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29 décembre 2008

On a les stars qu'on mérite

Aujourd'hui, dans ma boulangerie à moi que j'ai, il y avait Richard Anconina. La vérité.

Alors je l'ai dévisagé d'une manière un peu trop insistante, et il m'a fait un clin d'oeil en prenant ses pains au chocolat.

Parfois, ma vie est fascinante.

27 décembre 2008

La Montagne, ça vous gagne (Robespierre)

Profitant des fêtes de Noel, Blondasse et moi sommes allés au ski. Car le ski, c'est bien, c'est beau, c'est grand, c'est mon sport.

Pour un paresseux comme moi qui n'arrive pas à se rendre toutes les semaines au ju-jitsu, le ski reste le dernier rempart d'activité autre que de copuler sauvagement dans une baignoire ou de se traîner sur un canapé pour y regarder NCIS (je dis ça, je dis rien). Et puis on est grenoblois ou on ne l'est pas, et je garderai toujours une parcelle d'amour farouchement régional pour ces montagnes qui ont posé sur ma naissance un regard confit de tendresse enneigée.

Nous montons sur un télésiège et c'est parti. J'ai mon sac à dos avec les sandwiches, le thermos d'eau fraîche, les clémentines, nous sommes badigeonnés de crème jusqu'à l'intérieur des oreilles, nos combinaisons nous collent au corps, il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant.

Seulement Blondasse fume. Et elle part du principe que la montée en télésiège est faite pour ça. Au lieu de s'emplir les poumons de l'air pur à peine souillé par l'urine fumante des parisiens pur souche, elle préfère s'y injecter sa nicotine quotidienne.

Crime.

Drame.

Scandale.

"Tu vas provoquer la colère du Dieu de la Montagne", la préviens-je avec cet humour ravageur qui ne me quitte jamais.

En réponse, elle se fout de ma gueule.

Mais on ne provoque jamais impunément les Dieux. Il y a toujours une rétribution qui Damoclèse quelque part, prête à nous fondre sur la gueule quand on s'y attend le moins.

Jubilateur, j'attendais donc la manifestation de déplaisir qui allait montrer à Blondasse que non, décidément, on ne fume pas en montagne, quand soudain le télésiège arrive à destination, et nous descendons. Ou tout du moins ELLE descend.

Pour ma part, le sac à dos emmêlé dans une des barres du télésiège, je n'arrive pas à m'extirper à temps. Ca tire, ça tire, et je décolle du sol, avant de réussir in extremis à me débarasser de ma veste de ski pour atterrir comme une merde au bas de la piste d'arrivée, mon sac continuant béatement son voyage vers d'autres horizons.

Le Dieu de la Montagne vise mal.

21 décembre 2008

Blondasse a la lose

C'est quand même beau quand, dans un couple, les deux ont à peu près le même niveau de lose dans les mêmes situations. Du coup, on ne peut pas se permettre d'engueuler l'autre ou de se moquer, on se contente d'admirer la performance avec un demi-sourire incrédule.

Il y a quelques temps (de l'époque d'Elle), je vous avais raconté ma tentative d'anniversaire-surprise un peu foireuse. Bah le week-end dernier, ce fut le tour de Blondasse*.

Pourtant, les données du problème n'étaient pas compliquées: je devais la récupérer en voiture après qu'elle ait récupéré sa soeur à l'aéroport, et l'amener chez Gauthier pour une petite soirée impromptue.

Bon.

Dans les faits, ça ne s'est pas vraiment passé comme ça. Je sais que ça vous gave quand je fais des chronologies, mais c'est un peu mon petit plaisir bloguesque (mwhaha).

 

 

19h00

"Ouais, chéri, notre bus s'arrête près des Champs, tu peux nous récupérer là ?"

"Pas de problème, c'est juste un peu loin de chez Gauthier, et ce sera compliqué un vendredi soir, mais let's go"**

 

19h30

"T'es où ?"

"En bagnole, dans les embouteillages... et toi ?"

"En bus, dans les embouteillages"

 

20h00

"Bon, donc ça c'est ta soeur ?"

"Ouais, c'est ma soeur"

"Ah."

 

20h30

"Ca y est, ENFIN, dans 10 secondes on est chez Gauthier"

"Au fait, Blondasse, ta coloc t'avait pas dit que son mec cuisinait un repas pour toi ce soir ?"

"MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE !"

 

20h31

"Ouais, euh, salut Coloc. C'est juste pour dire que...

"...que t'es en route ? T'arrive bientôt ? Mon mec a fait un repas, je te raconte même pas, il y a passé l'après-midi mais c'est ENORME !"

"Ah... euh..."

"..."

"Oui oui je suis en route, on est en train d'arriver chez toi d'ailleurs !"

 

20h32

"Allo, Gauthier ? Ouais on est en bas de chez toi. Non on va pas descendre de voiture, ramène ton cul, on va chez Blondasse's Coloc"

"Ah bon ? Parce que moi j'avais prévu de..."

"Ta gueule et viens !"

 

20h33

"Blondasse, fume pas dans la bagnole, s'il te plait. Même Gauthier le fait pas"

 

20h34

Gauthier rentre dans la voiture et allume une clope.

 

20h50

"Au fait Gauthier, tu devais pas accueillir Titounne et Maniac chez toi ce soir ?"

"MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE !"

 

 

Grand moment de solitude.

Bon, je réalise que ce n'est pas très travaillé comme article mais je pars dans 10mn pour le train de Grenoble, histoire de passer Noel en famille, tout ça tout ça, donc j'espère que je vous manquerai.

Un peu.

Parfois.

 

 

 

 

* Oui, je l'appelle Blondasse parce qu'elle le vaut bien.

** Vous noterez que je suis adorable.

15 décembre 2008

Me go shopping with you

On parle beaucoup de la communication non-verbale, vous savez, celle que seules les filles sont censées être capables d'utiliser. Un froncement de sourcil, un battement de cil, un mouvement de lèvres, et elles sont capables de transmettre à leur meilleure amie la totalité de l'horoscope du jour, sans remuer les oreilles.

Eh bien je m'inscris en faux contre cet apparent sexisme. Nous aussi, les mâles, malgré nos airs frustes, nous sommes capables de communication subtile.

Mais si.

Dans les magasins de fringue.

Démonstration cet après-midi, alors que j'accompagnais Blondasse (surnom officiel de la dulcinée-officielle-non-lectrice-de-blogs-mais-sympa-quand-même) dans le Naf-Naf des Champs.

En temps normal, j'aurais beaucoup de choses à dire sur le choix du Naf-Naf mais bon, on attendait dans la queue du cinéma (n'allez pas voir Two Lovers, bordel, c'est nullissime), donc forcément, il fallait bien s'occuper.

Et donc me voilà, encombré des paquets de ses achats précédents, à l'accompagner dans les allées bondées du magasin. Quand soudain, je croise un confrère. Un mâle dominant, comme moi, en train de crouler sous les affaires de la femelle dominée qu'il accompagne. Et nos yeux se croisent.

 

 

 

 

Il hausse un sourcil - Ah, toi aussi ?

Je grimace - Eh ouais, faut bien

Il sourit légèrement - C'est vraiment des chieuses, hein ?

Je hausse discrètement les épaules - Tu m'étonnes

Il plisse le nez - Et dire qu'on va bientôt se retaper l'essayage

Je me gratte la couille gauche - Non mais en même temps elles sont sexy en minijupe

Il gonfle les joues - La mienne se trouvera grosse, tu vas voir

Je donne un coup de menton - Ouais, elles font toutes ça.

 

 

La communication non-verbale chez les hommes existe, je l'ai testée pour vous. Dans n'importe quel magasin de fringues, vous les trouverez, ces fiers combattants de la jungle moderne, ahanant sous les paquets, luttant pour la suprématie au milieu des strings multicolores, et partageant leur désarroi avec leurs semblables.

Et je ne parle même pas de l'attente devant les cabines d'essayage, où six mecs à l'air résigné attendent patiemment que leur copine sorte pour lui dire que mais oui, elle est magnifique et que bien sûr, ça lui va bien et que évidemment, faut le prendre et que bon, on y va maintenant ?

Notre vie est dure.

11 décembre 2008

Fetasala Kiss

Quand on commence une relation, il y a des moments qui ont plus d'importance que d'autres, quand on a le romantisme chevillé à fleur de peau comme moi. La première levrette, le premier...

Je recommence.

Quand on commence une relation, il y a des moments qui ont plus d'importance que d'autres, quand on a le romantisme chevillé à fleur de peau comme moi. Les premiers regards, les premiers mots, les premières attitudes, le premier baiser, la première fois...

Bon.

Normalement, dans une histoire parfaite, tout cela devrait être incroyablement sensuel et bucolique. On se serait rencontrés au bord d'un lagon aussi bleu que le beau Danube, sous un ciel sans nuages, et notre premier baiser aurait été quelque chose à raconter plus tard, un instant d'éternité fugace. Les yeux qui pétillent, la pression soudain, l'inquiétude, le stress, l'impression que le moment est le bon - mais si on se trompe ? mais si elle en a rien à battre de nous ? mais si c'était nul ? mais si elle avait un appareil dentaire ?

Nos regards se seraient croisés, et tout serait devenu simple. Le coeur battant la chamade, nous nous serions rapprochés doucement, sans nous quitter des yeux. Nous aurions posé notre coupe de champagne (Dom Pérignon 64, what else) sur la nappe de soie rouge de la gondole qui nous emmenait, nos doigts se seraient frôlés, nos lèvres se seraient rapprochées.

Au loin, un ou deux guitaristes embauchés spécialement pour l'occasion auraient entamé le prélude de Bach et les notes emportées par un petit vent léger nous auraient caressé l'âme et la peau. Nos bouches se seraient enfin trouvées, et notre amour aurait explosé dans un sentiment de plénitude si intense que Saturne y aurait perdu quelques anneaux (my precious !).

Bon.

En vrai, ça s'est passé un peu autrement.

On était chez moi, au milieu de mon bordel habituel. On avait un peu (beaucoup (énormément)) bu. Elle a penché sur moi un oeil critique et m'a dit que j'avais trois poils disgracieux sur le cou. Elle m'a demandé si elle pouvait en enlever au moins un , s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait.

J'ai répondu ok, mais on se roule une pelle. Elle a répondu ok, mais j'enlève les trois. J'ai répondu ok, mais dépêche-toi, je fatigue.

On s'est embrassés.

 

 

 

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