13 janvier 2009
Petit trentenaire...
Eh voilà, j'ai trente ans.
Pour être honnête, ça fait même plus d'une semaine. Le 4 janvier 1979, dans une clinique de province au charme désuet, poussait son premier cri un espèce d'amas de chair de 3,5kg, vers 8h du soir, après avoir ruiné le réveillon pour sa mère et l'avoir laissée plusieurs heures en labeur.
Pas encore né, déjà chiant. Et ça n'est pas allé en s'améliorant. Pauvres parents, comment ne pas les aimer après tout ce que je leur ai fait subir ? L'idée de mettre du mercurochrome dans les bulles de savon pour avoir une vraie couleur restera dans les annales, comme l'engueulade subséquente devant la moquette et les murs irrécupérables.
Bref.
Normalement, le trentième anniversaire est censé donner un coup de vieux. Le moment de faire un bilan sur ses amitiés, ses amours, son boulot, sa famille, sa santé, de se dire qu'on vieillit, qu'on a des rides, qu'on tient moins bien l'alcool et les soirées, que les périodes réfractaires peuvent s'allonger (surtout dans le froid), que nos amis se marient ou ont des enfants.
Mais pour moi, mon trentième anniversaire, ça a surtout été une soirée formidable chez moi avec le vodka club, ainsi que quelques autres visages de ma vie (Daviso, mon choupi, merci !). Ca a été le moment de réaliser qu'il y a des gens qui se soucient de ma gueule, et qui ont fait un effort pour que je passe un moment énorme. Ca a été le moment de voir qu'Elle est même capable de faire des efforts surhumains pour que des ex soient présentes à l'anniversaire, parce qu'Elle sait que je les apprécie beaucoup.
Dans un anniversaire, on a des cadeaux. Et d'après ce que dit tout le vodka club, Elle a été odieuse avec eux. A chaque fois qu'ils avaient une idée (boutons de manchette, chaussures...), elle les renvoyait dans leur but en disant "non, bordel, il s'en fout d'un vrai cadeau qui coûte du fric, tout ce qu'il souhaite c'est que vous montriez que vous le connaissiez, que ce soit un cadeau qui ait du sens, quelque chose qui le touche".
Elle avait raison.
Et ils s'y sont mis, ces cons. Ils m'ont offert des cadeaux personnels, avec du vrai sens et des anecdotes derrières, et moi comme un con je faisais bonne figure et j'essayais de ne pas avoir les yeux humides (parce que si je pleure, Elle devient excitée et après on est obligés de baiser dans l'escalier - quand est-ce qu'on sera un couple normal, bordel ?).
J'ai notamment eu droit à une BD faite de nos photos de soirées, "le guide du métrosexuel" (sous-titre: "ya du boulot") qui retrace toute ma vie à Paris telle que le vodka club la connaît. Les premières cuites, les premières soirées, l'appart en bordel, les réveils la bouche pâteuse, les orgies sexuelles, et finalement la rencontre d'Elle, avec une photo que l'honneur et la décence m'interdisent de publier, mais qui viendra me hanter jusqu'à la fin de mes jours.
Quand je relis cette BD, quand je pense à la chance que j'ai d'être ainsi entouré, je reste comme un con.
Et l'estocade finale a été donnée par ma marraine allemande, dont je n'avais plus entendu parler depuis vingt ans, et qui a ressurgi tout d'un coup au moyen d'un CD de vieilles photos d'enfance ressurgies du fin fond des enfers, avec ma gueule de gamin de sept ans innocent, et la tête de mes parents baba cools à l'époque. C'est dur à croire, c'est bizarre, ça me fait rire bêtement.

Oui, je suis de très bonne humeur. Ces trente ans partent sous d'excellents auspices. Et à cause de la playlist d'Elle, aussi pourrie que la mienne, je fredonne comme un con:
Here's to you, Nicola and Bart,
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triomph !
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