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23 mai 2008
Mais dans quel monde vuit-t-on ?
Mardi (oui, je sais, j'ai du retard, mais est-ce vraiment ma faute alors que je vadrouille dans des endroits absolument improbables pendant la semaine, genre Nancy
ce mercredi, ah qu'elle est belle la place Stanislas, ah qu'il est beau le quick, fermons la parenthèse).
Mardi, donc, je reprends à zéro histoire de faire une phrase correcte, mardi j'avais rendez-vous dans une école privée ultra-power-prestigieuse, avec son collège et son lycée où il doit falloir
payer 10 000€ au moins pour y inscrire son chérubin. Le truc avec lambris et dorures dans chaque salle de classe, et professeur avec badine. La classe internationale, donc.
Je m'annonce au standard, je dois rencontrer la directrice, on me fait patienter dans la salle d'attente qui doit bien faire la taille de l'appart que je suis en train de retaper en ce moment
(merci les choupis !). Là encore, des moulures, du parquet, des statues, des tableaux, des fauteuils magnifiques.... et un gamin d'une quinzaine d'années qui attend avec moi.
Le temps passe, le temps passe... puis soudain un prof entre dans la salle avec les parents sur les talons... et le conseil de classe commence devant mes yeux.
"Bon, soyons honnêtes, votre môme, là, il est nul dans tout ce qui est sciences. 4 en maths, 7 en physique, soit il ne travaille pas, soit il a des difficultés"
"Oui mais nous on voudrait qu'il soit ingénieur"
"Ah ben oui mais non, moi je l'oriente en L là vu ses notes".
C'est beau, l'orientation en seconde. Je commence à me sentir mal donc je suggère gentiment que je peux attendre ailleurs.
Et là, le prof: "non non, vous ne nous dérangez pas"
Et là les parents: "non mais c'est pas grave hein"
Et le gamin qui me lance un regard pitoyable, genre "non seulement je me fais assassiner mais en plus ya des témoins".
Alors j'ai regardé le plafond pendant qu'on lui expliquait qu'il était nul, que le sport n'était pas la vie, qu'il allait falloir se secouer les puces, et qu'ici on ne redoublait pas, non
monsieur, donc qu'il fallait se prendre en main avec des précepteurs (oui oui, mot utilisé) pour combler ses lacunes.
Et quand la directrice est arrivé, j'ai quitté doucement la pièce et refermé la porte sur ce marmot au visage mouillé de larmes, qui aimerait bien être footballeur, mais n'est pas né dans la
bonne famille.
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Commentaires
Marie-Laure | 23 mai 2008
Oui, hum, en même temps, footballeur (et le sport en général), ça fait partie des rêves "traditionnels" de centaines de milliers de gamins, malheureusement comme il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, mieux vaut en effet assurer ses arrières. Comme disait récemment une amie prof de français à l'une de ses classes de 4ème : dans la vie, on ne peut se contenter de la tête OU des jambes, il faut les deux !
Marie-Laure | 23 mai 2008
Je précise que je réagissais par rapport à ta dernière phrase, car on est bien d'accord pour dire qu'une discussion comme celle-là n'a pas à être menée en présence de quelconques témoins.....
anyia | 23 mai 2008
Je trouve ça tellement inadmissible que les parents choisissent le futur des enfants sans même leur demander leur avis...C'est particulièrement vrai en lycée privé, mais en fait c'est aussi vrai dans le public (si, on peut survivre en lycée public, sans dorure et tout). Les parents sont tellement inquiets du futur avec le chomage tout ça, faut choisir le métier sûr et qui rapporte.t'es pas heureux? tant pis pour toi, au moins t'as de la thune.moué, pas sûre que ce soit la bonne équation...Même si c'est vrai que même si l'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue.Très cornélien, comme choix. Je regrette la candeur des années lycée et de ce gamin, honnêtement. On le casse comme si c'était un vase, il a pas le choix, c'est comme ça.
futureheal3r | 23 mai 2008
pas de bol pour lui ...Au moins j'ai pas eu à me plaindre à ce sujet avec mes parents
alatriste | 23 mai 2008
Ingénieur, avocat, médecin... oui la famille c'est bien mais c'est aussi une source d'aliénation... combien auront le courage de prendre leur vie et leurs envies en main ?"into the wild"... seule solution ?
amandine H. | 24 mai 2008
Han pas bien de ce moquer de la province et encore moins de Nancy. Oui, tu auras cmpris, je prêche pr ma paroisse^^Bref, quand je pense au pauvre jeune qui a du se sentir mal, très mal. Déjà se faire descendre, et en plus devant quelqu'un extérieur à tout ça...
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