22 octobre 2008

Ils ont des chats poreux

Plus on a de commerciaux, plus on a de régions. Et lorsqu'on doit les former, ça veut dire qu'on prend son bâton de pélerin pour l'accompagner dans ses rendez-vous, forcément au fin fond de la France dont la ruralité sentimentale nous va tous au coeur (mais pas le soir et en voiture, parce que c'est glauque).

A une époque ce fut Clermont-Ferrand. je et j'ai ricané fourbement sur le confort tout relatif du plateau des Mille Vaches.

Puis ce fut l'Alsace et je me suis gaussé de villes comme Puttelange, que franchement, j'ai honte de rire, mais vous feriez pareil.

Puis vint le tour de Sedan et de Charleville-Mezieres. J'espère vraiment que ces gens-là ont dans le coeur le soleil qui blablabla, parce que niveau soleil c'était plutôt hésitant.

Et maintenant, c'est la Bretagne.

Ah, ces lacs délicieux ! Ah, ces étangs glougloutants ! Ah, ce patois chantant ! Ah, ces bretons bretonnants ! Ah, ces bittes d'amarrage au pied des rades où les porte-avions se font requinquer la queue à grand coups de marteau (girls, don't do this at home) ! Ah, la gare de Brest et sa vue plongeante sur la pollution de la mer environnante !

Non mais sinon c'est beau, la Bretagne, hein. Faut juste essayer de gérer le vocabulaire au jour le jour. Comme ce fameux restaurant où, avec mon apprenti commercial, nous mangeons en face de l'ile de Batz.

"Faut que vous essayez le far Breton !" lance la serveuse. "C'est la spécialité locale, vous allez adorer".

"Ca fait de la lumière ?" j'ai demandé avec espoir.

Elle m'a regardé comme si j'étais fou. Mon commercial m'a regardé comme si j'étais fou. Les meilleures blagues ne sont pas appréciées à leur juste valeur.

Et en fait c'est un quatre quarts, quoi.