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17 novembre 2007
Fat Lux
Vous me connaissez, poli, respectueux, sage et surtout modeste. Jamais un mot plus haut que l'autre, en tout cas aucune propension à me vanter. J'ai beau mener une vie de ouf-malade
et cotoyer tous les jours les beautiful powerful colorful incredibleful people, j'ai su rester simple.
Hum.
En même temps, il faut parfois savoir faire preuve également d'objectivité et reconnaître que parfois, quand on vit quelque chose de sympa, faut le partager pour rajouter du piment. Et ce vendredi, j'ai vraiment envie de vous en parler.
Sur le principe, c'était déjà pas mal: un de mes plus gros prospects, à savoir une entreprise bien connue d'informatique au chiffre d'affaires équivalent à celui d'un petit pays, m'invitait avec mon PDG pour leur faire une présentation dans un palace à Monaco.
Bon. Monaco, moi, je ne connais pas. La côte d'azur, jamais mis les pieds. Donc forcément, je suis excité comme une puce (ça bande, les puces ?) pendant toute la semaine qui précède le voyage. Comme je n'ai pas vraiment le temps de m'occuper des détails, je délègue un peu, et j'apprends finalement que nous partirons en avion le vendredi à midi pour atterrir à Nice. Pour le reste, rien n'avait été fait/
Et du coup, le vendredi matin, j'ai pu assouvir toutes mes pulsions, j'ai pu me la jouer Jack Bauer en pleine crise à CTU (mais non je ne spoile pas, Aure) à gueuler dans tous les sens et faire courir les gens à gauche et à droite pour régler tous les détails. Putain, c'est bon d'être pour quelques heures le centre de l'attention de toute une boîte. Et vas-y que je t'envoie le marketing imprimer et agrafer les présentations. Et vas-y que le service informatique installe en urgence une téléconférence sur le portable. Et que les commerciaux se bousculent pour fournir des références. Et que mon assistante appelle frénétiquement les sociétés de taxi pour planifier le voyage à la minute près. En même temps, j'étais moi-même super occupé pendant ce temps puisque je lisais les réponses aux commentaires du blog.
Rha, lovely. Le pouvoir absolu, ça a son charme. Quand je serai grand, je serai dictateur.
Bref, en raison du timing qui se resserre, on booke finalement un vol en hélicoptère à partir de l'aéroport. Et comme ce fameux timing continue à se réduire, on s'arrange, on négocie, on cajole, et on obtient de l'hélico qu'il se pose directement sur le tarmac (c'est comme ça que ça s'appelle ?) de l'hôtel. On appelle l'hôtel qui valide, rha lovely bis, on va se la jouer super VIP.
Bon, je ne donnerai pas le nom de l'hôtel pour éviter les recoupements à la con mais putain, Monaco c'est impressionnant. Je ne connaissais pas du tout, quand on voit la gueule du palace, on se sent bien peu de choses. La ville a l'air morte, déprimante, et je ne sais pas qui peut avoir envie d'y habiter, mais pour visiter ou passer quelques jours de vacances ça doit être énorme.
On rentre dans l'hélicoptère, c'est la première fois pour moi, les pales se mettent à tourner, le bruit devient assourdissant, on nous donne des protège-oreilles. Dans un bruit de succion, l'hélico s'arrache au sol et commence à survoler la mer. C'est beau, c'est grand, c'est bleu. Là encore, je me sens comme dans un épisode de 24 (quoi, je suis intoxiqué ? j'ai une excuse, vingt épisodes en quatre jours). J'attends presque le communiqué de CTU à travers le comlink.
On quitte la mer, on survole désormais Monaco, on se pose sur le grand H comme Hélico. C'est hénôrme. On descend avec mon PDG, on se fait accueillir comme des demi-dieux, la vie est formidable. La moquette est tellement épaisse qu'on n'entend aucun bruit lorsque les gens marchent. La salle de conférence fait cinq fois la taille de mon appart. Des cadres dynamiques mais pas très jeunes s'entassent pour suivre notre présentation. J'ai les mains moites. Il y a une bouteille de champagne sur la table, on nous propose une flûte pour nous mettre dans l'ambiance.
Je déroule la présentation, vingt minutes se passent, puis une heure, les questions fusent. Je vois mon PDG hocher la tête d'un air approbateur. Dix-neuf heures: le contrat est triplement paraphé. C'est gagné. C'est que du bonheur.
On descend au bar. Toute l'adrénaline a disparu, je suis lessivé. Mon boss commande une bouteille de champagne pour marquer le coup. Je regarde la carte: 380 €. Putain de bordel de merde, ça coute cher d'être riche. Accessoirement, le verre de jus d'orange est à 9€.
On finit la bouteille de champ' à deux, ça pétille, c'est très bon, on reprend l'hélico puis l'avion.
Minuit: je retrouve mon 35m² en bordel et ma petite vie. Ca fait bizarre de toucher le luxe du doigt pendant un instant.
Un jour, je serai riche (ou pas).
Hum.
En même temps, il faut parfois savoir faire preuve également d'objectivité et reconnaître que parfois, quand on vit quelque chose de sympa, faut le partager pour rajouter du piment. Et ce vendredi, j'ai vraiment envie de vous en parler.
Sur le principe, c'était déjà pas mal: un de mes plus gros prospects, à savoir une entreprise bien connue d'informatique au chiffre d'affaires équivalent à celui d'un petit pays, m'invitait avec mon PDG pour leur faire une présentation dans un palace à Monaco.
Bon. Monaco, moi, je ne connais pas. La côte d'azur, jamais mis les pieds. Donc forcément, je suis excité comme une puce (ça bande, les puces ?) pendant toute la semaine qui précède le voyage. Comme je n'ai pas vraiment le temps de m'occuper des détails, je délègue un peu, et j'apprends finalement que nous partirons en avion le vendredi à midi pour atterrir à Nice. Pour le reste, rien n'avait été fait/
Et du coup, le vendredi matin, j'ai pu assouvir toutes mes pulsions, j'ai pu me la jouer Jack Bauer en pleine crise à CTU (mais non je ne spoile pas, Aure) à gueuler dans tous les sens et faire courir les gens à gauche et à droite pour régler tous les détails. Putain, c'est bon d'être pour quelques heures le centre de l'attention de toute une boîte. Et vas-y que je t'envoie le marketing imprimer et agrafer les présentations. Et vas-y que le service informatique installe en urgence une téléconférence sur le portable. Et que les commerciaux se bousculent pour fournir des références. Et que mon assistante appelle frénétiquement les sociétés de taxi pour planifier le voyage à la minute près. En même temps, j'étais moi-même super occupé pendant ce temps puisque je lisais les réponses aux commentaires du blog.
Rha, lovely. Le pouvoir absolu, ça a son charme. Quand je serai grand, je serai dictateur.
Bref, en raison du timing qui se resserre, on booke finalement un vol en hélicoptère à partir de l'aéroport. Et comme ce fameux timing continue à se réduire, on s'arrange, on négocie, on cajole, et on obtient de l'hélico qu'il se pose directement sur le tarmac (c'est comme ça que ça s'appelle ?) de l'hôtel. On appelle l'hôtel qui valide, rha lovely bis, on va se la jouer super VIP.
Bon, je ne donnerai pas le nom de l'hôtel pour éviter les recoupements à la con mais putain, Monaco c'est impressionnant. Je ne connaissais pas du tout, quand on voit la gueule du palace, on se sent bien peu de choses. La ville a l'air morte, déprimante, et je ne sais pas qui peut avoir envie d'y habiter, mais pour visiter ou passer quelques jours de vacances ça doit être énorme.
On rentre dans l'hélicoptère, c'est la première fois pour moi, les pales se mettent à tourner, le bruit devient assourdissant, on nous donne des protège-oreilles. Dans un bruit de succion, l'hélico s'arrache au sol et commence à survoler la mer. C'est beau, c'est grand, c'est bleu. Là encore, je me sens comme dans un épisode de 24 (quoi, je suis intoxiqué ? j'ai une excuse, vingt épisodes en quatre jours). J'attends presque le communiqué de CTU à travers le comlink.
On quitte la mer, on survole désormais Monaco, on se pose sur le grand H comme Hélico. C'est hénôrme. On descend avec mon PDG, on se fait accueillir comme des demi-dieux, la vie est formidable. La moquette est tellement épaisse qu'on n'entend aucun bruit lorsque les gens marchent. La salle de conférence fait cinq fois la taille de mon appart. Des cadres dynamiques mais pas très jeunes s'entassent pour suivre notre présentation. J'ai les mains moites. Il y a une bouteille de champagne sur la table, on nous propose une flûte pour nous mettre dans l'ambiance.
Je déroule la présentation, vingt minutes se passent, puis une heure, les questions fusent. Je vois mon PDG hocher la tête d'un air approbateur. Dix-neuf heures: le contrat est triplement paraphé. C'est gagné. C'est que du bonheur.
On descend au bar. Toute l'adrénaline a disparu, je suis lessivé. Mon boss commande une bouteille de champagne pour marquer le coup. Je regarde la carte: 380 €. Putain de bordel de merde, ça coute cher d'être riche. Accessoirement, le verre de jus d'orange est à 9€.
On finit la bouteille de champ' à deux, ça pétille, c'est très bon, on reprend l'hélico puis l'avion.
Minuit: je retrouve mon 35m² en bordel et ma petite vie. Ca fait bizarre de toucher le luxe du doigt pendant un instant.
Un jour, je serai riche (ou pas).
15:00 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
TzA | 17 novembre 2007
Zut aucun rapport avec l'agence Fiat Luxe...
Emi | 17 novembre 2007
Wa un hélicoptère - mer - Monaco... re-wow! Tu te la joues Jack Bauer en effet. J'avoue je n'ai pas encore succombé à son charme; une série sur un pseudo Bruce Willis qui sauve le monde et même quand il meurt il est pas mort... mouais.c'est ça ton excuse pour avoir snobé la wi-filles?
Grenouille | 17 novembre 2007
Mon excuse, c'est que je ne suis pas une fille, ça me paraissait pas mal comme raison ^^
violette | 17 novembre 2007
Ben Grenouille, la vérité, tu fais un peu pitié hein ?Ne jamais montrer au lecteur qu'on est pauvre et qu'on est pas habitué au luxe !
funnyface | 17 novembre 2007
Ah cotoyer le luxe!Moi zossi ça m'est arrivé... Voui voui à Monaco il y a 15 ans, une limousine princière a failli m'écraser! Un grand moment... jamais été aussi proche d'une altesse royale depuis.
Emi | 17 novembre 2007
roo si tu parles de ce léger détail oui.En fait personne t'a invité^^
Lili | 18 novembre 2007
Ton article precedent me fait sacrement penser a la chanson des Wriiggles "Les voisins":D (http://www.youtube.com/watch?v=Xig9qA6Scik) Y'a la p'tite vieille du rez de chaussée et son p'tit chien méchant Y'a la danseuse et son petit cul qui rentrent tard la nuit Y'a le père de famille divorcé qui m'parle de ses enfants Et y'a les voisins du d'ssus... qui font du bruit J'vais pas donner des coups de balai sur mon plafond J'vais pas m'mettre à gueuler comme un pauv' con J'en parlerai pas au Syndic, et j'appellerai jamais les flics J'continue d'croire qu'il me suffit de rester poli, pour être compris
Blanche | 18 novembre 2007
Vous avez consommé à deux, le PIB annuel du Bénin, mais bon...Moi j'adore l'atterrissage sur Nice, mais t'étais peut être pas près du hublot ?? Ou alors t'es si blasé, que tu l'as fait à l'esbrouffe !
E. | 18 novembre 2007
Pinaise, je suis pauvre et j'ai un plus grand appart que toi...pour moi c'est ça la grande révélation de cet article! :)
Endy | 19 novembre 2007
J'ai mal à l'effet de serre avec tous ces avions/hélicos et ce luxe dispendieux et inutile...C'est terrible le luxe, même quand on trouve ça futile au départ, parce que quand on y touche, on a envie d'y retoucher... Quoique des fois me luxe est accompagné de mauvais goût et ça, ça aide à s'en passer :-)
MM <IMG SRC="http://accel5.fdata.over-blog.com/smiley/smiley_0049.gif"> | 20 novembre 2007
Vu comme ca, ca semble génial, Biz
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