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28 août 2008

Rediffusion 7 - Theorie du Blackjack

05 mars 2006

L'amour à la roulette

Aujourd’hui, une nouvelle leçon de vie pondue par Grenouille™. Grenouille ™, les seuls conseils solubles dans le café du matin avec toutes les conneries de la veille et la gueule de bois du samedi soir.

 

Je vous avais promis une théorie foireuse, et vous allez l’avoir. Mais je suis particulièrement fier de celle-ci, parce que je n’ai encore jamais vu d’exception à cette vision de la vie. Vous allez pouvoir me dire ce que vous en pensez, mais je vous préviens, si ça n’est pas un compliment, ça sera impitoyablement censuré ! Ah ça mais.

Bon, en fait c’est pas vrai, mais je serai très triste. Et vous ne voudriez quand même pas me voir pleurer, hein ?

Après ce petit préambule, je commence.

 

Vous avez entendu parler d’un jeu de cartes qu’on appelle le blackjack ? Mais si, un jeu qui se joue assez fréquemment dans les casinos, avec une banque ? Non ? Ca ne vous dit rien (ceux qui disent oui, dans le fond, je les ai remarqués et je ferai gaffe avant de leur proposer un poker) ?

 

Pour les ignares, voici en quelques mots les règles.

 

Vous commencez le jeu avec deux cartes, et vous pouvez choisir d’en piocher plus, une par une. Chaque carte a sa valeur faciale (un 6 vaut 6 points), une figure vaut 10, un as vaut 11 ou 1 au choix.

L’objectif du jeu, c’est de se rapprocher le plus possible de 21 sans jamais dépasser ce chiffre. Si jamais vous le dépassez, vous avez perdu. Si vous obtenez 21 pile, c’est un blackjack. Sinon, c’est la personne qui est la plus proche qui gagne.

 

Vous avez compris les règles ? C’est pas super compliqué, hein. Bon, ben maintenant, il ne reste plus qu’à vous expliquer pourquoi je viens de vous gonfler pendant 10 minutes avec ces histoires de jeu de cartes. Surtout que, comme chacun le sait, les casinos sont les portes de l’enfer et aucun être sain d’esprit ne saurait s’y engouffrer sans avoir au préalable béni sa gourmette et reçu la Sainte Onction des mains d’un prêtre assermenté.

 

La raison est simple : depuis l’avènement d’une certaine ‘consommation’ en amour (que les sites comme Meetic ont encore amplifié), l’amour et le couple deviennent comme le blackjack.

 

On regarde sa main, et on se demande si on doit rester là, avec la personne avec laquelle on est, ou bien si on doit tirer une carte supplémentaire.

 

Quand on n’est pas bien avec la personne, le choix est évident. On passe à autre chose. Mais même quand on est bien, on ne peut s’empêcher d’avoir un doute. On ne peut s’empêcher de se demander si, ailleurs, ça ne pourrait pas être mieux. On est très content de ce qu’on a, hein, mais est-ce que ça ne serait pas aussi formidable, même mieux, avec une autre fille ?

 

C’est tout le danger de ce genre de réflexion. Chacun regarde ses cartes, chacun réfléchit, et se demande si le score qu’il a est suffisant ou si il vaut mieux continuer à jouer.

 

Après, chaque personne est unique et aura un seuil différent. Vous aurez des gens qui seront très contents avec 12 ou 13 et ne chercheront jamais à essayer d’améliorer leur score. Ils auront peur de perdre ce qu’ils ont construit, et de ne jamais trouver mieux (même si, selon les règles, il n’y a pratiquement aucune chance que ça arrive). Vous aurez une majorité de personnes qui essaieront de se retrouver à 17 ou 18 avant d’abandonner, et de vivre avec bonheur tout en sachant qu’il leur reste éventuellement une marge de progression, mais qu’ils sont déjà suffisamment bien pour ne pas tout gâcher. Et puis vous avez les perfectionnistes, qui même à 20 vont essayer de tirer quand même une dernière carte, de tomber sur un as, de découvrir la femme parfaite pour eux, de vivre l’amour véritable des contes de fées dans une orgie de tendresse, de sexe et d’admiration.

 

Seulement parmi tous ces gens qui rêvent de mieux, toutes ces personnes qui se demandent si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, vous allez en avoir beaucoup qui vont dépasser les 21 – et ne retrouveront jamais rien d’aussi formidable que ce qu’ils ont vécu avant.

 Hum. Voilà voilà. C’était donc la théorie du blackjack, la classe nan ?

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