23 janvier 2012
Grenouille Bleue, couilles azurées
- Wat ? que j'ai dit, croyant quelques instants que le brouhaha des voitures m'avait fait mal entendre.
- Ben faut que je rentre, il se fait tard.
Ah non, je n'avais pas mal compris. Alors voilà, alors voilà. On accepte les invitations des mâles dominants, on les embrasse sauvagement jusqu'à leur ravager la glotte, on les caresse, on les excite, et quand il s'agit de consommer tout ça dans une orgie de préservatifs-qui-brillent-dans-le-noir, il n'y a plus personne.
Non mais déception, quoi.
J'ai donc pris la chose de la meilleure manière possible: en insistant tous les trois mètres.
Il faut dire que j'avais de nombreux arguments. Il faisait FROID, il était DEUX HEURES DU MAT, on était BOURRES et il n'y avait PAS UN SEUL PUTAIN DE TAXI disponible dans cette plus belle avenue du monde. Alors qu'à deux pas, on aurait eu CHAUD, il aurait TOUJOURS ETE DEUX HEURES DU MAT, on aurait été BOURRES et on n'aurait PAS EU A SE SOUCIER DU TAXI.
On a attendu vingt minutes. Puis trente. Dans un moment de désespoir pathétique, j'ai montré la lumière à ma fenêtre, à dix mètres d'ici.
- Mais viens au moins à l'intérieur, quoi, le temps de jeter un coup d'oeil sur internet pour trouver une compagnie genre G7 ou Taxis Bleus, et je ne te violerai qu'un petit peu !
- Attends, c'est pas un Iphone que tu as dans les mains ? Tu peux pas aller sur internet avec ?
Maudit sois-tu, Steve Jobs, je ne verserai pas de larmes à ton enterrement (on me glisse dans mon oreillette que celui-ci a déjà eu lieu, mais ce n'était pas le cas à l'époque, c'est ce qu'on appelle une licence poétique, ça rajoute de l'intensité dramatique et c'est puissant) ! Maudit sois-tu pour avoir inventé cet objet qui m'a privé d'une occasion de remplir Denver de bonheur (c'est comme ça que j'appelle ma Sainte Semence) !
On a donc appelé d'en bas de chez moi. De temps en temps, on s'embrassait pour se remonter le moral, mais je commençais à ressentir une certaine gêne au niveau du bas-ventre, syndrôme de la couille aussi bleue que la grenouille. Il était trois heures du matin, et on n'avait toujours pas trouvé de taxi. Je commençais à être explosé, j'avoue, et je me préparais à négocier un "bon, ben tu montes mais tu dors dans la chambre d'amis, tant pis, au moins on ne cherchera pas comme des cons".
Et là, paf un taxi.
Alors, paf, elle est partie.
Et moi, paf, je me suis couché.
Avec les yeux plein de rêve, l'esprit plein de souvenirs, et les couilles pleines de bonheur.
21:36 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : couilles, c'est un mot moche et fripé
22 janvier 2012
Encore une victoire de Smirnoff
Hop, je reprends le récit là où je vous avais laissé la dernière fois.
On racontait des conneries, on buvait, on se lançait des signaux très positifs (elle se caressait les cheveux, je me tripotais le nez), on sentait que tonight's gonna be a good night.
Et puis il y a toujours un moment délicat, dans les premières rencontres, c'est le premier baiser. Le premier mouvement de l'un vers l'autre. Il faut avoir le courage de se lancer, et ce n'est pas forcément le plus facile. On oscille dans des limbes éternelles où le "allez, j'y vais" fraternise avec le "non mais c'est pas le bon moment" pour perturber nos quelques neurones encore en vie.
Heureusement, l'alcool est là pour éviter ce genre de doutes et de flottements. A trois grammes, on ne se pose plus ces questions. La relation nous paraît complètement évidente, et la conclusion tout aussi logique.
Je me suis levé et je me suis assis à côté de Denver. On a discuté encore quelques minutes, histoire de faire croire que l'issue de cette histoire n'était pas encore décidé. Puis elle s'est retournée pour fouiller dans son sac, j'ai vu sa nuque devant moi, et je l'ai embrassée. Sur la nuque.
Elle s'est retournée, m'a dit ouat zeu focque, puis les regards ne se quittent plus, et les visages se penchent, et les lèvres s'effleurent, une fois, deux fois, sans trop oser continuer, et on sent le souffle chaud de l'autre qui se mêle au nôtre, et on n'ose pas ruiner le moment en respirant, et on voit le désir se mêler à la peur dans les yeux de l'autre, et cette fois-ci les lèvres se touchent, et s'entrouvrent, et ça sent la vodka et la fraise et la framboise et le curaçao et la grenadine et le sucre-glace et le plaisir et l'amour, et la musique a disparu en arrière-plan, et on reprendrait bien un Blue Lagoon.
Au final, ce fut donc magique. Et nous avons titubé hors du bar en nous tenant l'un à l'autre. Comme j'avais tout prévu, j'habitais à deux rues d'ici.
- J'habite à deux rues d'ici, je lui ai dit.
- C'est sympa mais je vais prendre un taxi pour réntrer, elle a répondu.
17 janvier 2012
Sarah Connor ?
...Non, c'est à côté.
13 janvier 2012
Quinze jours
Dans quinze jours, je saurai si j'ai le prix littéraire auquel on m'a présenté.
Dans quinze jours, je saurai si j'ai une chance de pouvoir vivre un jour de ma plume.
Quinze jours.
Putain.
11:57 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : 360 heures, 21 600 minutes ou 1 296 000 secondes
06 janvier 2012
Bon, j'en étais où
Ah oui.
Je vous racontais que j'avais emmené Denver au Queenie pour notre première rencontre. C'était d'ailleurs sacrément bien écrit, j'en verserais presque une larme en me relisant.
Nous nous sommes retrouvés dans le bar, avec ses lumières tamisées et ses cheminées, et c'était un peu la classe. Les cocktails de tafiole sont arrivés (Sex on the Beach ou Blue Lagoon, choisis ton poison camarade).
C'est quand même un vrai bonheur de pouvoir boire des trucs comme ça sans se poser de questions. Ya du sucre glace autour, des petits parasols, c'est bon et rafraîchissant à la fois... je n'ai pas dû être connecté comme tous les mâles à la naissance mais franchement, j'ai du mal avec la bière (et avec le bricolage aussi, mais c'est une autre affaire).
Un cocktail en a amené un autre, puis un autre, et nous nous sommes rapidement sentis très complices. Tellement qu'on n'a pas pu finir une seule de nos putains de phrases tellement on s'interrompait mutuellement. Pour ceux qui veulent des cours de drague, je retranscris donc ci-dessus un extrait de notre discussion.
- Ouais, et c'est comme la fois où...
- Non mais attends, je t'ai pas dit que...
- Ah mais si, mais en même temps...
- Cela dit, faut avouer que...
- Mais c'est clair, d'ailleurs...
- Tu racontes de la merde, je crois que...
C'est lorsqu'elle m'a posé sa question sur Denver, justement ("le gamin du dessin animé, quand il dit que Denver est son ami et bien plus encore, tu crois que ça cache quoi comme truc pervers ?"') que j'ai compris que j'allais fondre.
Quelle personne sensée aurait bien pu se poser cette question ?
Et il y en a eu d'autres ("dans Petit Papa Noel, tu trouves pas qu'ils cherchent à nous culpabiliser en disant "dehors, tu dois avoir si froid, c'est un peu à cause de moi" ?").
Je buvais ses paroles, je buvais la vodka, et je hochais la tête aux bons moments pour faire croire que je continuais à suivre la conversation alors que je commençais à me demander si elle accepterait de se faire violer sur la table en acajou.
14:43 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : acajou, jou, pouss'la banane et mouds l'café