10 août 2008
En plein milieu de l'écriture de ladite note...
...on frappe à ma porte.
Ouais. C'est là que je m'étais arrêté vendredi soir, vous plongeant dans un abîme de perplexité et d'anticipation tel que même Tantale y goberait une pomme. Du coup, va bien falloir que je vous raconte la suite.
Tout a commencé lorsque Monsieur F m'a proposé de me faire un ciné le vendredi soir (Braquage à l'anglaise). Il était 17h, j'ai accepté de le retrouver chez moi à 21h pour la séance de 22h, tout ceci est incroyablement passionnant.
MAIS, élement perturbateur, à 19h, je sors du boulot sur les rotules et je me dis que, finalement, une petite soirée peinard chez moi sans sorties, sans film, sans sexe, sans amis, sans jeu de rôles, sans orgie alcoolique, c'est pas mal non plus. Donc je l'appelle et je laisse un message pour lui dire que finalement, non, sans moi, on annule.
Je rentre chez moi, je m'effondre sur le canapé, je subis la coupure de courant citée dans l'article précédent, je râle, je descends dans la rue pour chercher un truc à grignoter - et je reçois un texto de Monsieur F. Lapidaire: "pas pu écouter ton message bicoz plus de batteries. J'arrive."
Je rappelle, mais bien évidemment tombe sur son répondeur. L'enflure ! Comme si c'était crédible de pouvoir prendre le temps d'envoyer un texto mais pas celui d'écouter un message d'annulation. Ce gros connard veut juste me forcer la main et pense que s'il arrive à s'incruster chez moi, je me laisserai traîner au cinéma. Bon, il a pas forcément tort mais sur le coup ça me fait chier. J'avais qu'une envie, glandouiller à poil dans l'appart pour contrer la chaleur étouffante de début de soirée. A cause de lui, je dois me rhabiller. Bordel de merde de couille plantureuse.
21h, précis comme une horloge suisse, mon interphone sonne. Je décroche, de mauvaise humeur. "C'est Monsieur F !" clame la voix virile de mon mâle compagnon dans le combiné. Pff. Comme si je ne le savais pas. Je lui ouvre. Je retourne à l'écriture de la note, j'entends le bruit de la porte d'entrée, je me retourne pour l'engueuler.
Mais ce n'est pas lui. C'est Elle*. Je me frotte les yeux une fois. Deux fois. Elle est censée être à mille bornes d'ici.
"Euh... où est Monsieur F ?" je bredouille.
Ouais, j'ai peut-être un sens des priorités particulier dans l'ordre des questions. Mais il s'avère que j'ai eu raison de demander, car elle me tend son téléphone portable, hilare. Cette enflure a appelée Monsieur F, a mis le téléphone sur haut-parleur et l'a fait parler dans le combiné pour faire croire que c'était lui.
Connasse.
Je vous le refais au ralenti, pour ceux qui n'ont pas compris à la première lecture.
Elle décide en plein retour chez elle de changer de train et de me faire une surprise en passant un week-end sur Paris. Pour être sûre de ne pas arriver à un mauvais moment, elle se procure la complicité de Monsieur F. Elle lui demande de me bloquer chez moi par tous les moyens, ce qui explique cette séance de cinéma organisée à la dernière minute - et cette insistance pour venir malgré mon veto fatigué. Elle lui fait acheter quelques produits de première nécessité pour survivre à ce week-end improvisé. Elle fait tout le trajet en métro, se pointe chez moi, appelle Monsieur F et utilise son téléphone pour faire croire que c'est lui. J'ouvre, et paf, la surprise est complète.
Connasse.
Je viens de la remettre dans le train, et j'ai passé un putain de week-end. Comme quoi les surprises sont toujours appréciées à leur juste valeur (holy shiznit).
* Pour des raisons de confidentialité, nous l'appellerons Elle dans cet article. La générosité des lecteurs est sollicitée pour tout éventuel procès avec le magazine éponyme.
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