-je avec cet humour ravageur qui ne me quitte jamais.

En réponse, elle se fout de ma gueule.

Mais on ne provoque jamais impunément les Dieux. Il y a toujours une rétribution qui Damoclèse quelque part, prête à nous fondre sur la gueule quand on s'y attend le moins.

Jubilateur, j'attendais donc la manifestation de déplaisir qui allait montrer à Blondasse que non, décidément, on ne fume pas en montagne, quand soudain le télésiège arrive à destination, et nous descendons. Ou tout du moins ELLE descend.

Pour ma part, le sac à dos emmêlé dans une des barres du télésiège, je n'arrive pas à m'extirper à temps. Ca tire, ça tire, et je décolle du sol, avant de réussir in extremis à me débarasser de ma veste de ski pour atterrir comme une merde au bas de la piste d'arrivée, mon sac continuant béatement son voyage vers d'autres horizons.

Le Dieu de la Montagne vise mal.