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29 novembre 2007
Je est une enflure
Parce que je bossais.
Eh oui.
Enfin non, je ne bossais pas, j'étais en formation plus précisément. Un truc absolument passionnant et essentiel sur les fondamentaux du management, pour nous rendre plus efficaces et performants dans la gestion de nos équipes et nous permettre d'aborder sereinement cette année 2008 avec plus de cordes à l'arc de notre habileté relationnelle (sic).
Bref, une formation de trois jours, bien pipeau.
Sauf que pas du tout, au final ça s'est révélé super intéressant, car le formateur a fait exprès de nous mettre dans les situations les plus merdiques possibles - management de crise, il appelait ça. Et du coup, sous la forme de diverses saynètes, nous devions essayer de gérer les cas qui nous étaient présentés et interprétés par nos collègues. Jusque là, vous me direz, rien de bien exceptionnel.
La surprise, c'était comme je viens de le dire l'intensité des crises à résoudre. Le genre de trucs qu'on n'a pas vraiment envie de subir quand on est manager.
En vrac:
- La fille qui vient vous voir pour se plaindre de harcèlement sexuel difficile à prouver
- Le gars qui fait 50% du chiffre de votre équipe et qui veut passer à la concurrence
- Le gars qui fait 50% du chiffre et qui veut ton poste
- Le gars qui en agresse un autre physiquement dans les locaux
- Le gars qui triche sur les notes de frais ou sur ses déplacements
- Le gars qui vous provoque ouvertement en privé tout en se comportant parfaitement en public
- Le gars qu'on doit licencier
- Le gars qu'on doit licencier alors que c'est un très bon pote en dehors du boulot
- Le gars qui monte tout le cabinet contre vous en douce
Et comme c'est nous qui, chacun notre tour, interprétions ces rôles de crevards, on s'en est donnés à coeur joie pour camper les personnages les plus réalistes - et pourris - possibles. Coups bas, manipulation, entretiens marathons, compensations, chantage, négociations, mensonges, exagérations, on ne s'est rien épargné.
Au bout des trois jours, on était lessivés. Yen avait pas un seul qui tenait debout. Le pire, c'était avec le collaborateur qui avait de bons résultats et voulait renégocier son contrat. Ca a duré ni peu ni assez. J'étais en nage.
Et ça m'a rappelé qu'en fait, j'ai été de l'autre côté de la barrière. Et que je m'étais comporté encore plus atrocement.
Putain, quand j'y repense, je suis vraiment une belle enflure.
...
....
Mwahhahahahahhahahaha.
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27 novembre 2007
Observateur comme le puma (mon totem)
Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas ce chef d'oeuvre de la bande dessinée qu'est Oumpah-pah, je ne peux que soupirer et secouer la tête avec commisération (et vous
indiquer toute bonne librairie dans laquelle vous demanderez les albums, écrits par Goscinny avant Asterix avec encore plus de talent qu'il n'en a montré après, fin de la parenthèse, hop,
quoi).
Pour les autres, on va revenir au sujet de base.
Comme vous avez pu le deviner avec mon sybillin sujet du samedi (aujourd'hui, j'allitère allégrement), l'arlésiene a eu l'occasion de se faire une couleur en passant chez le coiffeur,
et elle arbore désormais de magnifiques cheveux blonds. Enfin, des mèches, quoi. J'ai jamais vraiment compris le principe, paraît que ça fait des super reflets et tout et tout.
Mais, et c'est bien là le problème, je ne remarque jamais rien. Alors je lance ce post un peu comme une bouteille à la mer, en espérant ne pas être le seul et que vous aussi, mâles
blessés dans votre fierté d'êtres sexués et supposément attentifs (à une carte routière, à la longueur d'un créneau), vous vous demandez parfois ce qui a bien pu être modifié et pourquoi une
telle question-piège alors que vous ne faisiez rien de mal.
"Alors, comment tu me trouves ?" est la question fatidique.
Evidemment, on ne va pas répondre "super moche", encore moins quand on est grave superficiel et qu'on n'apprécie les filles qu'en raison de la beauté intrinsèque qui transpire de leurs pores
dilatées (oui, et l'intelligence aussi mais ça se voit moins au sortir de la douche). Mais on se dit confusément, par un instinct de conservation hérité de nos ancêtres de l'âge de pierre que la
question est plus compliquée que ça.
Si elle demande, c'est qu'il y a quelque chose qu'elle veut qu'on remarque.
Si elle veut qu'on remarque quelque chose de bien particulier, c'est qu'elle a changé.
Si elle a changé, va falloir trouver quoi, et rapidement, sinon il va falloir se la mettre derrière l'oreille* pendant au moins une heure alors qu'on explique que oui, on l'aime et que bien sûr,
on la trouve formidable et que sans aucun doute, on est attentif, et que voilà, parfois on a des absences mais ça n'a rien à voir avec la pureté des sentiments qui battent dans notre petit coeur
fragile et inspiré.
Parfois on a quelques indices qui peuvent nous mettre sur la bonne voie. S'il y a des emballages Mango dans tous les coins, on peut se dire que ça a trait aux vêtements. Et si elle boitille
un peu, c'est peut-être qu'elle essaie de nouvelles chaussures avec 30cm de talons (mais si, vous voyez, celles qui font pas putes mais un petit peu quand même, et que c'est pour ça qu'on vous
aime avec). Et si on sait qu'elle est passée chez le coiffeur, on peut se douter que ça aura trait soit à la longueur, soit à la couleur.
Vous voyez, on ne part quand même pas désarmés dans la vie. Au fur et à mesure des relations, on apprend à roublarder, à ruser, et finalement à trouver la bonne réponse par élimination. Si ce
n'est pas les vêtements ni les cheveux, ça doit être le maquillage ou le parfum, etc.
Finalement, les couples, c'est le darwinisme dans son plus simple appareil. Survival of the fittest. Faut développer un sixième sens et un côté observateur qui frise le paranormal.
Moi ? J'ai échoué.
* J'ai essayé mais ça ne marche pas. Pas assez doté par la nature, sans doute.
26 novembre 2007
Psychopathe Panzani
Il n'y a pas d'autre mot, ce n'est plus la peine de le cacher, aujourd'hui je fais mon coming-out: je suis un vrai psychopathe.
Non, sérieusement.
Vous vous rappelez cet article sur le besoin d'efficacité ? Eh bien c'est encore
pire pour moi. Je suis en train de réaliser que je suis absolument incapable de faire quelque chose d'inefficace. Ce qui veut dire la plus grande partie des actes de la vie quotidienne. Non, il
faut obligatoirement que je l'optimise, et au final ça rend les choses bien plus compliquées que prévu.
Prenons un exemple, parce que je sens bien que je suis moyen clair, là (en même temps c'est lundi, tête dans le cul, et même pas dans celui de la BAB, c'est dire comme la journée s'annonce mal).
Imaginons que je doive passer à la Poste récupérer un recommandé.
Bon. Toute personne normalement constituée prend le recommandé, se fixe un moment pour y aller, voilà, basta, c'est fini.
Moi, non. Je vais renâcler sur le trajet que j'aurai perdu (dix minutes aller, dix minutes retour) pour simplement un pli recommandé. Je vais donc attendre d'avoir également du courrier à poster,
des timbres à acheter, un autre recommandé à prendre, et je vais timer le moment de l'intervention pile au moment où je sortirai de toute façon pour aller voir des amis ou partir manger.
Pareil pour les achats à faire à la FNAC des Champs: il y a un fast-food juste à côté, donc autant optimiser et y aller pour les deux, et c'est encore mieux si on peut enchaîner sur un métro du
soir pour aller en soirée.
Ouais, ça peut paraître amusant comme ça et je suis sûr que vous faites souvent la même chose, sauf que chez moi c'est permanent et inconscient. Ca en devient épuisant, parce que je suis sûr que
vous, lecteurs brillants et sensuels ô combien, avez déjà compris le corollaire de cette attitude: ya plein de choses que je ne vais pas faire par manque d'optimisation.
Parce que si je n'ai jamais l'occasion pendant une semaine d'aller dans la direction de la Poste, eh bien le recommandé se périmera. Et si mes pas ne m'amènent pas vers les Champs ou tout autre
Virgin/Fnac du coin, mes achats ne se feront jamais.
Du coup, cette recherche d'efficacité donne son exact inverse: un bordel innommable dans lequel rien n'est fait, tout est en retard, et les conséquences sont souvent chiantes.
La bonne nouvelle, c'est que ça me laisse plein de temps libre.
La mauvaise nouvelle, c'est que je suis un psychopathe.
24 novembre 2007
Avis à la population
A partir de maintenant, et jusqu'à nouvel ordre, l'Arlésienne bénéficie d'un nouveau surnom.
Nous parlerons désormais de la BAB.
Pour Blonde à Bottes.
Merci de votre compréhension.
22 novembre 2007
A l'est, le new veau
Bon.
Désolé pour le titre - en même temps, je ne peux pas toujours parler politique, même si je remarque que ça vous fait plus réagir que les sujets plus légers. C'est à méditer, ça, la prochaine fois que je voudrai du trafic, je reparlerai de l'équilibre des dépenses publiques ou des réformes à appliquer à l'éducation nationale. Je suis sûr que je fédérerai du monde.
En attendant, je viens de rentrer de ma tournée en voiture pourrie (aparté: n'achetez jamais une Toyota Aygo, plus jamais je monte dans cette bagnole, quand l'autoroute est en montée, elle ne dépasse pas le 90 ET JE N'EXAGERE PAS) avec mon GPS pourri. J'ai fait deux mille bornes pour servir de nounou à mes commerciaux. J'ai bravé la pluie, l'obscurité et ma concierge pour partir à 4h du mat.
Mais ça, vous vous en foutez complètement.
Ce qui va plus vous intéresser, c'est la mode à Nancy et Epinal, où le luxe se fait tapageur (si si). Au début j'ai cru à une coïncidence, mais une dizaine d'expérience ont dû finir par me rendre à l'évidence: là-bas, les filles se baladent en cuissarde.
Non, mais sérieusement. Sur la totalité de mes déplacements, je n'ai croisé que ça, la botte qui recouvre le genou (et si ça ne s'appelle pas une cuissarde mais une genouillère, je vous emmerde, j'y connais rien) et avec si possible des talons de soixante-douze centimètres attachés. Moi qui pensais avoir compris que c'était les low-boots qui étaient à la mode pour les filles, forcément, je perplexise et je demande de l'aide.
Ca se porte, ça, à Paris, ou c'est juste un truc régional, genre Gretchen flammenküchée de frais ? Ya des filles qui ont ça et qui assument de le porter ?
Parce qu'en beauf de base qui se respecte, je ne peux dire qu'une chose: j'aime.
20 novembre 2007
Au secours
Prenez cette nuit, par exemple. Demain, à 9H du matin, je suis censé accompagner un de mes commerciaux à un rendez-vous très important en Haute-Vienne. C'est sympa la Haute-Vienne, c'est bucolique et tout. Seulement c'est loin.
En temps normal, j'aurais pris un train vers 20h, je serais arrivé vers 23h, j'aurais pris un hôtel, point final. Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal. Du coup, il faut que j'y aille en voiture.
En temps normal, j'aurais utilisé ma voiture de fonction et son GPS qui voltare a destra pour arriver à bon port, j'y aurais mis cinq heures, je serais parti vers 19h, arrivé vers minuit, j'aurais pris un hôtel, crevé mais content d'être à pied d'oeuvre. Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal, et les lecteurs fidèles se rappellent de la crevaison et de la jante explosée d'il y a, houla, au moins un mois et demi.
En temps normal, je serais allé chez un concessionnaire Alfa à la con, j'aurais changé le pneu et la jante, et vogue la galère. Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal, et je n'ai pas pris la peine de m'occuper de quelque chose d'aussi accessoire que changer le pneu, alors que la galette fonctionnait parfaitement en ville. Et pour les trajets plus longs, j'avais train + taxi ou train + voiture de loc. Mais là, étrangement, non. Du coup, je ne peux pas prendre ma voiture de fonction.
En temps normal, j'aurais pris une voiture de location et j'y aurais installé mon autre GPS, le GPS portable, pour parvenir à tout de même arriver à l'endroit prévu (pour ceux qui me disent qu'une carte routière suffirait, vous ne me connaissez pas - et puis en trajet de nuit, c'est chiant). Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal et avec mon talent habituel, je me suis démerdé il y a une semaine pour casser la prise du chargeur de batterie, qui est restée coincé dans le GPS. 150€ foutus en l'air, ça vaut bien la serrure de Gauthier... Du coup, je ne peux pas prendre mon GPS de remplacement.
En temps normal, j'aurais loué une voiture avec GPS intégré, genre mercedes ou autre, et j'aurais pu faire rugir les cylindres sur l'autoroute avec la classe internationale qui me caractérise. Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal, et en raison de la grève les loueurs sont surchargés de demande. Donc sans passe-droit, pas de grosse berline.
En temps normal, j'aurais utilisé la carte gold Hertz de ma boîte pour bénéficier du passe-droit et avoir la voiture que je veux. Mais nous ne sommes bien sûr pas en temps normal. Evidemment la carte a expiré en septembre et, le croiriez-vous, je ne l'ai pas faite renouveler. Donc exit l'idée de la berline équipée.
Alors, quoi ?
Alors je viens de galérer comme un con dans Paris pour récupérer enfin une voiture potable - en taxi, puisque pas de transport - pour ensuite foncer au Virgin des Champs (merci les Champs, merci l'ouverture tardive) pour acheter un GPS dont je suis en train d'uploader les radars.
Comme ça ne sert plus à rien que je parte maintenant, j'ai mis mon réveil à 3h du matin. ET au lieu de me coucher, j'écris un article.
Je suis con, parfois.
Au secours.
19 novembre 2007
Pendus en place de grève
Il n'y a pas de raison que je sois le seul à ne pas faire café du commerce sur mon blog, merde. Alors que j'ai pourtant une opinion (bien cachée, quelque part) et les moyens de
l'exprimer (mais pas trop fort, sinon les voisins vont râler).
Donc.
La grève.
Bah en fait, c'est nul.
Voilà, je crois que ça pose quand même bien les bases. Mais comme je sens que mon image de jeune homme bien sous (ou durant) tous rapports risquerait d'en pâtir, va bien falloir que je me
développe.
Sur le principe, je n'ai rien contre les revendications des bénéficiaires des régimes spéciaux, au contraire j'aurais plutôt tendance à les soutenir. Je vois un peu partout sur internet les gens
qui se liguent contre ces fameux privilégiés de la RATP ou de la SNCF et leur boulot pépère; mais bon, si vous voulez bénéficier des mêmes conditions, pourquoi n'y travaillez-vous pas ? Je ne
suis pas convaincu que l'ouvrier de base ou le cheminot lambda ait réellement un train de vie (haha, jeu de mots, je suis trop fort) qui fasse l'admiration des gens.
Ok, il y a un régime de retraite différent, blablabla, c'est honteux. J'ai envie de dire: et alors ? Et comme je suis souvent mes envies, je vous dis donc:
Et alors ?
C'est pas comme si tout le monde était égal en France, hein. Entre les gens qui ont un CE, un treizième ou quatorzième mois, des RTT ou pas, des heures sups, de l'intéressement, de la
participation, des abondements, des tarifs préférentiels, des primes, des actions, des aménagements de temps de travail, des avantages en nature, des remboursements de frais, de la sécurité ou
non dans l'emploi... vous pensez vraiment que les gens sont tous égaux ?
C'est quand même bien français de se focaliser comme ça sur une soi-disant injustice et leur jeter la pierre sans chercher à comprendre si, réellement, ils sont si bien traités que ça. Sans
verser dans la propagande communiste, j'ai du mal à suivre les gens qui jalousent les petits avantages des gens d'en face sans même penser aux avantages énormes d'autres personnes. Désolé, mais
un manutentionnaire de la SNCF, pour moi, c'est pas vraiment un privilégié.
Et ce n'est pas tout.
Quand Bozo le Cheminot a signé pour la SNCF, il acceptait un contrat de travail avec des clauses particulières. Il signait en connaissance de cause, en ayant tenu compte du salaire, de la
progression et des éventuels avantages attachés au poste. Donc changer ainsi unilatéralement les règles, je suis désolé, même en supposant que ce soit effectivement injuste, ça reste une sodomie
à sec en bonne et due forme.
Vous réagiriez comment, vous, si on vous annonçait tout d'un coup que vous n'avez plus de RTT à partir de l'année prochaine alors que vous en comptiez sur 10 ? Ou que votre salaire perd 10% ?
C'est normal de râler quand ses conditions de travail changent, j'ai sauté à la gorge de mon boss la dernière fois qu'il a essayé de toucher à ma rémunération.
Donc voilà. Je suis du côté des régimes spéciaux, c'est simple et définitif, qu'on se le dise. A l'extrême rigueur, que les nouvelles règles s'appliquent aux nouveaux embauchés, pourquoi pas.
Mais changer les conditions des embauchés, non.
C'est là que le lecteur lambda arrête sa lecture, atterré, en se disant que putain, pour un sale bourgeois de Neuilly, le Grenouille est décidément trop besancenotiste à son goût.
Mais le lecteur non lambda (qu'on appellera Gamma car il lave plus blanc) aura pris soin de se rappeler du titre et se dira donc qu'il y a une couille quelque part dans le potage, là, juste sous
le poireau.
Et en effet, ça couille. Parce qu'après avoir pris la défense de nos braves amis de la RATP et de la SNCF, je me vois obligé de leur souhaiter une mort lente dans les flammes des turbines de
leurs engins, consumés par la non-existence de leur prime charbon. Qu'ils crèvent, ces cloportes puants sous leur carapace pestilentielle de cloportes squameux. Qu'on leur cloue la langue dans le
front avant de leur faire chanter du Cabrel. Attendez-les dans les coins sombres et défoncez-leur la gueule à coup de barre à mine et de casque de chantier.
Hum.
Non, mais sérieusement. Autant je trouve leur cause légitime, autant ils me cassent les couilles d'une force, mais alors d'une force, avec leur grève à la con ! Autant je trouve normal qu'ils se
battent, autant ils devraient arrêter de faire chier le monde sous prétexte qu'ils ont un pouvoir de nuisance.
S'ils veulent se battre, qu'ils le fassent autrement, qu'ils recueillent le soutien populaire, qu'ils fassent des actions coup-de-poing contre le gouvernement, mais qu'ils arrêtent leurs putains
de conneries. S'il y a bien quelque chose qui m'exaspère, c'est les gens qui se trompent de cible et qui paralysent un pays par leur connerie aussi profonde que la Fosse des Mariannes un jour de
pluie.
La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. C'est bien de dire qu'on est pas d'accord, mais je me demande si les grévistes ont la moindre pensée pour les millions, voire les
dizaines de millions de personnes dont ils pourrissent la vie. Et évidemment, je ne parle pas du gouvernement qui de toute façon se déplace avec l'aide de la police (ou bien en hélico), je ne
parle pas de ceux qui peuvent rester tranquillement chez eux ou qui se rendent au travail à pied.
Comme par hasard, la grève fait chier tous les gens "modestes", qui habitent dans le cas de Paris en grande couronne et qui galèrent comme des malades pour aller bosser. Ca veut dire des heures
passées dans les embouteillages ou les transports, dans le meilleur des cas. Dans le pire, c'est des jours non payés.
Je suis sûr que les gens qui rament pour le SMIC sont absolument ravis de perdre un quart de leur paie mensuelle parce qu'ils ne peuvent pas venir pendant une semaine.
Bref. Je vais arrêter là, parce que je m'énerve comme un con.
Conclusion: bande de grévistes à la con, votre cause est juste, mais changez de méthode, sans quoi je me verrai contraint de vous enfoncer un cocktail molotov dans l'anus.
Un par un.
Je prendrai le temps.
18 novembre 2007
Majorité disqualifiée
Ca, c'était la théorie. Dans la pratique, les choses ont tourné un peu différemment.
Ca a commencé avec l'endroit où organiser la soirée. Comme je le rappelais dans un de mes derniers posts, ça n'est pas forcément facile de trouver un appartement sympa sur Paris pour faire absolument n'importe quoi jusqu'à n'importe quelle heure avec n'importe qui. Généralement, un veto arrive assez rapidement et casse un peu l'ambiance. Tristesse.
Normalement, cet obstacle était contourné: Flamèche avait une amie qui prêtait l'appartement familial, en plein coeur du Marais, plein de place, des voisins pas chiants. Seulement les plans qui reposent sur l'intervention d'une autre fille ont un défaut majeur: à cette âge là, l'amitié, c'est "je t'aime bien, mais je t'aime plus, mais je t'aime bien, mais je te re-aime plus, mais demain ça ira mieux".
Bref.. Deux jours avant la date fatidique, plus de local. Tristesse bis.
Comme on est des amis formidables, on essaie donc de s'organiser en interne, et de trouver un endroit de rechange. C'est finalement Raphy qui a fait sa superstar en nous proposant son appart, merci Raphy. En même temps, elle n'a pas vraiment de soucis de voisinage vu qu'elle habite au-dessus d'un restaurant, et que les voisins du dessus sont visiblement un appartement ravioli. Tout benef pour nous. La dream team pouvait enfin commencer à fêter dignement la nubilité de la jeune fille.
C'est là que la deuxième vague d'ennuis frappe.
Vous pourrez lire plus d'infos sur le blog de Gauthier, mais en gros notre boulet préféré réussit à s'enfermer en dehors de son appartement. Pas grave, me direz-vous, si quelqu'un a un double des clés. C'est le cas, 7h48 arrive à la rescousse. Mais évidemment, il a laissé ses clés sur la porte à l'intérieur, donc rien à faire, ça ne marche pas. Intervention d'un serrurier en tarif de nuit, qui arrive et qui finit par défoncer la serrure. Notre gaugau peut réintégrer ses pénates... mais il ne peut plus en sortir, puisqu'aucune serrure. Exit le Gauthier, ce qui est quand même con vu que c'est lui qui à l'origine nous avait présenté Flamèche.
Comme une catastrophe n'arrive jamais seule, il se trouve que c'est le Gauthier qui devait amener toutes les boissons. Heureusement, avec un altruisme et une abnégation qui me surprennent moi-même, je fais un détour pour tout récupérer. On n'aura pas Gauthier, mais on aura l'alcool. C'est déjà ça.
La soirée devait commencer à 21h, il est 23h30 lorsque nous nous garons (mal) en bas de l'immeuble de Raphy. Tout va bien, tout est sous contrôle.
Ah tiens non, on a oublié les bougies. Je ressors courageusement pour aller en chercher à minuit en plein coeur de Barbès. Vous ne vous rendez pas compte de tous les sacrifices que je fais au nom de l'amitié, élevez-moi une stèle, idôlatrez-moi, je le mérite.
Bon, ya pas grand chose d'ouvert à cette heure-ci. Je vois un McDo, je me précipite, je demande s'ils ont encore les bougies des goûters d'enfants, mais la réponse est un non sans appel. Pas très serviables, les Mcdonaldeux. Heureusement, l'un d'entre eux me dirige vers un épicier qui est ouvert H24. Me voilà sauvé. Je n'ai plus qu'à espérer qu'il vende autre chose que des bougies d'Hannouka comme à la dernière tentative qu'on avait faite.
Là, si quelqu'un s'y connaît un peu en langage des rues, vous allez peut-être pouvoir m'expliquer ce que j'ai raté. Parce que je rentre dans l'épicerie, je me penche vers le mec au comptoir, je dis: "Pardon, vous avez des bougies ?" et il me répond "Ouais, 35€ le caillou".
....
Ok, donc j'ai probablement raté quelque chose, les langages évoluent, visiblement ya un code quelconque pour acheter du crack (je suppose, hein, j'extrapolationne) qui implique des bougies ? Essayez en tout cas, c'est rigolo. Encore plus marrant quand le gars se rend compte que non non, je veux bien des bougies.
Et que non non, les bougies parfumées pour les chiottes, ça marchera pas.
Au final, je trouve enfin une boîte de 20. Putain, Flamèche, heureusement que tu es jeune. Tu aurais fêté tes 25 ans, on n'y sera jamais arrivés.
Je reviens à l'appart, ladite Flamèche est déjà complètement déchirée. Avec amour et tendresse, tata 7h48 lui fout un autocollant sur le front: "déclarée officiellement majeure et bourrée". Ca, c'est fait.
La soirée continue sur fond de discussion, d'alcool et de parties endiablées de Singstar en musique de fond. J'avais toujours trouvé ce logiciel lamentable, mais faut avouer qu'une fois qu'on est bien imbibés, chanter du Kinito (faux) prend un tout autre sens. J'en profite pour dire que j'ai gagné toutes mes parties haut la main et que je vous emmerde, j'ai une super voix.
Comme les emmerdes se jettent sur nous comme la vérole sur le bas-clergé, on entend tout d'un coup un "DZING !" de mauvais aloi. Pour ceux qui ne reconnaissent pas l'onomatopée, il s'agit de verre brisé. Mais alors vraiment plein de verre, hein. Ca mériterait quasiment un DZIIIINNNGGGG.
C'est qui ? C'est quoi ? C'est Monsieur F qui s'est adossé à une fenêtre et a failli passer au travers alors que le verre a explosé. C'est ça, d'avoir le cul pointu. Ca lui apprendra à faire du sport.
On regarde tous Raphy avec inquiétude mais elle en a vu d'autres (ou alors elle est bourrée) mais elle se marre de l'incident, on colmate la brèche, on vérifie que le cul de Monsieur F n'est plus un danger pour personne, on continue la soirée, on amène le gâteau et on chante "joyeux anniversaire" sur fond de Love Today de Mika. Cacophonie de merde, vous noterez, pire que du singstar, mais c'est l'intention qui compte.
Flamèche, décalquée, arrive quand même après de nombreux efforts à ouvrir ses cadeaux, elle se prendra pour l'héroine de Titanic avec une réplique du Coeur de l'Océan, ah la la que nous avons de superbes idées. Tournée de champagne pour fêter ça. Je me rappelle un peu tard que je conduis et que ça commence à s'accumuler. Pas grave, ce sera un souci pour plus tard.
Flamèche souffle ses bougies en crachotant sur le crumble aux pommes de Titounne. 18 d'un coup, le compte est bon, son voeu sera réalisé. En même temps foirer le soufflage avant ses 30 ans, c'est quand même mauvais signe pulmonairement parlant, je dis ça je dis rien.
C'est là que la copine polonaise de Monsieur F nous fait découvrir une coutume sympathique comme tout: aux 18 ans d'une fille, sa famille la fouette 18 fois pour lui démontrer le poids symbolique qu'elle a pu faire peser sur sa famille, tout ça tout ça. Bon, évidemment on a repris ça à notre compte, et j'ai généreusement prêté ma ceinture pour qu'on puisse officier. Flamèche a donc 18 ans, toutes ses dents, et mal au cul.
La soirée continue, tout le monde braille et gueule dans tous les sens, je finis par prendre congé pour rejoindre l'Arlésienne qui encore une fois a brillamment arlésianné la soirée en se faisant porter pâle. Message personnel: un jour tu y passeras, faut t'y faire !
Trois heures du matin, des au revoir touchants à tout le monde, quelques-uns prévoyaient déjà un after dans le marais, mais l'heure tourne vraiment. Bisous à tous, je cherche Flamèche pour lui souhaiter une dernière fois son anniversaire.
Elle est sur le lit de Raphy, elle a vomi par tout, elle est en train de s'endormir.
C'est beau, l'adolescence.
17 novembre 2007
Fat Lux
Hum.
En même temps, il faut parfois savoir faire preuve également d'objectivité et reconnaître que parfois, quand on vit quelque chose de sympa, faut le partager pour rajouter du piment. Et ce vendredi, j'ai vraiment envie de vous en parler.
Sur le principe, c'était déjà pas mal: un de mes plus gros prospects, à savoir une entreprise bien connue d'informatique au chiffre d'affaires équivalent à celui d'un petit pays, m'invitait avec mon PDG pour leur faire une présentation dans un palace à Monaco.
Bon. Monaco, moi, je ne connais pas. La côte d'azur, jamais mis les pieds. Donc forcément, je suis excité comme une puce (ça bande, les puces ?) pendant toute la semaine qui précède le voyage. Comme je n'ai pas vraiment le temps de m'occuper des détails, je délègue un peu, et j'apprends finalement que nous partirons en avion le vendredi à midi pour atterrir à Nice. Pour le reste, rien n'avait été fait/
Et du coup, le vendredi matin, j'ai pu assouvir toutes mes pulsions, j'ai pu me la jouer Jack Bauer en pleine crise à CTU (mais non je ne spoile pas, Aure) à gueuler dans tous les sens et faire courir les gens à gauche et à droite pour régler tous les détails. Putain, c'est bon d'être pour quelques heures le centre de l'attention de toute une boîte. Et vas-y que je t'envoie le marketing imprimer et agrafer les présentations. Et vas-y que le service informatique installe en urgence une téléconférence sur le portable. Et que les commerciaux se bousculent pour fournir des références. Et que mon assistante appelle frénétiquement les sociétés de taxi pour planifier le voyage à la minute près. En même temps, j'étais moi-même super occupé pendant ce temps puisque je lisais les réponses aux commentaires du blog.
Rha, lovely. Le pouvoir absolu, ça a son charme. Quand je serai grand, je serai dictateur.
Bref, en raison du timing qui se resserre, on booke finalement un vol en hélicoptère à partir de l'aéroport. Et comme ce fameux timing continue à se réduire, on s'arrange, on négocie, on cajole, et on obtient de l'hélico qu'il se pose directement sur le tarmac (c'est comme ça que ça s'appelle ?) de l'hôtel. On appelle l'hôtel qui valide, rha lovely bis, on va se la jouer super VIP.
Bon, je ne donnerai pas le nom de l'hôtel pour éviter les recoupements à la con mais putain, Monaco c'est impressionnant. Je ne connaissais pas du tout, quand on voit la gueule du palace, on se sent bien peu de choses. La ville a l'air morte, déprimante, et je ne sais pas qui peut avoir envie d'y habiter, mais pour visiter ou passer quelques jours de vacances ça doit être énorme.
On rentre dans l'hélicoptère, c'est la première fois pour moi, les pales se mettent à tourner, le bruit devient assourdissant, on nous donne des protège-oreilles. Dans un bruit de succion, l'hélico s'arrache au sol et commence à survoler la mer. C'est beau, c'est grand, c'est bleu. Là encore, je me sens comme dans un épisode de 24 (quoi, je suis intoxiqué ? j'ai une excuse, vingt épisodes en quatre jours). J'attends presque le communiqué de CTU à travers le comlink.
On quitte la mer, on survole désormais Monaco, on se pose sur le grand H comme Hélico. C'est hénôrme. On descend avec mon PDG, on se fait accueillir comme des demi-dieux, la vie est formidable. La moquette est tellement épaisse qu'on n'entend aucun bruit lorsque les gens marchent. La salle de conférence fait cinq fois la taille de mon appart. Des cadres dynamiques mais pas très jeunes s'entassent pour suivre notre présentation. J'ai les mains moites. Il y a une bouteille de champagne sur la table, on nous propose une flûte pour nous mettre dans l'ambiance.
Je déroule la présentation, vingt minutes se passent, puis une heure, les questions fusent. Je vois mon PDG hocher la tête d'un air approbateur. Dix-neuf heures: le contrat est triplement paraphé. C'est gagné. C'est que du bonheur.
On descend au bar. Toute l'adrénaline a disparu, je suis lessivé. Mon boss commande une bouteille de champagne pour marquer le coup. Je regarde la carte: 380 €. Putain de bordel de merde, ça coute cher d'être riche. Accessoirement, le verre de jus d'orange est à 9€.
On finit la bouteille de champ' à deux, ça pétille, c'est très bon, on reprend l'hélico puis l'avion.
Minuit: je retrouve mon 35m² en bordel et ma petite vie. Ca fait bizarre de toucher le luxe du doigt pendant un instant.
Un jour, je serai riche (ou pas).
15 novembre 2007
Paris brûle-t-il ?
Je ne pourrais pas concevoir de vivre ailleurs qu'à Paris. Pas maintenant, en tout cas. Mais ça ne m'empêche pas de voir les défauts de cette ville, et là par exemple j'ai un peu envie de râler.
Paris, ça veut dire des appartements raisonnablement petits, et surtout en copropriété. On a beau croire, comme ça, mais en fait non, ya peu de maisons dans la capitale. Ou alors c'est des hôtels particuliers, et ça vaut cher. J'ai beau faire des efforts, je peux pas encore acheter ça, je vais d'abord me concentrer sur la rénovation de mon truc, là.
Bref.
Dans la bande à neuneus habituelle, nous sommes une dizaine. Nous gagnons tous entre correctement et très bien notre vie. Nous avons tous, sauf exception notable, entre 25 et 30 ans. Nous sommes de grandes personnes, avec l'âge qu'avaient nos parents quand ils nous ont conçus, qu'ils étaient déjà mariés avec des crédits sur le dos et tout et tout.
Eh bien, parmi cette dizaine que nous sommes, il n'y a pas UNE PERSONNE pour avoir la possibilité d'héberger des soirées décentes sans en avoir d'autres - de descentes.
Je ne blâme pas (totalement) ceux qui appellent les flics, il faut avouer qu'on fait parfois du bruit. Même lorsqu'on reste à peu près silencieux, dix personnes dans des studios ou des deux pièces, ça ne peut que déranger les gens du dessous. Même si parfois ils exagèrent, comme ceux qui ont taggé la porte de Gauthier pendant sa pendaison de crémaillère, et avant minuit en plus. Un samedi soir. Welcome to the neighbourhood.
Bref bis.
C'est quand même hallucinant qu'on ait à se creuser la tête ou à tirer à la courte paille à chaque fois qu'on veut se faire une soirée un peu arrosée. Comment font les autres ? Ne me dites pas que nous sommes les seuls à faire autre chose qu'un scrabble après minuit ? Je n'ai pas l'impression que nos soirées soient tellement plus animées que la moyenne (bon, d'accord, un peu, mais quand même).
Entre ceux qui ont un appartement dans la lointaine banlieue, ceux qui ont 15m² tout compris et ceux qui ont des voisins chiants, on est à court d'options.
Avis donc à la population: la prochaine soirée, ce sera verveine-tisane devant la Starac, et tout le monde part pour 23h, une fois les gagnants sélectionnés.