11 février 2010
Drague un étang, ramène des cadavres
Il y a presque deux semaines (comme le temps passe, mes amis, comme le temps passe), je me suis donc rendu à un pseudo-speed dating avec une pseudo-amie que vous connaissez ici sous le nom de Flamèche.
Certains me rétorqueront que Flamèche est bien jeune, je vous répondrai que d'une part elle a poussé (puisqu'elle affiche maintenant fièrement ses 20 ans) et que d'autre part niveau célibataires disponibles des deux sexes prêts à m'accompagner dans mes délires, les stocks sont limités.
Mais je l'aime quand même, hein.
Bref, nous arrivons sur place, nous nous mêlons à la foule chamarrée de ce début de soirée, une certaine angoisse nous étreint en réalisant que les autres invités ne sont pas vraiment à la hauteur de la sensualité abrasive que nous dégageons. A l'arrivée devant la fille de l'accueil, mes pires doutes se concrétisent:
- C'est pas pour faire mon boulet mais ya des filles beaucoup plus belles que la plus belle de tes copines, à l'intérieur ?
- Normalement je ne devrais pas le dire, mais non, c'est une catastrophe ce soir.
- Et moi, et moi ? Qu'elle fait pleine d'espoir la Flamèche. Il y a du beau mâle en rut ?
- En rut, oui. Beau, ça se discute.
Ok.
Nous savions donc où nous mettions les pieds, cette soirée nous ferait saigner les yeux par les pores du nez. Mais comme on a quand même fait au moins une dizaine de stations en métro pour ça, il aurait été dommage d'abdiquer maintenant. Et puis ya des consos gratuites avec l'entrée.
On s'inscrit, on rentre, on boit, on reboit, et puis l'heure du speed dating arrive et nous voilà séparés pour affronter l'indicible. Cinq filles à la suite, une demi-heure, je me sens comme Charlot dans les Temps Modernes et j'empoigne ma clé à molettes.
Rien à dire sur la première personne, pas mon style mais très gentille et, disons-le tout net, normal. Non, moi non plus ça ne m'avait pas choqué sur le moment, mais vous allez voir qu'avec le recul ça aurait dû me frapper.
Parce que c'est parti pour la seconde.
- Coucou, alors voilà, je gagne ma vie en développant des photos mais en vrai je veux devenir poète. Par exemple j'aime bien Aragon mais je trouve que s'il avait travaillé un peu plus ses rimes et surtout ses fins d'alexandrins, ça aurait été beaucoup plus sympa. Je me suis donné comme ambition de corriger ses oeuvres les plus connues.
Ok. Je suis moi aussi d'avis qu'Aragon aurait pu éviter le conventionnel et parler des pieds d'Elsa, mais admettons. Voilà encore une fille presque à la limite de la normalité. C'est avec la troisième que je suis rentré dans la quatrième dimension*
- Bonjour, j'ai 20 ans et j'ai un bébé d'un an.
- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?
- Ben j'ai 20 ans et j'ai un bébé d'un an.
Hum... quatrième personne.
- Bonjour, je suis la soeur de la fille que tu viens de voir, et je l'héberge pour l'instant.
- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?**
- Ben la journée je suis aide-soignante mais comme c'est dur de subvenir aux besoins de tout le monde je suis strip-teaseuse la nuit.
Hum... cinquième personne.
- Bonjour, j'ai 30 ans, je suis pharmacienne.
- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?***
- Ben je flippe d'avoir 30 ans et du coup je fais du speed dating parce que je cherche quelqu'un qui voudrait bien me faire un enfant.
Hum... sixième... ah non, c'est fini.
Je reste encore assis quelques secondes, sonné par ces uppercuts délivrés à la chaîne. Puis je rejoins Flamèche.
- C'était bien, de ton côté ?
- Bof, je suis tombé sur quelqu'un qui faisait Mickey à Disneyland et qui avait amené son masque.
...
...
...
Le speed dating, c'est bon, mangez-en...
* Ceci n'est pas une manière poétique de parler de copulation
** Comme si j'allais me fouler niveau conversation, rhoo
*** C'est pas comme si elles allaient en parler entre elles
15:14 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : observons deux papillons
09 février 2010
Alors on danse
Voilà. Ca fait donc maintenant un mois et demi que je suis célibataire, en état de reconstruction subatomique pour passer de l'être confortable, mou et repu qui larvait devant une rediffusion de Docteur House à l'être confortable, mou et repu qui va sortir tous les soirs pour repartir à la recherche de ce dahu parisien*, la Fille Parfaite.
Il m'a fallu pas mal de temps pour dépasser ce qu'on appelle avec sobriété la période de réflexion (ai-je bien fait ? suis-je un connard ? vais-je me faire insulter par les amis et la famille ? où a-t-elle rangé l'adoucissant lessive ?). Puis pas mal de temps pour dépasser ce qu'on appelle avec sobriété la période de censure digne (faut-il déjà reprendre la plume ? faut-il voir de nouvelles personnes ? faut-il le raconter ? où a-t-elle rangé l'adoucissant lessive ?). Grave et sombre, je me suis donc contenté de reprendre goût à la liberté et de revoir tous ces gens auxquels je tiens et dont la vie m'avait éloigné par un caprice du destin qui m'étonne moi-même.
Mais depuis une semaine, c'est reparti. Speed dating, Afterwork, Soirée en boîte, j'ai repris le long chemin de croix du célibataire échevelé, le sourire aux lèvres, le jean au pressing (parce que où est ce putain d'adoucissant lessive ?).
Et j'ai rencontré du monde. Dont une fille que nous appellerons la Gamine, et qui à mon avis a autant de potentiel que la fille du train, pour les très vieux lecteurs qui se souviennent encore de cet épisode douloureux.
Pour vous parler de cette rencontre, va falloir que je vous explique comment s'est passée la séance de pseudo speed-dating, la soirée qui a suivi, les wing-girl qui draguent pour vous, et la moyenne d'âge des gens qu'on y croise.
Pas ce soir, parce qu'une vingtaine de lignes c'est déjà pas mal pour une reprise et que point trop n'en faut.
Mais je vous promets que le récit déchirera sa mère dans un abattoir à volailles vaccinées sans adjuvant par Bachelot**
* C'est un animal mythique qui parvient à boire son cocktail à flanc d'Abbesses.
** Spéciale décicace.
08 février 2010
Le choix dans la date
J'ai un problème avec les dates importantes, les fêtes nationales, les jours fériés: il faut croire qu'ils sont néfastes à la notion de couple. Je me suis déjà séparé la veille de la Saint-Valentin (certes, c'est dur, surtout pour moi, j'ai pas eu de cadeau), ou encore au moment du feu d'artifice du 14 juillet. Ca doit être la symbolique qui, quelque part, frappe au coeur.
Mais la date la plus effroyable, la plus dangereuse, la plus diabolique, c'est le 30 décembre.
Ca n'a l'air de rien, comme ça. Pourtant, quand on y réfléchit plus profondément, c'est entre deux fêtes majeures. C'est à l'aube d'une nouvelle ère. C'est quelques jours avant mon anniversaire. Je suis sûr qu'il y a une explication logique.
En tout cas et pour la troisième fois, je suis redevenu célibataire ce 30 décembre 2009 au soir (juste à temps pour aller noyer ma déprime et mes doutes à la soirée du nouvel an d'Alexiane, merci ma Glamourette, sans toi je ne sais pas ce que j'aurais fait). Ca faisait, selon la manière de compter, entre un an et un an 1/2 que j'étais avec Elle, et cela devient donc une des relations les plus longues jamais grenouillées à ce jour.
Par conséquent, j'ai décidé de me consoler de la seule manière que je connaisse: en multipliant les sorties et les rencontres. Ca a déjà donné pas mal de trucs à raconter, et je pense que ce n'est que le début. Finalement, notre porte-avions national avait raison: le moment le plus bloguable de l'amour, c'est quand on monte l'escalier.
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Mais putain, j'ai déjà mal aux cuisses.
03 février 2010
Il était une fois l'amour - reloaded
Bientôt sur vos écrans !
22 novembre 2009
On achève bien les chevaux
Alors pourquoi pas les blogs ?
Toutes les bonnes choses ont une fin, et même les mauvaises finissent par traîner en longueur. Ca fait plus de six mois que les publications sont épisodiques et, soyons honnêtes, beaucoup moins intéressantes que les délicieux traits d'esprit que je pouvais lancer jadis. C'est ce qu'on appelle être victime de son succès, en toute modestie bien sûr.
- Mes amis lisent ce blog, je ne peux pas dire du mal d'eux
- Ma compagne lit ce blog, je ne peux pas mentionner mes aventures extra-conjugales
- Mes ex lisent ce blog, je ne peux plus parler d'elles
- Ma famille lit ce blog, je ne peux plus beta-tester les positions du kama-sutra
- Mes anciens collaborateurs lisent ce blog, je ne peux plus parler de mon travail actuel
Alors que reste-t-il ? Pas grand chose, vraiment. On peut prolonger l'agonie, ou trancher dans le vif.
Merci de m'avoir suivi sur ces trois années, à travers les soirées du vodka club, les dragues ridicules, les concerts de Mika, les plans à trois, les voyages, les relookings, le chocolat sur les tétons et les jeux de mots foireux.
Merci pour vos commentaires, vos mails, vos trolls, vos messages d'amour et de haine, vos photos accroupies, vos photos nues, vos encouragements, vos soutiens dans les ruptures et les moments de doute, merci pour ceux et celles que j'ai rencontré par cet intermédiaire, voilà, tout ça tout ça.
Et peut-être à plus tard, il paraît qu'on finit toujours par réécrire.
19:48 Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : nous nous reverrons un jour ou l'autre