07 janvier 2009

Boy don't try to front (ah ah), I know just what you are

Je n'aurais jamais cru que mon passé reviendrait un jour me hanter le jour où je voudrais enfin devenir sérieux. Je n'aurais jamais pensé que les choses pourraient tourner ainsi.

Pendant quatre ans, j'ai mené une vie effrénée. Plusieurs fois, j'ai essayé de me poser, mais ça n'a jamais marché. Et les périodes de célibat m'ont permis de multiplier les expériences avec des filles que j'apprécie et que j'estime. Je partais du principe - et qui irait me jeter la pierre - qu'à partir du moment où une fille me plaît intellectuellement, me fait rire, me plaît un tant soit peu physiquement, il n'y a pas de raison de coucher de temps en temps ensemble. Lorsque les deux sont seuls, en attendant l'Elu(e) de part et d'autre, pour partager de la tendresse, de la chaleur, de la complicité. Oui, et du sexe.

Ca n'a jamais occasionné de problèmes ou de frictions (ou si peu) parce qu'il était évident de toutes parts qu'il n'y avait pas de sentiments, que ce n'était qu'un moyen de passer des moments agréables et d'en rire après. Et dès que l'un ou l'autre est en couple, eh bien c'est parfait, on redevient de simples amis, comme d'habitude, comme avant. Les complicités parfaites.

Oui mais.

Oui mais cette méthode a un revers de la médaille: à force de coucher avec les filles avec qui l'on a des affinités (donc qui deviendront des amies), j'en viens à me retrouver avec une perméabilité totale entre les amies et les exs. Mon cercle d'amis, c'est, dans une certaine mesure, un cercle d'ex (ou, selon la définition de Blondasse, un cercle de "filles qui t'ont vu à poil").

Et pourtant, moi à poil, c'est pas glorieux.

Du coup, Blondasse a du mal à accepter qu'à chaque soirée soit présente une fille du passé. Et je peux le comprendre, mais je ne sais pas quoi faire. J'aimerais pouvoir couper le contact avec toutes, comme le font peut-être les couples normaux, mais je n'ai pas eu de relations normales. Couper totalement le contact avec mes ex, ça veut dire perdre 75% de mes amies. Ca veut dire ne plus aller aux soirées du Vodka Club parce qu'en dehors de 7h48 et Gajal, le reste est terrain miné. Ca veut dire ne pas pouvoir fêter son anniversaire dans de bonnes conditions parce qu'il y aura toujours quelqu'un qui viendra avec qui il se sera passé quelque chose.

Alors quoi ? Fêter mon anniversaire avec 4 personnes triées sur le volet ? Je voulais que ce soit une grosse soirée mais c'est foutu. Et je ne veux pas faire une croix sur Blondasse non plus. Je ne sais pas quoi faire.

 

Depuis que nous sommes ensemble, je n'ai jamais vu de fille (ex ou autre) sans elle.

Depuis que nous sommes ensemble, j'ai dû avoir au total quatre ou cinq coups de fil avec des ex. Maintenant, je ne réponds plus (si vous lisez ça et êtes concernées, vous comprenez maintenant pourquoi)

Depuis que nous sommes ensemble, je n'ai plus mis le pied sur Facebook.

Depuis que nous sommes ensemble, je n'ai plus mis le pied sur MSN.

Depuis que nous sommes ensemble, j'ai dû avoir trois conversations sur gmail (le fait que ce soit banni au boulot aide, j'avoue).

Depuis que nous sommes ensemble, je lui dis tous les jours à quel point je l'aime, je la trouve formidable, belle, brillante, sensuelle, drôle, douce. Parce qu'elle est tout ça, cette conne.

 

Et évidemment, quand une grosse merde lui raconte des conneries sur mon attitude au cinéma ("ouais, il frétillait devant la fille pour attirer son attention"), ça ne facilite pas les choses.

J'en ai marre. Marre d'avoir enfin trouvé quelqu'un avec qui je me sente complet, avec qui je n'ai pas de doute, et voir que ça part en couilles à cause du passé.

 

 

 

I said "don't let your future be destroyed by my past"
She said "don't let my door hit your ass"

- Blink 182, philosophes des temps modernes

 

06 janvier 2009

Le concombre musqué

L'histoire du réveillon (SAC A FOUTRE !!) en appelle une autre, que nous appellerons l'Affaire du Concombre, en hommage à cet objet vaguement phallique que les ménagères de tous âges aiment à enfoncer dans l'échalotte pour passer les longues soirées d'hiver lorsque Drucker se fait rare.

Ma mission, si je l'acceptais, était de ramener du fromage au réveillon (ma contribution) et des légumes par centaines pour faire des amuse-gueules (celle de Blondasse). Ouais, parce que Blondasse étant au boulot et moi-même en vacances, il se trouve que l'injustice s'est portée sur moi.

Bon. Ca m'a obligé à me lever à une heure indue, genre 15h. Et à traverser les manifs anti-israéliennes pour aller chercher la bouffe. J'espère que vous voyez les efforts consentis par votre serviteur, et donc que vous saurez être indulgents le moment venu.

Je m'engage donc tout frétillant dans un leaderprice du coin, où j'achète huit kilos de fromage et des légumes à la pelle. Céleri (beurk), chou-fleur (beurk), carottes, radis et tomates-cerises.

Mais point de concombre. Le leaderprice est anti-concombre (et je ne l'en blâme pas, c'est aussi mon cas).

Comme Blondasse a été extrêmement claire sur ce dont elle avait besoin ("pas de concombre, pas d'échalotte"), je me décide malgré la foule à passer au Monoprix voisin et récupérer l'infâme objet. Je pousse tout le monde, je me faufile, je râle, je crache, je peste, je tombe sur le casier des concombres, j'en empoche deux et je me tape 30mn de queue.

Vous savez, cette malédiction qu'on peut avoir où la petite vieille devant nous a soudain réalisé que son billet de cinquante francs n'avait plus cours, ou bien que ses 19 pièces de 1 centime ne faisaient pas 20 centimes et que tant pis alors faut enlever un article pour avoir le compte rond (petite parenthèse d'indignation, on devrait interdire les magasins aux vieux aux heures de pointe, ils ont toute la journée pour y aller, merde quoi, est-ce qu'on va envahir leurs hospices, nous ? hein ? non.). Bon, ben moi je la subis de plein fouet à chaque course. Un don naturel.

Enfin libre, je sors du Monop' l'esprit libre et les concombres sous le bras, prêt à être félicité comme un héros des temps modernes par Blondasse qui m'attend devant la porte de chez elle. Bon, en fait elle m'a pas vraiment félicité, parce que ça faisait 20mn qu'elle attendait et que j'avais pris le seul jeu de clé, et qu'il faisait froid dehors, et que le portable ne captait pas dans le Monop', mais je suis sûr que sans ça elle aurait été de bonne humeur.

On rentre enfin, on s'installe dans la cuisine, aussi bras cassés l'un que l'autre pour faire la cuisine, on massacre respectivement les carottes et les celeris pour essayer d'en faire des bâtonnets, puis vient le moment de vérité: Blondasse s'empare du concombre.

Une lueur concupiscente apparaît dans mon oeil gauche, mais en fait elle se contente de le regarder, les sourcils froncés. C'est peut-être pas le bon diamètre, qu'est-ce que j'y connais, moi, en trucs verts et phalliques ?

Elle regarde, je regarde, elle regarde, je regarde, elle regarde, je regarde, elle parle.

"Euh, t'es sûr que c'est un concombre ?"

"Ben ouais, je pense, yavait marqué concombre sur le rayon, pourquoi ?"

"Ben parce que ça ressemble pas vraiment aux concombres que je connais"

"T'es sûre ?"

"Non"

"..."

"..."

"Si c'est pas un concombre, ce serait quoi ?"

"Je sais pas, peut-être une courgette ?"

"Ah ça ressemble à ça, une courgette ?"

"Ben c'est vert et phallique...."

"Oh."

On est restés là un moment, à regarder le concombre qui ressemblait à une courgette.

"Et on peut pas le couper en tranches comme prévu, et les gens verront pas la différence ? Je veux dire concombre ou courgette, de toute façon c'est mauvais, non ?"

Bon, Blondasse n'a pas apprécié mon sens pratique. A la place, elle a pris l'objet et l'a coupé en deux.

Et du coup on a eu deux morceaux de concombre qui ressemble à une courgette.

"Alors c'est quoi finalement ?" je demande.

"Ben je sais pas trop..."

"Ca t'a pas aidé de le couper en deux ?"

"Ben je sais pas trop..."

"On fait quoi alors ?"

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais Blondasse, c'est une fille bien. Quand elle a un devoir à faire, elle s'y attèle, même si ça peut paraître répugnant. Aussi, avec moultes précautions, elle a introduit le truc dans sa bouche pulpeuse et sensuelle. Et elle a mordu (aïe).

Je l'ai regardée faire avec curiosité (et une érection grandissante).

"Alors, c'est quoi finalement ?"

"Ben je sais pas trop (bis). Mais si tu m'as fait bouffer de la courgette crue avec tes conneries, je te préviens, je vais t'en vouloir".

 

Notre enquête était au point mort. Nous avions trituré l'objet dans tous les sens sans nous faire d'opinion claire. On m'aurait dit que c'était une betterave, je l'aurais cru (ça ressemble à quoi, une betterave à l'état sauvage, avant de se faire tuer par des chasseurs ?).

Du coup, j'ai fait la seule chose qu'il nous restait à tenter: j'ai pris le ticket de caisse.

Ca disait deux courgettes.

Oh.

...

 

 

Ainsi fut résolue l'énigme du concombre du réveillon.

02 janvier 2009

Nouvel élan

Comme chaque fois, le nouvel an, c'est l'occasion de faire des bonnes résolutions qu'on essaiera de tenir pendant au moins trois jours ("tiens je vais faire un régime" "ah non finalement je vais me faire livrer des hamburgers en regardant Heroes dix heures de suite"*).

C'est aussi l'occasion de se saper divinement bien pour aller faire l'abruti avec une bande de neuneus dans les relents de champagne, de vodka, de vin rouge, de vin blanc, de vin rosé, de shots mal servis, sur fond de discussions féminines un peu trop détaillées.

Je ne pense pas que j'arriverai à faire rentrer en un seul post la quintessence de cette soirée énorme. Il me semble me rappeler que j'ai demandé au téléphone à ma future belle-mère (sur l'impulsion de Blondasse, hein, j'aurais jamais fait ça tout seul, je suis sage et poli comme une icône de Saint-Simphorin-sur-Garonne) comment allait sa vie sexuelle et ses sex-toys.

"Mais si, mais si, dis-lui ça, tu vas voir, elle va t'adorer !" hurlait Blondasse, aussi alcoolisée que moi.

Je ne sais pas si c'était vraiment la bonne stratégie. Je pense que si je la rencontre un jour, faudra que j'amène des fleurs. Ou des boules de geisha.

Sinon, soirée très réussie vraiment. Je pense que je vous raconterai les anecdotes une par une, pour faire durer le suspense de Lascaux (celui qui vous prend à la glotte).

Je n'aurai donc que trois mots, qui furent l'hymne de la soirée: SAC A FOUTRE !!!

 

Hum.

 

 

 

 

* Toute ressemblance avec des Blondasses ayant réellement existé serait purement accidentelle.

29 décembre 2008

On a les stars qu'on mérite

Aujourd'hui, dans ma boulangerie à moi que j'ai, il y avait Richard Anconina. La vérité.

Alors je l'ai dévisagé d'une manière un peu trop insistante, et il m'a fait un clin d'oeil en prenant ses pains au chocolat.

Parfois, ma vie est fascinante.

27 décembre 2008

La Montagne, ça vous gagne (Robespierre)

Profitant des fêtes de Noel, Blondasse et moi sommes allés au ski. Car le ski, c'est bien, c'est beau, c'est grand, c'est mon sport.

Pour un paresseux comme moi qui n'arrive pas à se rendre toutes les semaines au ju-jitsu, le ski reste le dernier rempart d'activité autre que de copuler sauvagement dans une baignoire ou de se traîner sur un canapé pour y regarder NCIS (je dis ça, je dis rien). Et puis on est grenoblois ou on ne l'est pas, et je garderai toujours une parcelle d'amour farouchement régional pour ces montagnes qui ont posé sur ma naissance un regard confit de tendresse enneigée.

Nous montons sur un télésiège et c'est parti. J'ai mon sac à dos avec les sandwiches, le thermos d'eau fraîche, les clémentines, nous sommes badigeonnés de crème jusqu'à l'intérieur des oreilles, nos combinaisons nous collent au corps, il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant.

Seulement Blondasse fume. Et elle part du principe que la montée en télésiège est faite pour ça. Au lieu de s'emplir les poumons de l'air pur à peine souillé par l'urine fumante des parisiens pur souche, elle préfère s'y injecter sa nicotine quotidienne.

Crime.

Drame.

Scandale.

"Tu vas provoquer la colère du Dieu de la Montagne", la préviens-je avec cet humour ravageur qui ne me quitte jamais.

En réponse, elle se fout de ma gueule.

Mais on ne provoque jamais impunément les Dieux. Il y a toujours une rétribution qui Damoclèse quelque part, prête à nous fondre sur la gueule quand on s'y attend le moins.

Jubilateur, j'attendais donc la manifestation de déplaisir qui allait montrer à Blondasse que non, décidément, on ne fume pas en montagne, quand soudain le télésiège arrive à destination, et nous descendons. Ou tout du moins ELLE descend.

Pour ma part, le sac à dos emmêlé dans une des barres du télésiège, je n'arrive pas à m'extirper à temps. Ca tire, ça tire, et je décolle du sol, avant de réussir in extremis à me débarasser de ma veste de ski pour atterrir comme une merde au bas de la piste d'arrivée, mon sac continuant béatement son voyage vers d'autres horizons.

Le Dieu de la Montagne vise mal.