02 mars 2010

Un Raymond, deux pardons

Ce week-end, comme je le disais dans le message précédent, je me suis fait pourrir par mon voisin du dessous. Alors que nous n'étions qu'une douzaine, que la musique n'était presque pas fort, que les conversations n'étaient presque pas alcoolisées, les talons des filles presque pas aiguille, le sol presque pas parquet et l'heure presque pas tardive.

Il y a des gens qui doutent de rien, je vous jure. Manquerait plus que le voisin se mette à taguer la porte comme chez Gauthier. Ou décide de me casser la gueule avec ses potes.

C'est donc avec un peu d'appréhension que j'ouvre lorsqu'on sonne chez moi le lendemain. Et, en effet, c'est le voisin. Mais à la place de l'expression orageuse (Xynthiesque, même) que j'attendais, il a l'air tout contrit et tient une bouteille de vin à la main.

"Euh, bonsoir, c'est votre voisin du dessous, voilà, en fait je suis venu pour m'excuser"

"??"

"Ben oui, j'ai pas été très poli hier à vous crier dessus comme ça, j'étais de mauvaise humeur, je me levais tôt le lendemain donc forcément j'ai été un peu vulgaire, mais c'est vraiment regrettable."

"??"

"Franchement, si vous voulez faire une soirée une fois de temps en temps, il n'y a pas de problème. C'est juste les talons des filles qu'on entend bien, le reste après tout c'est une soirée, c'est normal qu'il y ait de la musique".

"Euh... la prochaine soirée, je peux leur faire enlever leurs chaussures si vous voulez ?"

"Non non, ne vous embêtez pas, surtout que je suis sûr que ça dérangerait les filles, question de pudeur, tout ça. Et puis je vous dis, c'est moi qui ai mal réagi, je suis vraiment désolé d'avoir dérangé votre soirée".

Grand seigneur, j'ai pris la bouteille et je l'ai pardonné.