« 2008-09 | Page d'accueil | 2008-11 »

29 octobre 2008

Down by the riverside

La partie a des hauts et des bas. Je perds ma mise de départ, je recave, je regagne tout, je me trouve en tête d'un nombre de jetons assez confortable (même si le chip leader a décidé de m'emmerder, sans même parler de ses problèmes de maths lancés à tue-tête).

Paire d'as en main.

Forte mise au premier tour, suivie.

Le flop: 7, dame, as (couleurs différentes).

Avec un brelan d'as, je suis pour l'instant imbattable.

Forte mise, relancée, relancée, tapis.

Je suis le tapis.

On montre nos jeux: il a une paire de dame en mains (donc un brelan).

Un sourire satisfait me monte aux lèvres.

Je me balance sur ma chaise pour dissimuler mon érection naissante.

Le turn: 6

La vie est belle, tiens.

Le flop: dame

La vie est nulle, tiens.

Down by the riverside

La partie a des hauts et des bas. Je perds ma mise de départ, je recave, je regagne tout, je me trouve en tête d'un nombre de jetons assez confortable (même si le chip leader a décidé de m'emmerder, sans même parler de ses problèmes de maths lancés à tue-tête).

Paire d'as en main.

Forte mise au premier tour, suivie.

Le flop: 7, dame, as (couleurs différentes).

Avec un brelan d'as, je suis pour l'instant imbattable.

Forte mise, relancée, relancée, tapis.

Je suis le tapis.

On montre nos jeux: il a une paire de dame en mains (donc un brelan).

Un sourire satisfait me monte aux lèvres.

Je me balance sur ma chaise pour dissimuler mon érection naissante.

Le turn: 6

La vie est belle, tiens.

Le flop: dame

La vie est nulle, tiens.

28 octobre 2008

Hypothénuse logarithmique inverse

Il y a des soirs où l'envie vous prend de faire des trucs à la con, par exemple jouer aux cartes. Elle n'est pas là, le jeu de rôles est annulé, et vos seuls amis intéressés (ex: Gauthier) ne suffisent pas à faire quatre joueurs.

Du coup, le désespoir vous étreint avec la violence d'une main de fer sur un gant de velours repiqué avec amour par le tailleur du coin avec des aiguilles plein la bouche.

Il est 21h et vous errez. Il y a certainement des DVDs à regarder, mais dans quelle étagère ? Il y a certainement des soirées à squatter, mais dans quel but ? Il y a certainement des amis à appeler, mais pour quoi faire ? Une douce léthargie s'empare de vous, et vous continuez à penser aux cartes.

Alors, dans un sursaut d'énergie, vous envoyez un texto à un pote que vous avez croisé dans le train, il y a quelques mois, et à qui vous n'aviez plus donné de nouvelles depuis longtemps. Ca tombe bien, ça faisait déjà depuis le collège que vous ne lui donnassiez plus de nouvelles, donc ce n'est pas pour quelques semaines de plus qu'il va vous en vouloir... vous espérez.

"Hello, disponible ce soir, il n'y aurait pas une petite partie de cartes ou jeu de sociétés en cours, des fois que ?"

A peine avez-vous envoyé ce message que vous vous en voulez. C'est quand même un peu trop abrupt pour reprendre le contact, quoi, merde, on aurait pu dire, oh, dieu, bien des choses en somme, en variant le ton, par exemple tenez:

Faux cul: "Ah ben alors, comment ça va depuis le collège, j'ai souvent pensé à toi, tu m'as manqué grosse larve !"

Emphatique: "Le destin qui nous a réuni dans ce train ne saurait que donner une seconde chance de réhabiliter notre amitié perdue"

Lamentable: "Allez, merde, t'as rien de sympa à proposer ce soir ?"

SMS: "lo, t dispo ? tkt g d kart"

 

Mais non. Trop tard, le message est envoyé, il faut assumer. Et cinq minutes plus tard, l'ami vous appelle. Ca tombe bien, ils commencent un poker et il leur manque un joueur.

Une petite pensée pour Gauthier qui va croupir seul à la maison (mwhaha) et j'y vais. Après tout, qu'est-ce que je risque ? La cave est à 5€...

La seule chose à laquelle je n'avais pas pensé, c'est que les gens évoluent. Et que les cinq autres joueurs se connaissaient tous de polytechnique, avant de bosser dans les mathématiques appliquées au sein de banques ou d'instituts de recherche.

La conversation porta donc sur le calcul de tête d'une racine cubique à neuf chiffres. Et le pire, c'est que je sais maintenant comment faire.

Tuez-moi.

 

(J'avais plein de trucs plus passionnants à écrire mais pas le temps, l'interface blog n'est plus disponible du bureau à partir de 13h45). Gargl.

23 octobre 2008

Oh, un nouveau range-CD (bis)

Le train, c'est un outil de communication formidable. On peut y rencontrer des filles trop jeunes, ou des filles asiatiques, ou des filles complètement tarées, ou des filles psychologues, ou même parfois des amis d'enfance

Bref, quand on passe sa vie à voyager dans des endroits aussi capitalement européens que Strasbourg, Quimper ou Clermont, on se rend compte au bout d'un certain temps qu'une partie de notre vie sociale s'y passe. Et de temps en temps on engage la conversation avec d'autres voyageurs pour apprendre que, oh la la, il est pilier de rugby dans l'équipe de France ou, incroyable, elle est pilier de bar dans le 11e.

Oui, il se passe toujours des trucs extraordinaires dans le train. Et le voyage du jour n'a pas fait exception.

Alors que j'essayais tranquillement de dormir, mon manteau sur la gueule pour être confortable, j'entends les bribes de conversation du carré d'à côté, où quatre personnes discutaient à bâton rompu. Visiblement il devait s'agir de consultants qui rentraient chez eux après un audit réussi. J'entendais parler de cotisations patronales, de taxe foncière, de tous ces éléments que je présente à chaque fois à nos clients. En les entendant parler, un sourire flottait lentement sur mes lèvres. C'est quand même un foutu hasard de se retrouver juste à côté de consultants de la concurrence, et de les entendre parler des leviers qu'ils utilisent, des méthodologies qu'ils mettent en place, des clients qu'ils prospectent.

Une demi-heure passe et je commence à comprendre comment ils fonctionnent. Bon, il n'y a pas de différence fondamentale par rapport à notre cabinet. Mêmes cibles, mêmes techniques, mêmes leviers. Finalement, faut croire que tout se vaut. Un peu dépité, je repousse mon manteau pour changer de position.

Et là, les quatre se tournent vers moi.

"Oh putain c'est toi Grenouille ! Ben alors t'es dans le même train que nous ? Comment ça va les affaires ? Toi aussi tu reviens de chez un client ?"

Han.

Il paraît que les quatre sont dans ma boîte. Y en a même un qui est dans mon équipe. Putain, on recrute trop vite, comment vous voulez qu'on retienne tous les visages ?

Je me sens un peu con...

22 octobre 2008

Ils ont des chats poreux

Plus on a de commerciaux, plus on a de régions. Et lorsqu'on doit les former, ça veut dire qu'on prend son bâton de pélerin pour l'accompagner dans ses rendez-vous, forcément au fin fond de la France dont la ruralité sentimentale nous va tous au coeur (mais pas le soir et en voiture, parce que c'est glauque).

A une époque ce fut Clermont-Ferrand. je et j'ai ricané fourbement sur le confort tout relatif du plateau des Mille Vaches.

Puis ce fut l'Alsace et je me suis gaussé de villes comme Puttelange, que franchement, j'ai honte de rire, mais vous feriez pareil.

Puis vint le tour de Sedan et de Charleville-Mezieres. J'espère vraiment que ces gens-là ont dans le coeur le soleil qui blablabla, parce que niveau soleil c'était plutôt hésitant.

Et maintenant, c'est la Bretagne.

Ah, ces lacs délicieux ! Ah, ces étangs glougloutants ! Ah, ce patois chantant ! Ah, ces bretons bretonnants ! Ah, ces bittes d'amarrage au pied des rades où les porte-avions se font requinquer la queue à grand coups de marteau (girls, don't do this at home) ! Ah, la gare de Brest et sa vue plongeante sur la pollution de la mer environnante !

Non mais sinon c'est beau, la Bretagne, hein. Faut juste essayer de gérer le vocabulaire au jour le jour. Comme ce fameux restaurant où, avec mon apprenti commercial, nous mangeons en face de l'ile de Batz.

"Faut que vous essayez le far Breton !" lance la serveuse. "C'est la spécialité locale, vous allez adorer".

"Ca fait de la lumière ?" j'ai demandé avec espoir.

Elle m'a regardé comme si j'étais fou. Mon commercial m'a regardé comme si j'étais fou. Les meilleures blagues ne sont pas appréciées à leur juste valeur.

Et en fait c'est un quatre quarts, quoi.

20 octobre 2008

En balançant la hanche, on pisse plus loin

Il existe une engeance plus fourbe que la normale, une engeance à l'empathie ultra-brite et au sourire de travers, une engeance nuisible et perverse dont je fais partie lorsque je n'y prends pas garde: les commerciaux.

Bon, entendons-nous bien, j'apprécie mes commerciaux. Ils sont presque fréquentables, ils n'ont presque pas d'idées de droite, ils arrivent presque à parler autre chose que de boulot, il paraîtrait même à ce qu'il paraît qu'ils sont presque tafioles. Donc, des gens biens.

Seulement il n'empêche, les commerciaux ont une fâcheuse tendance à chercher à tirer la couverture à eux sur tout sujet. C'est inscrit dans leurs gènes, c'est ce qui les rend bons en clientèle (en dehors de l'écoute active blablabla), c'est une assurance qui rayonne de leur bas-ventre pour venir chatouiller leur oreille droite et entend prouver au monde qu'ils sont les meilleurs en tout et en tout lieu.

Du coup, lorsque je cherche à en recruter, c'est ce genre de grande gueule que je recherche. Le résultat est parfois épuisant...

- Ouais, j'en suis à six contrats, je vous explose ! (le premier)

- Mais moi c'est des contrats qui jutent, ya plus de 600k de facturation derrière ! (le second)

- Ouais mais moi je me suis gavé sur le taux, comme un gros porc ! (le troisième)

- Ca c'est rien, moi j'ai signé toutes les filiales d'un coup ! (le quatrième)

- Ok mon contrat est pourri mais je suis reparti avec sur place, que du bonus ! (le dernier)

Et vas-y que ça rivalise d'inventivité pour montrer que non, vraiment, ce sont eux les meilleurs et que tout le monde devrait s'incliner devant leur évidente supériorité.

Surtout qu'en plus ils ont tort.

C'est moi le meilleur.

 

Bref, la conversation continue pendant bien vingt minutes sur ce sujet, et je m'ennuie à mourir. Les déjeuners d'équipe, c'est certainement formidable pour le tîm-bil-ding, pour apprendre à mieux se connaître et pour découvrir les derniers ragots de l'entreprise, mais au bout d'un moment on finit par se demander quand on verra de son petit village fumer la cheminée.

Alors forcément, on ruse. On ferme les yeux, on prie très fort, on s'enfile un quart de vin d'un coup, et on s'imagine en pleine réunion du Vodka-Club.

"Et niveau cul ?" demanderez-vous innocemment. 

 

- Ouais, j'ai couché avec six filles différentes, je vous explose ! (le premier)

- Mais moi c'est une bombe internationale, elle est top model chez Elite (le second)

- Ouais mais moi je l'ai prise sur une aire d'autoroute, comme un gros porc (le troisième)

- Ca c'est rien, moi j'ai couché avec toute la famille d'un coup (le quatrième)

- Ok elle était moche mais on baisait cinq minutes après s'être rencontrés (le dernier)

 

....

Irrécupérables.

Surtout qu'en plus ils ont tort.

C'est moi le meilleur.

16 octobre 2008

La vérité sort de la bouche des enfants

(Vérité, quel beau nom pour le sexe des prêtres).

J'en vois plein dans les commentaires qui pensent que c'est une blague, que l'infirmière n'a jamais dit ça, que je suis en train de vous faire marcher.

Et pourtant tout est exact au mot près. Je revois encore la scène, et je pense que je la reverrai encore un certain temps.

Elle, sur sa super chaise roulante utilisée pour la trimbaler d'une pièce à l'autre avec amour. Moi, à moitié assis sur le lit d'hôpital sur lequel elle avait patienté, son classeur sur les genoux.

Nos yeux qui se croisent au moment où la nouvelle nous frappe. La compréhension qui se fait jour. L'expression d'effroi sur son visage. L'horreur qui monte lentement sur le mien.

Merde. Qu'est-ce qu'on va faire ? Déjà qu'on ne sait pas bien ce que le mois à venir nous réserve, qu'est-ce qu'il se passe si elle tombe enceinte, hein ? Mais je veux pas ça, moi. Enfin pas tout de suite. Je suis trop jeune pour être père. J'ai encore plein de sport à faire, de jeu de rôles où aller, de soirées où me bourrer la gueule, de filles à draguer (ah, on me souffle dans l'oreillette que non), de voyages à réaliser, de promotions à obtenir.

Et puis merde, si c'est une fille éventuellement je veux bien m'en occuper. Mais un garçon ? Merde, quoi, un garçon qui courra dans mes jambes et foutra la merde partout et sera infoutu de ranger ses vêtements comme son père. La catastrophe.

Une fraction de seconde, ça peut être très long vous savez. Une fraction de seconde où l'on se regarde dans les yeux en se demandant si on n'a pas fait une grosse connerie, ya genre trois semaines.

Une fraction de seconde avant que l'infirmière ne mette les poings sur les hanches et ne secoue la tête en grommelant: "ah ben j'avais pas vu, c'est marqué sur la machine qu'elle est cassée, elle indique tout le temps positif."

15 octobre 2008

Moment de vérité

Hop, suite de la note d'hier et de son cliffhanger qui vous a pris aux tripes, je le sens bien.

Pourquoi un test de grossesse, donc ? Parce qu'il peut toujours y avoir des accidents et qu'en l'occurence, cela faisait une semaine qu'Elle avait des nausées matinales et les seins lourds.

Bon, je n'ai rien contre les seins lourds, entendons-nous bien. J'ai beau avoir été habitué tout au long de ma vie à la tactile stimulation de seins pas plus gros qu'un oeuf, il n'empêche que ça a aussi son charme de ne pas pouvoir refermer la main dessus. Seulement voilà, est-ce que neuf mois de poitrine opulente suffiraient à compenser l'arrivée d'un enfant chez quelqu'un d'aussi irresponsable ?

Après réflexion (et tâtage des éléments de preuve), je pense que non.

Du coup je ne vous le cache pas, j'étais un peu inquiet. Mais en raison des probables dates de conception, ça faisait un peu court encore pour un test de grossesse. On pensait donc faire ça dans une semaine.

Seulement le destin, qui aime bien se foutre de ma gueule de temps en temps, n'était pas vraiment satisfait de ce déroulement futur. Donc hop, chute de la Pseudo-Greluche en Talons, entorse du pied et direction les urgences pour lui poser une attelle.

Elle drague un brancardier pour être prise en charge plus vite, je drague une infirmière pour pouvoir l'accompagner alors que c'est interdit, c'est dans des moments comme ça que je me dis que nous avons une chance incroyable d'être aussi beaux et séduisants et globalement formidables.

Bref.

On arrive en radiologie et là un énorme panneau, à croire qu'il nous attendait, qui proclame: "Si vous êtes enceinte, il est IMPERATIF de prévenir le médecin avant toute radio".

Bon.

Bon.

Tout d'un coup, une petite angoisse s'insinue en nous alors qu'on explique aux infirmières que voilà, en fait on pense pas qu'Elle soit enceinte mais quelque part c'est peut-être possible et qu'elle a les seins lourds (si si, regardez, je tâte) et qu'elle vomit le matin, alors si on pouvait vérifier avant la radio ce serait pas mal quand même.

Et Elle se retrouve donc avec un bocal pour aller pisser dedans. Evidemment, Elle n'a pas envie. Ya des moments, je la trouve extrêmement contrariante. J'ai beau lui mimer les chutes du Niagara et lui donner de l'eau, ça prendra du temps. Sans même compter les conversations annexes.

- C'est un peu trop jaune mon truc tu trouves pas ?
- C'est le bocal qui fait ça
- Non mais regarde l'urine des autres, là, c'est plus orange non ?
- Ouais mais ils ont peut-être une maladie mortelle...
- Non mais tes urines sont magnifiques, chérie.

Vous voyez où on en est rendus. Trois mois à fréquenter quelqu'un et on se retrouve à complimenter ce qu'elle vient de pisser. Et le romantisme, bordel de pompe à couilles ?

...

L'infirmière s'approche de nous, prend le bocal, va le placer dans la machine-à-résultat-de-grossesse-qui-fait-peur-aux-gens et nous dit que ça va prendre deux minutes.

On se regarde, Elle et moi.

- Et si tu es vraiment enceinte ?

- Je le garde...

- Tu es sûre que tu ne veux pas le noyer ?

- Non

- Ou au moins donner le premier de la portée ?

- Non...

 

Puis l'infirmière se tourne vers nous, et elle a le sourire aux lèvres et le bocal d'urine aux doigts, et elle partage sa joie avec nous.

"Félicitations, vous êtes enceinte !"

13 octobre 2008

Ah ouais, quand même

Plus de quarante messages pour une simple photo. C'est à se demander pourquoi je prends la peine de pondre habituellement des articles de fond, merveilleusement documentés et empreints d'un humour ravageur.

Mais en fait c'est pas si compliqué d'attirer des réactions, suffit de frapper l'imaginaire.

Dimanche, par exemple, Elle a fait un test de grossesse.

12 octobre 2008

N'est pas greluche qui veut

Il y a des sacrifices qui font plaisir. Comme lorsqu'Elle décide, l'espace d'un week-end, de se déguiser en fille pour faire genre c'est une greluche parisienne.

Elle savait qu'elle pourrait y arriver. Elle aussi elle porterait du D&G, elle aussi elle aurait des bottes à talons et rentrerait son jean dedans, elle aussi elle prendrait des poses ridicules.

Parce que merde, quoi, ya pas de raison, le treillis militaire a ses limites.

 

 

greluchemh7.jpg

 

 

 

Seulement voilà. Peu habituée aux talons, Elle vient de se faire une entorse de la cheville à la veille de ses examens.

Et on a passé l'après-midi entier aux urgences.

...

Les parisiennes subissent un entraînement spécial au mascara, aux talons et aux leggings, que le commun des mortelles ne saurait comprendre du premier coup.

Je ne vois que ça.

 

 

Toutes les notes