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27 février 2010

On s'était dit rendez-vous dans trois ans

Hier, en plein milieu de la nuit, on sonne à ma porte. C'est le voisin du dessous, ulcéré.

"Ho, yen a qui se lèvent le samedi, demain j'ouvre ma pharmacie à huit heures, c'est pas bientôt fini ce bruit ?".

Je l'aurais presque embrassé. Deux ans que ça ne m'était plus arrivé, enfin les choses reviennent à la normale.

Je tiens à remercier Gauthier, 7h48, Winggirl, Djoust Bridou, Achimeo, Cactus Acide, Souris Blonde, Summer, Grand Brun Ténébreux, LeManiac, sans qui rien de cela n'aurait été possible.

C'est émouvant.

 

25 février 2010

Charlie sans gel

Dans mon ancien job, je prenais beaucoup le train. Vers l'est.

Dans mon nouveau job, je prends beaucoup le train. Vers l'ouest.

En dehors de cette différence fondamentale, je continue à occuper le temps de voyage avec un DVD, car relire ses dossiers, c'est so 2009. Et vu le nombre de voyages et de miles qui s'accumulent, ça laisse le temps de se taper toutes les saisons des séries à la mode, ainsi que quelques films de temps en temps.

Ayant très bon goût, je regardais donc ce matin "Charlie, les filles lui disent merci" (traduction littérale et enjouée de Good Luck Chuck, comme quoi on voit que les traducteurs continuent à fumer les parpaings). Bon, il paraît que les mecs regardent plutôt Die Hard que des chick flicks comme ça mais d'une part j'adore Die Hard, d'autre part je suis déjà grillé avec mes Sex on the Beach et mes Blue Lagoons (sans même parler de la playlist), donc après tout, autant assumer jusqu'au bout.

Et en fait, c'était pas trop mal comme film. Très convenu, mais avec quelques répliques sympas, et puis Jessica Alba est quand même une jolie fille. Donc tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Seulement voilà, à la fin du film et le train n'étant pas arrivé en gare, je me tape le bêtisier histoire de le boire jusqu'à la lie, le calice. Et là c'est le drame; uniquement des blagues de potache entre les différents acteurs, avec des conversations au ras des paquerettes et du comique du niveau d'un Himmler bourré - c'est à dire manquant de concentration.

Et c'est là que j'ai réalisé quelque chose et eu l'illumination: ces acteurs jouent tous un rôle, et les phrases bien trouvées et romantiques qu'ils sortent à longueur de tournage ont été mises dans leur bouche par le scenariste. Jamais ils ne seraient aussi glamour dans la vraie vie, et au lieu de dire "oh, Janet, ton regard me bouleverse comme si l'univers ne dépendait que de toi et que la gravitation était abolie, attire-moi dans ton trou noir sous la lumière absorbée d'un milliard de feux d'artifice", ils vont se la jouer loft avec un "qui c'est qu'a pété ?"

On fantasme sur les Jessica Alba, les Angelina Jolie (ou inversement les Brad Pitt et les Johnny Depp) mais si ça se trouve, ce n'est pas tous les jours Charlie, à la chocolaterie. Ils sont grossiers, ou cons, ou lourds, elles sont neuneus, ou vulgaires, ou lentes. Ca m'a déçu, un peu comme si un beau rêve était souillé.

J'en profite donc pour faire passer un message personne: Jessica Alba, tout est fini entre nous.

23 février 2010

Ca vous a plu, hein, vous en r'd'mandez encore...

Eh bien écoutez l'histoire de T9 and Clyde.

Non parce que voilà, je m'emmerde à essayer de faire un article construit (certes sans intérêt, certes sur la floraison du persil) et tout le monde trouve ça nul, et je me fais voler la vedette par un simple texto, même pas de moi. C'est un peu un scandale, et je ne saurai rester les bras croisés devant un tel outrage.

Hier donc, alors que je discutais avec une amie de cet article, elle m'envoie un texto tout aussi tarabiscoté, que je ne saurais reproduire ici sous peine de mort car j'en ai l'interdiction formelle, et que je compte un peu sur elle pour me présenter des copines donc que je ne veux pas me fâcher si tôt.

Etant un modèle d'urbanisme et de galanterie, je lui ai donc répondu: "j'ai adoré ton texto, il est vraiment énorme !"

Evidemment, le T9 a changé texto en téton.

 

22 février 2010

A quoi planning ?

Texto reçu hier soir (alors que je dézinguais vaillamment des zombies sur la wii):

"Pour information, si on se voit, c'est dans les cinq jours qui viennent, après j'ai mes règles".

Au moins c'est clair, au moins c'est classe, au moins c'est dit.

Si tout le monde faisait comme ça, on pourrait organiser sa semaine de manière un peu plus logique.

21 février 2010

Va te faire miraculer

Il y a une semaine, alors que je rentrais du sport (car oui, mesdames et messieurs, j'en fais, et j'en fais même beaucoup, dans l'espoir de redevenir un jour cet Apollon Creed sur lequel les filles se retourneraient dans la rue et se prendraient du coup le panneau de signalisation en pleine frange), j'ai reçu un appel d'une amie.

Ce sont des choses qui arrivent.

Nous discutons de choses et d'autres, et j'explique que je rentre chez moi me prendre comme d'habitude une tranche de dinde* et une barre protéinée pour avoir plein de muscles et ne pas trahir la confiance que les coachs ont mis à l'intérieur de moi.

C'est alors que a conscience militante de l'amie se réveille. "Tu ne peux pas manger cette merde, en plus si tu bouffes trop de protéines c'est mauvais pour la santé, attends, bouge pas, j'arrive et je te cuisine un truc plus équilibré".

Ah.

Je ne bouge donc pas, et je vois la cuisinière arriver avec des pommes de terre et du persil, parce qu'il paraît que c'est vachement bon, les pommes de terre et le persil.

Et vous en êtes arrivés là de l'article, à vous demander l'intérêt de cette note à part rappeler qu'il existe quelque part sur cette terre des filles dévouées qui pensent encore à l'estomac de leurs amis (je dis ça, je dis rien). Et je vous répondrai qu'effectivement, tout ceci n'est pas passionnant.

Sauf que. Sauf que !

Sauf que la fille a oublié son persil chez moi. Et que, sur ses conseils téléphoniques, j'ai plongé ladite botte dans un vase pour essayer de la conserver le temps qu'elle repasse.

Et c'est là que le miracle est arrivé. En une semaine, le persil a poussé, s'est boursouflé, a créé de nouvelles feuilles et a verdi dans des proportions impressionnantes. Au point que, ramenant des gens chez moi, certains étaient convaincus que j'avais acheté une plante verte.

C'est incroyable, non ?

....

Un jour, je trouverai des choses à raconter.

18 février 2010

L'evangile selon Saint Mosby

Il y a dix millions d'habitants en Ile-de-France.

Si on enlève à cela:

- Les cinq millions de mâles, puis

- Les trois millions de banlieusardes lointaines, puis

- Les 1,25 millions de plus de trente ans, puis

- Les 500,000 de moins de vingt ans, puis

- Les 150,000 en couple, puis

- Les 90,000 dont l'adéquation physique avec l'image pittoresque d'un matin de campagne ne saurait se conjuguer à plus qu'un seul temps

- Les 9,000 à l'esprit aussi boueux que le fond eugéniste nauséabond de cet article, puis

- Les 900 jalouses - compulsives - lunatiques - irrationnelles - infidèles - castratrices - rayez la mention inutile,

 

Eh bien il reste 100 filles.

Où sont-elles ?*

 

 

* La réponse "dans ton cul" est non seulement inacceptable, mais profondément décevante. Je vous croyais mieux que ça.

16 février 2010

Honesty, Jealousy, gotta do what's right for me

Bon, je vous avais abandonnés en plein pseudo-speed dating, avec son lot de rencontres passionnantes et de poésies foudroyantes. J'étais au bar, une bouteille de Smirnoff Ice dans les mains pour avoir l'air viril, une larme au coin de l'oeil devant les incroyables souffrances de ma vie, la main pianotant distraitement dans le vide sur la musique d'un tube à la mode. Pendant ce temps, Flamèche (qui veut désormais qu'on change son pseudo en Future Presidente du Monde - mais c'est trop long donc on l'appellera WingGirl) discute avec une trrrès jolie fille à béret.

Curieux, intrigué, et sentimentalement frustré, je vais parler deux minutes avec elle, le courant passe bien, et elle me donne son numéro de téléphone. C'est alors que je vois Winggirl en train de glousser dans son coin.

"Quoi, qu'est-ce que j'ai fait encore ?" je demande du ton bourru du vieux cow-boy solitaire qui rentre chez lui avec un veau sur l'épaule pour réaliser qu'on va l'engueuler pour les traces de bottes sur le sol ciré.

"Rien, c'est juste qu'elle a à peine 20 ans, t'es vraiment un pédophile".

Ah.

Je m'en doutais un peu, en même temps, c'est pas comme si l'éclairage blafard de la soirée avait pu dissimuler les traits enfantins et le regard clair-qui-n'a-pas-encore-traversé-l'enfer-et-découvert-toute-la-sagesse-du-monde. Mais j'avais un peu espéré qu'il s'agissait d'une maturité précoce, ou d'une jeunesse apparente alors qu'en vrai elle en aurait 25, enfin quelque chose, quoi.

Mais non. Me voilà donc à prendre un verre avec une fille née au moment de la Chute du Mur (ouais, ça remet en perspective, hein ?).

 

Et donc, allez-vous me dire, ça parle de quoi deux personnes comme ça ? Eh bien de tout, de rien, mais notamment de jalousie.

- Ce serait quoi, un défaut rédhibitoire chez une fille, pour toi ?

- La jalousie...

- Ouais, moi aussi ! Les mecs sont toujours trop jaloux, c'est atroce !

- Clairement.

- La dernière fois que j'étais en couple, j'ai eu droit à une scène parce que je suis allé consoler mon meilleur ami qui sortait d'une rupture, et qu'on a dormi dans le même lit. Mais il s'est rien passé, hein, et pourtant mon mec a eu le culot de mal le prendre !

- Ah...

- Et c'est comme un autre qui est devenu furieux en voyant sur mes photos facebook que j'avais embrassé des mecs en soirée, non mais franchement, c'est fait pour ça les soirées, tout le monde le sait, que ça veut rien dire !

- Ah...

 

Pendant ce temps, son téléphone vibrait sans interruption sur la table, mais elle ne faisait pas un geste pour regarder de qui il s'agissait.

- Ya quelqu'un qui insiste là, c'est peut-être important, tu devrais regarder, lui suggéré-je avec amour

- Non, pas la peine, c'est le numéro que je donne aux mecs, je verrai plus tard, ya rien d'important

- Et tu le donnes beaucoup, pour que ça sonne comme ça ?

- Bah à raison de trois soirées par semaine et de deux-trois mecs par soirée, oui, ça commence à faire, pourquoi ?

 

Pour rien.

14 février 2010

Les conseils de Tonton Grenouille

Si vous voulez redevenir célibataire, faites-le en été:  il fait vachement moins froid quand vous vous rendez en soirée.

11 février 2010

Drague un étang, ramène des cadavres

Il y a presque deux semaines (comme le temps passe, mes amis, comme le temps passe), je me suis donc rendu à un pseudo-speed dating avec une pseudo-amie que vous connaissez ici sous le nom de Flamèche.

Certains me rétorqueront que Flamèche est bien jeune, je vous répondrai que d'une part elle a poussé (puisqu'elle affiche maintenant fièrement ses 20 ans) et que d'autre part niveau célibataires disponibles des deux sexes prêts à m'accompagner dans mes délires, les stocks sont limités.

Mais je l'aime quand même, hein.

Bref, nous arrivons sur place, nous nous mêlons à la foule chamarrée de ce début de soirée, une certaine angoisse nous étreint en réalisant que les autres invités ne sont pas vraiment à la hauteur de la sensualité abrasive que nous dégageons. A l'arrivée devant la fille de l'accueil, mes pires doutes se concrétisent:

- C'est pas pour faire mon boulet mais ya des filles beaucoup plus belles que la plus belle de tes copines, à l'intérieur ?

- Normalement je ne devrais pas le dire, mais non, c'est une catastrophe ce soir.

- Et moi, et moi ? Qu'elle fait pleine d'espoir la Flamèche. Il y a du beau mâle en rut ?

- En rut, oui. Beau, ça se discute.

Ok.

Nous savions donc où nous mettions les pieds, cette soirée nous ferait saigner les yeux par les pores du nez. Mais comme on a quand même fait au moins une dizaine de stations en métro pour ça, il aurait été dommage d'abdiquer maintenant. Et puis ya des consos gratuites avec l'entrée.

On s'inscrit, on rentre, on boit, on reboit, et puis l'heure du speed dating arrive et nous voilà séparés pour affronter l'indicible. Cinq filles à la suite, une demi-heure, je me sens comme Charlot dans les Temps Modernes et j'empoigne ma clé à molettes.

Rien à dire sur la première personne, pas mon style mais très gentille et, disons-le tout net, normal. Non, moi non plus ça ne m'avait pas choqué sur le moment, mais vous allez voir qu'avec le recul ça aurait dû me frapper.

Parce que c'est parti pour la seconde.

- Coucou, alors voilà, je gagne ma vie en développant des photos mais en vrai je veux devenir poète. Par exemple j'aime bien Aragon mais je trouve que s'il avait travaillé un peu plus ses rimes et surtout ses fins d'alexandrins, ça aurait été beaucoup plus sympa. Je me suis donné comme ambition de corriger ses oeuvres les plus connues.

Ok. Je suis moi aussi d'avis qu'Aragon aurait pu éviter le conventionnel et parler des pieds d'Elsa, mais admettons. Voilà encore une fille presque à la limite de la normalité. C'est avec la troisième que je suis rentré dans la quatrième dimension*

- Bonjour, j'ai 20 ans et j'ai un bébé d'un an.

- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?

- Ben j'ai 20 ans et j'ai un bébé d'un an.

Hum... quatrième personne.

- Bonjour, je suis la soeur de la fille que tu viens de voir, et je l'héberge pour l'instant.

- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?**

- Ben la journée je suis aide-soignante mais comme c'est dur de subvenir aux besoins de tout le monde je suis strip-teaseuse la nuit.

Hum... cinquième personne.

- Bonjour, j'ai 30 ans, je suis pharmacienne.

- Euh, ok, et à part ça, tu fais quoi de beau ?***

- Ben je flippe d'avoir 30 ans et du coup je fais du speed dating parce que je cherche quelqu'un qui voudrait bien me faire un enfant.

Hum... sixième... ah non, c'est fini.

Je reste encore assis quelques secondes, sonné par ces uppercuts délivrés à la chaîne. Puis je rejoins Flamèche.

- C'était bien, de ton côté ?

- Bof, je suis tombé sur quelqu'un qui faisait Mickey à Disneyland et qui avait amené son masque.

...

...

...

Le speed dating, c'est bon, mangez-en...

 

 

 

* Ceci n'est pas une manière poétique de parler de copulation 

** Comme si j'allais me fouler niveau conversation, rhoo

*** C'est pas comme si elles allaient en parler entre elles

09 février 2010

Alors on danse

Voilà. Ca fait donc maintenant un mois et demi que je suis célibataire, en état de reconstruction subatomique pour passer de l'être confortable, mou et repu qui larvait devant une rediffusion de Docteur House à l'être confortable, mou et repu qui va sortir tous les soirs pour repartir à la recherche de ce dahu parisien*, la Fille Parfaite.

Il m'a fallu pas mal de temps pour dépasser ce qu'on appelle avec sobriété la période de réflexion (ai-je bien fait ? suis-je un connard ? vais-je me faire insulter par les amis et la famille ? où a-t-elle rangé l'adoucissant lessive ?). Puis pas mal de temps pour dépasser ce qu'on appelle avec sobriété la période de censure digne (faut-il déjà reprendre la plume ? faut-il voir de nouvelles personnes ? faut-il le raconter ? où a-t-elle rangé l'adoucissant lessive ?). Grave et sombre, je me suis donc contenté de reprendre goût à la liberté et de revoir tous ces gens auxquels je tiens et dont la vie m'avait éloigné par un caprice du destin qui m'étonne moi-même.

Mais depuis une semaine, c'est reparti. Speed dating, Afterwork, Soirée en boîte, j'ai repris le long chemin de croix du célibataire échevelé, le sourire aux lèvres, le jean au pressing (parce que où est ce putain d'adoucissant lessive ?).

Et j'ai rencontré du monde. Dont une fille que nous appellerons la Gamine, et qui à mon avis a autant de potentiel que la fille du train, pour les très vieux lecteurs qui se souviennent encore de cet épisode douloureux.

Pour vous parler de cette rencontre, va falloir que je vous explique comment s'est passée la séance de pseudo speed-dating, la soirée qui a suivi, les wing-girl qui draguent pour vous, et la moyenne d'âge des gens qu'on y croise.

Pas ce soir, parce qu'une vingtaine de lignes c'est déjà pas mal pour une reprise et que point trop n'en faut.

Mais je vous promets que le récit déchirera sa mère dans un abattoir à volailles vaccinées sans adjuvant par Bachelot**

 

 

 

* C'est un animal mythique qui parvient à boire son cocktail à flanc d'Abbesses.

** Spéciale décicace.

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