01 mai 2009
Ca m'énerve
(Insérez l'excuse habituelle sur le manque de posts, car la vie en couple blablabla vie de célibataire blablabla).
Sans compter que je vous écris en ce moment de la ville de Rhodes, dans laquelle Elle et moi avons décidé de copulationner pour une semaine de vacances dans un hôtel en bord de mer, avec la vue et le jaccuzi.

(Insérez la blague habituelle sur le colosse qui turgesce).
M'enfin parfois, la vie de couple permet de raconter des trucs proprement hallucinants, parce que si l'on pouvait penser que j'avais la lose avant, ce n'est absolument rien à côté de ce qu'Elle se coltine. Non mais je l'aime, hein. Profondément. Mais ya des moments, je me pose des questions.
Prenez hier par exemple, où notre avion décollait à 21h de Strasbourg (insérez la blague habituelle sur la Province qui flammenkueche gaiement au doux son du Gewurstraminer), et où je devais donc la récupérer au train à 17h pour se rendre à l'aéroport.
"Je suis voiture 17 avec plein de valises, j'aurai besoin de tes bras musclés et de ton torse surdéveloppé" qu'Elle me dit avec aplomb et un sens quasi-parfait de l'exactitude.
Du coup, à l'heure dite, moi et mon torse surdéveloppé étions sur le quai de la gare, à attendre le Paris-Strasbourg, avec ma voiture mal garée en double file. Le train entre en gare, les portes s'ouvrent, les gens descendent, mais de Elle, point. Je regarde à gauche, je regarde à droite, je regarde en bas (Elle est un peu nabote) mais rien. Je l'appelle, elle ne décroche pas.
Pris d'un doute subit, je m'engouffre dans la voiture 17, je regarde un peu par tout... et je vois ses valises entassées dans un coin.
Je m'approche, perplexe, déjà inquiet de ce que j'allais trouver. J'avance encore un peu.
Et Elle est là, endormie comme une merde sur les deux sièges, bavouillant joyeusement sur le montant du fauteuil, en train de ronfler.
...
...
Il doit nous rester une minute de pause dans la gare, je la secoue donc en embarquant ses affaires.
"Hey, faut descendre !"
Pas de réponse. Je la remue plus fort.
"Hey ! Vieille loque !"
Pas de réponse. Je lui enfonce mes doigts dans les côtes en lui gueulant dessus devant le regard hébété des autres voyageurs qui doivent probablement se demander s'il faut intervenir et maîtriser le fou furieux.
Elle ouvre les yeux, cille en me voyant là, baille, s'étire et me fait:
"Ah ben t'es là ? Bordel, mais pourquoi tu cries ?"
Je ne prends pas le temps de répondre, je la chope par la manche en attrapant ses nombreuses valises* et je cours vers la sortie du train au moment où le signal retentit et où les portes se referment, nous laissant prisonniers.
Dans un train qui se dirige vers Saarebrück.
Alors que j'ai ma voiture en double file.
Alors qu'on doit être à l'aéroport dans une heure.
Elle continue à se frotter les yeux.
"Tiens, les portes se sont fermées. On est où au fait ? Et tu fais quoi ici ?"
Je l'envoie valser dans le décor, bondissant tel un ubuk à travers les couloirs pour essayer de choper un contrôleur ou un signal d'alarme. Je renverse une grand-mère, deux gamins, un obèse avec une tartine de nutella dans la main, je continue à courir, je bouscule un lama qui me crache au visage (car quand lama fâché, lui toujours faire ainsi), un rottweiler au poil ras et une Spice Girl sur le retour.
Bon. Tout n'est peut-être pas rigoureusement exact, mais ça y ressemblait. Je franchis quatre voitures, j'arrive au wagon-bar, je vois qu'une porte est toujours ouverte et je m'engouffre dedans, atterrissant sur le sol de la gare au moment où ça se referme, sous les yeux éberlués des contrôleurs.
"Ya... ma copine... qui est une vieille merde s'est endormie dans le train comme une vieille merde et qui n'a pas réussi à sortir à temps, vous pouvez laisser les portes ouvertes ?"
Nouveaux yeux éberlués, ils stoppent le départ, me donnent deux minutes montre en main, et me voilà à cavaler dans l'autre sens sur les quatre voitures pour récupérer Elle, qui n'a toujours pas bougé de sa place mais semble enfin réaliser ce qu'il se passe.
"Oops" fait-elle.
On prend les bagages (enfin, quand je dis "on", les lecteurs galants auront rectifié d'eux-mêmes) et c'est reparti pour les quatre voitures, cette fois avec le sac à dos et les valises. Yeah baby.
Et nous voilà sur le quai, les contrôleurs hilares, avec moi surchargé de valises, la transpiration qui colle la chemise à la peau, au bord de la crise de panique.
C'est le moment qu'Elle choisit pour calmement sortir son appareil photo de son sac à main et me dire:
"Souris, chéri, c'est notre première photo de vacances !"
...
J'aime cette fille.
* Une Elle qui part pour une semaine de vacances, c'est un gros sac à dos et deux valises bourrées à craquer parce que tu comprends, on sait jamais, faut des robes et des jupes mais aussi des pantalons et des pareos mais aussi des débardeurs et des t-shirts mais aussi des pulls s'il fait froid et un anorak s'il pleut et une tenue habillée si on va au casino et un vanity case parce que c'est sympa et...
15 avril 2009
Il y a des moments
...où je me trouve ridicule de regarder la Nouvelle Star, seul programme de télé-réalité que je me tape depuis cinq ans.
Et puis des moments où je regarde le duo de Dale et Leila sur I Got You Babe, et je comprends pourquoi je le fais.
11 avril 2009
Les dangers de la mûre sauvage
On n'est jamais trop prudent, lorsqu'on reçoit des messages sur le portable du boulot. Surtout quand on est au milieu d'une conférence, à regarder les autres prendre la parole avec un intérêt poli, et qu'on ne prend pas forcément la peine de décortiquer le mail de bout en bout.
En substance, c'était une communication de l'over-big-boss, qui prenait la parole de sa grosse voix de baryton pour nous avertir que de nouvelles assistantes venaient d'être embauchées, et qu'elles aideraient en priorité ceux qui n'étaient pas au point dans leur gestion commerciale et administrative, blablabla, donc les personnes suivantes, blablabla.
Bon.
Sur le principe, je n'ai rien contre le fait qu'on attribue des assistantes aux gens en détresse. Mais quel message est-ce que ça adresse à ceux qui, comme dans mon équipe (ouais, faut pas chercher à comprendre, je suis une tanche totale en organisation alors qu'eux sont irréprochables, faut croire qu'on peut manager sans donner l'exemple...), sont à jour et font consciencieusement des heures en plus pour que tout soit nickel ?
En gros, "tant que vous êtes capables de bosser par vous-même, vous n'aurez pas d"assistante".
Voilà voilà, j'en ai fini avec la partie polémique, j'en viens à la partie lamentable. Car, pris d'une auguste colère devant cette manière de léser mes braves petits gars, je monte sur mes ergots sum, et je réponds au mail.
"Putain, faudrait quand même arrêter de chouchouter tes feignasses et leur faire se sortir les doigts du cul, j'ai des gars qui attendent des assistants depuis un an, ils arrivent quand ?"
Et évidemment, j'ai cliqué sur "répondre à tous".
...
...
...
La semaine fut dure.
18:44 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : hiroshima mon amour, blackberry ma haine
10 avril 2009
La chatte à Jojo
Observation d'une fille (que nous appellerons Jojo pour protéger son anonymat, sans la moindre référence avec des dents de lapin) envers une autre (que nous appellerons Elle avec le même souci de discrétion) au sortir des toilettes d'un café parisien:
"Ah ben tiens, faut que je te fasse découvrir quelque chose si tu ne connais pas déjà. Il n'y avait plus de papier, je viens de m'essuyer avec un mouchoir à l'Eucalyptus et en fait ça picote, j'ai la chatte toute fraîche".
La main sur le coeur, nous avons tous promis que cette confidence resterait entre nous.
00:10 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : discussion philosophique, café de flore, sciences humaines
08 avril 2009
But all the boys and all the girls are beggin' to If You Seek Amy
Bon, d'accord, je poste peu en ce moment. On va même dire pas du tout, alors qu'il y a pourtant pas mal de choses à raconter.
Seulement voilà, j'ai du mal à savoir si ça peut avoir un caractère passionnant, même raconté avec le talent naturel, le charisme intrinsèque et la prose sensuelle qui me caractérisent. Lorsque j'étais célibataire, ça avait au moins un souffle romanesque: le pauvre Grenouille se retrouve en soirée, dragouille comme une loque, et en fonction du sens du vent et de l'âge du capitaine se retrouve à raconter au choix une lose monumentale, une rupture brutale, une copulation frénétique ou une folie passagère.
En ce moment, forcément, ce n'est pas vraiment le cas. Du coup je pourrais raconter les soirées qu'on enchaîne en ce moment avec leur cortège d'alcool, de vodka, de chansons de pouffes et de jeux à boire mais, là encore, c'est du vu et revu. Deux ans après et pour notre plus grand bonheur, on continue à faire les neuneus sur du Britney en parlant de Bretigny-sur-Orge (et d'orgie sur Bretigne, maintenant que j'y pense).
Alors voilà, je suis toujours en vie, assez profondément amoureux, ce qui me rend forcément chiant.
A côté, ça n'empêche pas d'avoir fait une soirée chez Raphy* dans lequel j'ai enfin pu confier les clés de ma bagnole à Elle pour pouvoir toucher un peu à l'alcool, ce qui s'est enchaîné sur pas mal de jeux à boire. Genre la vache sans tache qui tâche, tout ça, et un truc avec des signes et du rythme que si tu n'arrives pas à suivre, tu bois (et si tu arrives à suivre, tu bois aussi, faut pas déconner). Au final, je ne me suis planté qu'une fois mais Elle a foiré une bonne dizaine de fois de suite et, comme c'est elle qui était censée conduire, c'est moi qui ai bu ses verres pour elle. Bordel.
Et puis de l'alcool chez Mister Bitch aussi, et puis des travaux dans mon appartement (que ça déchire sa mère en sous-vêtement La Perla dans une réunion d'anciens barbouzes viagratés de frais), et puis un passage à la foire du trône avec 3g sous chaque paupière, ce qui a eu tendance à faire fortement tanguer les manèges, et puis la coloc d'Elle qui a failli se suicider, et puis encore une soirée alcoolisée, et puis une soirée au théâtre Trevise pour réaliser qu'en fait c'est pas tellement que j'ai du talent, c'est que les autres n'en ont pas, et puis une soirée au coca light parce qu'au bout d'un moment, l'alcool, on évite.
Bon.
Tout ça pour dire qu'il va falloir que je m'y remette.
* Ya pas d'astérisque, c'était un piège, c'est son nom.
00:19 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : putain, un mois déjà, quand même, on se fait vieux