08 septembre 2009

Aéro-porc

Pour ceux qui m'accusent toujours d'exagérer dans mes notes, ils vont pouvoir s'en donner à coeur joie. Aucune personne ne pourrait accumuler autant de loseries à la suite et y survivre. Et pourtant, et pourtant...

Ce lundi matin, j'avais donc un avion. A 7h et des brouette du matin. A l'autre bout de Paris. Etant d'une nature foncièrement ponctuelle et prévoyante comme tout le monde ici le sait, j'avais réglé mon réveil très tôt et réservé un taxi pour 5h30. Ca me laissait amplement le temps de faire enregistrer mes bagages et prendre un croissant dans la zenitude la plus totale.

Seulement à 5h30, pas de taxi. A 5h35, pas de taxi. A 5h40, que nenni dans mon postérieur - et mon portable sonne. C'est l'agence de taxi, qui m'explique que ma voiture a eu un accident et qu'on en envoie donc un autre.

...

5h50, avec seulement vingt minutes de retard sur le programme, un taxi s'arrête devant moi. Nous appellerons cela la première lose.

Je monte, le chauffeur s'excuse pour l'accident de son compère, on est partis, je lui explique que je suis à la bourre, il appuie sur le champignon et grâce à une circulation convenable j'arrive à l'aéroport presque à l'heure. Ouf. Mais dans l'urgence du moment, j'oublie de lui demander une fiche jusqu'à ce qu'il commence à démarrer. J'hésite à le rattraper mais l'heure tourne et je ne veux pas rater mon avion - le taxi, ce sera pour ma gueule. Et nous appellerons cela la deuxième lose.

Je m'engouffre dans l'aéroport en faisant rebondir ma valise à roulettes, fidèle compagnon de mes instants de puçalité tranquille et adolescente, sur les escaliers rugueux et menaçants. Bong, fait la roulette gauche en se brisant en deux. Tloctloctloctloc fait déormais ma valise en râpant le sol, réveillant tous les clodos du coin et faisant se tourner les yeux des passagers en instance de départ. Ce n'est pas grave, la honte n'a plus de prise sur moi et ce sera ma troisième lose.

J'arrive devant une hôtesse, je demande où s'enregistrer avec un billet pré-réservé, elle m'indique une borne pour m'éviter la queue. Je tape le code: "votre billet est arrivé à expiration, désolé". Quatrième lose.

Je retourne vers l'hôtesse, paniqué, convaincu d'avoir loupé mon avion. Elle m'accompagne, tape le code, et mon billet sort. "Vous avez dû vous tromper", qu'elle me fait avec un regard plein de commisération qui vient éteindre tout le désir qu'elle éprouvait certainement jusque là pour la prestance de mon corps dégoulinant de sensualité. Je la regarde avec un air bête. Cinquième lose.

Je passe les portillons avec mes bagages et ce n'est que dans le lobby que je réalise qu'on m'a laissé rentrer avec tous mes bagages sans les enregistrer. Eh oui, j'ai toujours (en plus de l'ordinateur et du porte-documents du boulot) ma valise qui fait scrouic scrouic. Je fais demi-tour mais on m'explique qu'il est trop tard et qu'il faudra que je me démerde avec les hôtesses de l'avion. Sixième lose.

Je vois l'embarquement de mon vol qui se termine. Hors d'haleine (j'aurai beaucoup couru, dans cette histoire), je me précipite vers elles (scrouic scrouic scrouic) et j'explique mon cas. Elles sont compréhensives, ouf. Elles prennent mon billet et le scannent.

"Ah mais attendez, vous n'êtes pas sur ce vol, c'était le dernier appel pour celui de 6h40, vous c'est 7h10"

...

Septième lose.

...

Je fais demi-tour (scrouic, scrouic, scrouic) et vais m'asseoir en attendant patiemment le bon embarquement. Le temps passe, le temps passe, le temps passe.

Ca y est, c'est reparti. J'explique de nouveau l'histoire de la valise, elles opinent du bonnet (C) et je tends donc ma carte d'identité avec mon billet. Aussitôt, leur regard se charge de suspicion. C'est fou ce qu'une hôtesse peut suspicer quand elle le veut. Je me recroqueville sous les yeux inquisiteurs. Ca y est, qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis sur la liste des criminels d'Interpol ?

"C'est vraiment vous, sur la photo ?"

Je reprends ma carte d'identité, je regarde... évidemment je ne leur ai pas tendu la mienne, mais celle d'Elle, que j'avais embarqué la veille pour lui récupérer un recommandé à la Poste.

...

Huitième lose.

...

Je tends la bonne carte, on me valide, je m'engouffre dans l'avion (scrouic, scrouic, scrouic) dont les compartiments bagages sont bondés. Evidemment, aucun endroit pour mettre une valise de 15kg. J'ai vaguement la larme à l'oeil. De nouveau, les hôtesses viennent à la rescousse et se chargent de trouver un emplacement potable sous le regard furieux des autres passagers qui attendent le décollage.

"Euh, désolé" je fais.

Neuvième lose.

 

 

Si l'avion s'était écrasé, ça aurait pu faire un compte rond. Mais non, on se sera arrêté à neuf. Il faut croire que le destin finit par se lasser de toujours taper sur la même personne. Maintenant, je ne crains plus qu'une coupure de courant qui me fasse perdre mon article, ou que le lustre au-dessus de ma tête se décroche et me foudroie au milieu d'une phrase mais rassurez-vous, les probabilités sont assez f

 

 

 

03 septembre 2009

Hair conditionné

Il y a des jours où je me rends compte que j'ai vraiment un problème de superficialité. Alors oui, je sais, je vous emmerde depuis des années avec mes fantasmes de filles accroupies, anorexiques ou aux longs cheveux qui cascadent sur leurs épaules d'albâtre, mais là on commence à atteindre des sommets.

Prenez le dernier clip de Shakira, cette fille que j'ai toujours trouvé absolument sublime - et pas seulement en raison de ses habiles mouvements pelviens. Pendant toute la durée de la chanson, elle est effectivement magnifique. L'hypothèse d'un fourbe montage et photoshoppage ne m'a pas échappé, mais franchement le résultat est admirable.

Seulement voilà.

Dans la fin du clip, elle s'attache les cheveux. Et aussitôt, je la trouve quelconque. Mais vraiment quelconque, au point de se demander si je lui adresserais la parole dans un bar. Tout le charme a disparu, le côté félin, la chevelure ondulante.

Soignez-moi. Je crois que j'en ai besoin.

 

 

 

 

 

 

(Ceci dit, je ne dois pas être le seul car ça fait une heure que je cherche une photo pour illustrer cet article et il semble que personne n'ait mis en ligne de photo d'elle avec ce type de coiffure).

02 septembre 2009

Back to life, back to reality

Début du nouveau taff lundi qui vient.

Ca veut dire la fin des grasses matinées, de la glande, de la piscine, des jeux videos, des copulations, des chaînes musicales, des T-shirts informes.

Ca veut dire remettre un costard et cette fois, cette fois, s'ingénier à être d'une ponctualité et d'une élégance à toute épreuve (si j'ai bien appris quelque chose de mon précédent boulot, c'est que l'image et les rumeurs ont plus de poids que les résultats).

Ca veut surtout dire prendre l'avion à 6h30 du matin.

Fuck.

01 septembre 2009

Rencontre du troisième âge

Je ne sais pas si vous connaissez cet excellent dessinateur appelé Monsieur Le Chien (j'en profite, je lui fais un peu de pub). Il a notamment fait une planche critiquant les moeurs de certaines personnes âgées, qui considèrent que tout leur est dû en raison de leur vieillesse, et que la politesse ne s'applique pas à eux.

Eh bien je viens d'en avoir une illustration frappante (et surréaliste) dans la queue de l'agence Orange du coin

(Petite parenthèse: ça fait un an que je me fais prélever 50€ par mois pour téléphone et internet pour mon ANCIEN appart sans que j'aie jamais eu le temps et l'énergie de résilier. Je pensais que ça serait un véritable parcours du combattant et en fait la vendeuse a cliqué sur deux pauvres boutons et me voilà désabonné, bordel de couille en boîte, si j'aurais su j'aurais venu plus tôt, fin de la parenthèse).

Je suis donc en train de patienter avec mes factures à la main en sautillant d'une jambe sur l'autre, quand la porte s'entrouvre sur un courant d'air automnal et une horrible vieille dame genre soixante-dix-ans-mais-mal-conservée avec une canne à la main et les lèvres entrouvertes sur des chicots jaunis. Et la litanie commence.

"Putain de bordel de merde de boutique de merde ! C'est mal indiqué et ya du monde et vous croyez que les gens se pousseraient ? Bordel mais c'est pas vrai, putain, c'est un bordel de bouge ici, et où est-ce que je vais pouvoir m'asseoir, hein ? Ya pas de sièges, vous croyez que les gens y auraient pensé ?"

Il y avait effectivement un siège, occupé par un client qui patientait comme moi, un cadre sup en costume impeccable, Neuilléen jusqu'au bout des ongles, qui se lève sans se départir de son sourire ultrabrite et lui tire la chaise en lui murmurant "gardons le sourire, madame, gardons le sourire".

Mais ce n'est pas suffisant pour notre harpie qui regarde le siège d'un air mauvais.

"Et vous croyez que je vais en faire quoi, vous voyez pas qu'il est trop haut, et comment je m'assois dessus ? Mais vous avez du jus de citron dans la tête, putain de bordel de merde, ou quoi ?"

Le client ne laisse pas glisser sa politesse et entreprend de lui baisser le siège, sous les regards soucieux des employés du magasin. Sans un merci ni un regard, la vieille s'asseoit et commence à laisser fuser toutes les minutes des commentaires acerbes sur la lenteur des gens et le fait que la France part à vau l'eau.

Arrive mon tour, la vieille essaie de me passer devant en me glapissant qu'elle est mal installée de toute façon et que je peux bien attendre plus longtemps qu'elle. Ce sur quoi je lui rétorque en gros que je lui pisse au cul.

En gros, ça voulait dire un truc du genre "madame, je vous aurais donné ma place avec plaisir si vous aviez fait montre d'un minimum de politesse mais là, ça ne me donne absolument pas envie de vous rendre service, donc patientez sur votre siège inconfortable jusqu'au jugement dernier".

(En fait c'était un peu moins lyrique que ça mais j'aime bien me mettre en valeur).

S'ensuit une salve de postillons comme quoi je suis une ordure, un pourri, que les jeunes n'ont plus aucune valeur et qu'elle ferait bien mieux de se retrouver au cimetière après tout où elle ne dérangera plus personne. Je hoche la tête avec sagesse pendant la résiliation de mon abonnement.

Puis l'autre guichet se libère et la voilà enfin en place.

"Ah ben c'est pas trop tôt ! Bon, dépêchons-nous, je voudrais avoir le bottin du Liechtenstein, j'y vais bientôt et je veux savoir si c'est un trou aussi paumé que je le crois ou s'il y a aussi des commerces et des trucs comme ça, alors maintenant que j'ai fait la queue à cause du gros con là (moi), ça serait bien que vous me le donniez rapidement avant que je m'énerve".

Le vendeur bouche-bée: "Euh, ici on est dans une boutique Orange"

"Vous êtes bien France Telecom aussi non ?"

"Ben oui"

"Alors passez-moi le bottin du Liechtenstein. Faut que je vous apprenne votre métier ou quoi ?"

"Mais on n'a pas de bottin ici"

"Ben alors je fais comment ?"

"Ben je sais pas trop en fait"

"Mais vous êtes complètement con ! Alors j'ai fait la queue pour rien ? Mais vous connaissez pas votre boulot ou quoi?"

"Ben en fait je vends des téléphones moi..."

"Ouais vous vendez des téléphones donc vous avez des bottins aussi !"

 

La conversation a tourné en boucle pendant dix minutes sous le regard hilare des autres, pendant que toutes les suggestions du vendeur de plus en plus désespéré se voyaient impitoyablement écartées.

"Essayez La Poste ?"

"Ils ont pas de bottin j'ai déjà demandé !"

"Essayez internet ?"

"C'est quoi internet ?"

"Essayez les renseignements téléphoniques ?"

"J'ai mal aux doigts, j'aime pas composer le numéro, et puis je comprends rien au téléphone, je préfère me déplacer"

"Essayez l'ambassade du Liechtenstein ?"

"Là vous êtes en train de vous foutre de ma gueule ?"

 

...

J'ai raté la fin de la discussion, mon dossier étant finalement résilié. Je n'aurai donc jamais l'épilogue.

Dommage.

27 août 2009

Tous les oiseaux du point du jour

Comme précisé par ici, j'ai récemment vendu mon appartement avec un talent et un brio qui m'étonnent toujours malgré le reflet flatteur de mon corps parfait dans le miroir.

Si, si.

Et du coup, Elle et moi avons pris nos cartons sous le bras pour trouver un nouveau nid douillet, dans un coin un peu plus populaire que Neuilly. C'est vrai, la verdure, les impasses privées, le bling-bling, le fric, on s'en lasse, c'est humain. Ca manque de Lidl et de chaleur humaine, ça pèche un peu niveau melting-pot, ça affiche trop de marques et de sacs à 5,000€ la lanière.

Alors forcément, on a regardé les annonces (en location, je fais partie des ceuss qui prophétisent un effondrement de l'immobilier dans les deux prochaines années) dans des quartiers comme Châtelet, Bastille, Nation, République ou Bourse.

Châtelet: 44m² tellement mal agencés (cuisine et salle de bains de 10m² chacune) que ça fait boîte à chaussures

Bastille:  40m² avec un espèce de panneau coulissant bizarre qui sépare les deux pièces, dont l'une est longue et fine. Et il paraît que les longues et fines, c'est mal.

Nation: 45m² mais en fait c'est déjà loué, désolé

République: 46m² dans une rue déprimante sans le moindre magasin en face d'une agence ANPE dans un immeuble en semi-démolition

Bourse: 50m² dans un état tellement déplorable que ça en ressemblerait presque à mon premier appartement lorsque je pensais encore que Cilit Bang était un nom de chewing-gum (alors que je sais désormais qu'il s'agit d'un super-héros au justaucorps rouge).

 

Après toutes ces visites, nous nous sommes assis sur le bord de la route et nous avons pleuré. Sans les mots bleus mais avec les fumées d'échappement. Et puis nous avons visité un nouvel appartement dans un autre quartier populaire, et nous avons eu un coup de coeur foudroyant.

...

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C'est pourquoi, à partir du 15 septembre, nous allons désormais habiter directement SUR les Champs Elysées, dans un immeuble au calme sur cour.

En toute simplicité.