03 août 2008

I'm a bitch

On m'envoie souvent des mails pour me demander comment je peux avoir l'imagination assez fertile pour entretenir un blog depuis trois ans maintenant (putain, trois ans).

Je réponds que je n'ai aucun mérite vu qu'il n'y a rien à inventer: il s'agit simplement de scènes de la vie quotidienne, sans presque enjoliver. Simplement, j'ai un don: tous les boulets de l'univers me trouvent sympa et décident de m'adresser la parole. Du coup, ça donne une source inépuisable de matériel pour ici.

A une époque, quand je tombais sur quelqu'un de complètement allumé, ça m'exaspérait. Maintenant, je pense à la note que je vais en faire, et ça me détend. Exemple classique: hier dans le métro. Je me rends à la Défense pour y rejoindre Monsieur F, histoire d'acheter ce qu'il me manque pour fixer mes rideaux.

(Parenthèse: ça y est, ils sont accrochés, ils sont beaux, c'est les voisins d'à côté qui vont être déçus de ne plus pouvoir me filmer quand je baise).

Le métro s'arrête à une station lambda et une fille me dépasse pour descendre du train. Comme tout mâle lambda dérangé dans sa lecture, je regarde machinalement sa silhouette* avant de repartir dans mon bouquin.

Et là, le gars en face de moi, qui doit avoir la soixantaine, habillé impeccablement, me fait un clin d'oeil.

"Elle est comment de dos ? Parce que de face, c'est une BOMBE !"

Je mets un peu de temps à comprendre de quoi il parle (oui, chez moi, le coup d'oeil appréciateur n'est pas conscient, faut que je réfléchisse). Finalement je hausse un sourcil et décide d'ignorer l'importun. Qui me dévisage avec insistance.

Station suivante, c'est à son tour de descendre. Mais pas avant de me léguer sa sagesse ancestrale.

"Méfie-toi comme de la peste des filles comme ça. Parce que je suis sûr que tu serais capable d'en lever. Mais après, crois-moi, les entretenir, c'est une autre affaire. Oh oui, faut avoir les reins solides. Moi j'y ai laissé la moitié de ma fortune".

Les gens de Neuilly ne cesseront jamais de m'étonner.

 

 

 

(Et sinon, pourquoi un titre aussi amoureusement accrocheur ? Parce que depuis une semaine, j'écoute en boucle ce clip de merde que Gauthier nous a fait découvrir après son escapade toulousaine. Et comme il y a peut-être des lecteurs qui ne le connaissent pas encore, je lui pique honteusement la video. Il le mérite, après nous avoir fait voir Another Gay Movie hier. J'en ai encore les yeux qui saignent.)

 

 

 

 

* Le cul, quoi.