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29 septembre 2007
Oh, un nouveau range-CD
On dira les choses comme on voudra, en faisant ou non la pub pour Ikea, le fait est là: je n'ai absolument aucune mémoire à court terme.
Pourquoi je parle de court terme ? Parce qu'une fois que quelque chose est engrangé, il est là, indestructible, inoubliable, au fond de mon esprit. Vous voyez de quoi je veux parler, le truc
complètement inutile, qui ne vous servira jamais à rien, mais que vous SAVEZ ("oui, je connais par coeur les paroles et le rythme des chansons de Thiefaine, ça t'étonne ?").
Dans le genre, je connais par coeur des paroles de chanson évidemment, mais aussi des phrases de bouquin lus voici des années, des points de règle sur tous les jeux que j'ai pu faire, des numéros
de téléphone de personnes que je ne reverrai sans doute jamais. Et à côté de ça, c'est le gouffre. Mais quand je dis le gouffre, dites-vous bien que Padirac à côté, c'est de la rigolade. C'est
tellement douillet comme grotte que des indigènes ont certainement déjà lascauxisé l'intérieur et installé l'électricité.
Vous ne me croyez pas ? Quelques exemples au hasard.
Il y a deux-trois jours, on me contacte sur facebook. "Coucou" me dit-on, "tu te souviens de moi ?". Réponse: non. Absolument pas. Mais alors vraiment pas, hein. Du coup je crois que j'ai vexé
quelqu'un car depuis elle ne me parle plus.
Il y a trois semaines, je reçois un texto "ça tient toujours pour m'héberger en octobre ?". Euh, plaît-il ? Où suis-je ? Qui me parle ? Je rappelle, penaud, pour essayer de comprendre de qui il
s'agit. La voix, le nom ne me disent rien. Il paraît que c'est quelqu'un qui lit le blog et avec qui j'ai discuté il y a un moment sur msn. Ah bon ? No souvenir. Pourtant, j'ai laissé mon numéro
donc c'était sûrement formidable et intense. Mais là non.
Avant-hier, c'était l'anniversaire de ma mère à moi que j'ai, que j'en ai une seule, donc que j'y tiens quand même un peu. Bah heureusement que ma soeur que j'ai (que j'en ai une seule, donc que
j'y tiens quand même un peu) m'a envoyé un message pour me rappeler que ce serait une bonne idée de me manifester, parce qu'évidemment j'avais complètement zappé.
Il y a un mois, je reçois un coup de fil d'un ami (enfin, d'une connaissance plutôt). Il est samedi, on est 23h, je me rends en soirée; il me demande ce que je fous, je lui réponds plait-il, il
me rappelle que j'avais confirmé voici deux semaines ma présence à son anniversaire et qu'il m'attend donc. Oh.
Et c'est tout le temps comme ça.
Mes amis, qui me connaissent bien et arrivent à me supporter, en ont à peu près pris leur parti. Lorsqu'ils organisent quelque chose un peu tôt, ils n'oublient pas de m'envoyer un
texto pour confirmer une journée à l'avance, puis une heure à l'avance. Ca donne d'ailleurs des moments un peu vexants, où on est sur le chemin de la soirée et qu'on reçoit huit fois de suite
"alors, t'es en route ?" de huit personnes différentes.
Même lorsque c'est super planifié, comme l'anniversaire où je suis allé la semaine dernière, ça peut partir en couilles. Genre là, on m'avait tellement confirmé qu'il fallait que je vienne que
j'avais merdé dans la date et que je croyais que c'était deux semaines plus tôt. J'avais bloqué mon samedi pour rien. Beuh.
Bref. Je n'ai pas de mémoire, je crois que je vais arrêter de vous donner des exemples au risque de commencer à radoter en oubliant ceux que j'ai écrits au début de l'article. Parce que ça aussi,
c'est un risque. Surtout avec le blog. Entre les gens qui le lisent et ceux que je croise, il y a toujours une chance sur deux que l'anecdote que je raconte soit déjà connue. C'est un peu la
lose.
A une époque, j'avais trouvé une solution simple et élégante. J'avais une kyrieleve de poche comme mémoire externe. A l'inverse de moi, il semblerait qu'elle ait des souvenirs très précis.
C'était pratique, il suffisait d'appeler le vendredi dans la journée en demandant le planning du week-end et elle répondait "bah écoute Grenouille ce soir on va à la soirée chez Gauthier, samedi
après-midi t'as un truc avec tes potes je crois, samedi soir c'est le truc en banlieue, dimanche tu te reposes mais le soir t'as le Trevise".
Ouais, j'avoue, c'est sympa. Mais les meilleures choses ont une fin, j'ai tout cassé ma mémoire externe à force de la solliciter, et maintenant faut que je compose sans filet.
En même temps, l'avantage, c'est que la vie offre 'achement plus de sources d'émerveillement quand on découvre les choses plusieurs fois.
"Oh, un nouveau range-CD".
28 septembre 2007
T'es ok, t'es bath
Du coup je n'ai retenu aucune suggestion.
Pas pour tout de suite, en tout cas. Vous inquiétez pas, je garde ça sous le coude pour la prochaine panne d'inspiration: la suite du manuel, la présentation de l'arlésienne, les nouvelles pratiques sexuelles, plein de trucs passionnants. Mais là, j'ai trouvé beaucoup mieux.
Devant vos petits yeux ébaubis, je vais vous parler baignoire.
Dans mon appartement, très bien rangé, magnifiquement agencé, superbement meublé, j'ai aussi une baignoire. Ce qui est un luxe, sur Paris.
C'est d'autant plus un luxe qu'elle est raisonnablement grande et qu'elle permet donc éventuellement d'y rentrer à deux si on se serre un peu. Bon, généralement, quand on prend un bain avec quelqu'un, c'est qu'on n'a rien contre se serrer, mais je préfère juste prévenir au cas où si vous voulez essayer avec une personne avec qui vous avez peu d'affinités, comme votre contrôleur des impôts ou le président du syndic, celui qui hurle
Bref.
Il y a une grande constante dans les couples, c'est de prendre au moins une fois une douche à deux. La sensualité de l'eau chaude, les lèvres qui se mélangent sous la transpiration, la chaleur qui monte, les corps qui fusionnent, les mains qui s'égarent, généralement on ne finit pas forcément plus propres qu'on a commencé, mais au moins on s'est bien amusés. Sauf si on n'a pas d'eau chaude collective et que la température chute brutalement, ce qui a tendance à faire chuter d'autres choses, tout aussi brutalement.
Les bains, c'est différent. C'est censé être calme et relaxant, un espace de paix et d'harmonie entouré de bulles pour raconter sa journée et parler tranquillement dans une atmosphère feng shui, l'impression de flotter avec les corps pressés l'un contre l'autre, seuls contre le monde qui nous entoure, tout ça tout ça.
Bon. Ca, c'est la théorie.
En pratique, ça marche comment ? Déjà, vous vous rendez compte que vous n'avez pas de mousse, ce qui est gênant pour un bain moussant. Si vous avez de la chance, votre copine a tout prévu. C'est elle qui est censée se charger des trucs féminins, en même temps. Elle vous amène donc des trucs over-girly, genre de l'essence de romarin à la papaye goyavisée, ou de la cerise arômatisée à la pomme-banane. On se demande un peu d'où ça sort.
Comme vous êtes quelqu'un de confiant, vous versez tout ça dans le bain, et vous attendez les bulles.Sauf que, comme c'est un échantillon qui doit dater de Mathusalem, ça marche moyen. On peut même dire que ça ne marche pas du tout. Niveau odeur, ya pas de souci, ça sent bien la pomme-banane-papaye-goyave. Mais niveau bulles, on attend toujours.
Pas grave, ce n'est pas l'essentiel. Il est maintenant temps de pénétrer dans le bain. C'est là que les choses se compliquent. Lorsqu'on est tous les deux grands, ça laisse moyennement de la place pour l'eau et encore plus moyennement pour les deux personnes qui normalement devraient chercher à se détendre mais là essaient surtout de trouver une position confortable.
Comme vous êtes quelqu'un de galant (en plus d'être formidable), vous laissez la place confortable à votre copine et vous vous retrouvez contre le robinet qui vous rentre dans le dos. Vous avez une pensée émue pour les souffrances indicibles que vous subirez demain, et vous vous consolez en vous disant que vous avez placé le mot indicible dans un compte-rendu de blog.
Au bout d'un moment, vous réalisez que ce serait vraiment plus pratique si vous étiez tous les deux dans la même direction. C'est quand même plus sympa. Elle a l'esprit pratique, votre copine. Bon point. Mais bon, reste à mettre en application cette brilante idée avec une souplesse digne d'un poulpe nain unitentaculiste. On se lève, on se casse à moitié la gueule, ça glisse, il fait froid, vite se retrouver dans l'eau, on se casse la gueule, pas grave, pas de blessure ouverte, c'est déjà ça.
Quand on est enfin calés, reste le problème de la température de l'eau. Avec toutes nos conneries, ça a tiédi. On va donc se servir du pommeau de douche pour rajouter de l'eau chaude avec parcimonie. Le mot clé étant évidemment parcimonie. La fille hurle, le mec râle, les deux souffrent, on finit par trouver le juste milieu.
Il n'y a plus de bulles, mais l'eau est enfin bonne. Les corps sont pressés l'un contre l'autre, et il y a une odeur de romarin dans l'air (ou un autre truc aussi pervers). Pas un bruit, juste le clapotis des vagues à chaque fois qu'une main change de position.
Et on nous dit que les bains sont relaxants.
27 septembre 2007
Exercice de Style
J'ai pas trop d'idées et je n'ai pas le temps, là, maintenant, tout de suite, parce que je dois filer en urgence à Blois pour donner un coup de main à un de mes commerciaux qui se démerde comme un manche (mais un manche pas trop incompétent quand même, faut pas déconner).
Du coup, comme j'ai jamais encore fait le paresseux sur ce blog et que vous aimez bien le panem et le circoncis, je vous laisse la main. Dites-moi quel sujet vous voudriez que j'aborde dans le prochain post.
Je me rappelle que la dernière fois, j'avais été contraint par des posteurs un peu cruels à parler de Kumqwat (orthographe non contractuelle). J'ai un peu honte. J'ai beaucoup souffert.
Donc là, soyez sympas, trouvez moi des sujets agréables. Promis, je les traiterai avec dignité. Ou pas.
25 septembre 2007
L'Apple du 18 juin
Mais en même temps, je suis tellement content d'avoir récupéré un over-blog qui marche à peu près suite à toutes les manipulations qu'ils viennent de nous faire ces derniers jours, on mettra donc ça sur le compte de l'émotion.
Et puis aujourd''hui, je buzz. Je buzz même par anticipation, puisque je vous parle d'un événement auquel je n'ai même pas encore assisté. C'est dire à quel point je buzz bien (sauf que je ne sais même pas où a lieu l'événement ni même quand, putain, et ma mémoire externe qui faut grève, je suis pas aidé tiens).
Enfin je sais quand même que c'est l'Apple Expo et qu'on m'a envoyé un Pass Press.
Et là vous me demandez: mais pourquoi ? Tu t'es vendu au Grand Capital en échange d'un nettoyage de ton appart ? Ca y est, tes notes sont motivées par l'appât du gain ?
J'ai un peu envie de répondre oui, mais en fait là non. C'est juste que ces boulets* de Rumeur Publique viennent de me faire parvenir mon pass, et qu'évidemment ils y ont fait apparaître le nom de mon blog, pour bien m'identifier.
Ils auraient pu mettre "blogger", j'aurais assumé avec morgue.
Ils auraient pu mettre "Grenouille Bleue" et j'aurais essayé de garder ma dignité en souriant nerveusement devant les mères de famille ébaubies.
Mais non, le destin** en a destiné autrement. Et je pense que je vais donc raser les murs, parce que je ne sais pas trop comment je vais pouvoir assumer de porter ça.

Bon, pour ceux qui connaissent mon nom de famille, c'est encore plus lamentable.
Mais je serai bien là. Rien que pour dire que la honte, c'est comme le calice, ça se boit jusqu'à l'hallali.
* Mais non, Cé, je t'aime, reviens.
** Il a bon dos le destin en même temps
23 septembre 2007
You've got two empty halves of coconut and you're bangin' 'em together !
Non, parce que c'est vrai, au bout d'un moment on commence à atteindre ses limites. Selon les gens, vous allez en avoir qui se défoncent au boulot et qui se reposent le soir - et d'autres qui se reposent pendant la semaine pour se déchirer le week-end.
Globalement, je fais plutôt partie de la deuxième catégorie.
Seulement voilà, quand on est dans un équilibre de sommeil précaire comme ça, suffit d'un peu d'imprévu pour que tout parte en couille. La fameuse crevaison sur l'autoroute, par exemple, ou bien une autre nuit blanche dans la semaine qui a un peu compliqué les choses. Du coup, vendredi, j'étais un zombie au boulot - et je ne rêvais que d'une chose, retrouver la fraîcheur de mes draps, lavés avec amour dans ma nouvelle machine à laver à moi que j'ai - et avec assouplissant, s'il vous plaît.
Mais bon, même les meilleures résolutions peuvent partir en couilles. Par exemple lorsque vous avez un Gauthier qui obtient enfin, après un an de recherche, le poste de ses rêves, et qui veut légitimement fêter ça au champagne pour montrer que maintenant, power, desire, ça va chier, c'est lui que v'la.
Moi je l'aime bien le Gauthier. Et le champagne aussi, forcément. Alors quand on me place devant un tel dilemme, je ne peux que secouer ma fatigue, jeter un regard navré à mon lit, et passer sous la douche pour essayer d'ouvrir les yeux à travers l'eau brûlante et l'Axe Réveil Difficile Pour Lequel Je Fais De La Pub Alors Que Je Suis Meme Pas Payé Pöur Que Ca En Est Honteux.
Bon, il y a un niveau d'épuisement à partir duquel même l'eau chaude ne fait pas grand chose - m'enfin je m'habille vaillamment et je titube vers le métro pour rejoindre les neuneus habituels. Après tout, il y a un canapé confortable chez le Gauthier, je suis bien placé pour le savoir, c'est moi qui l'ai défoncé dans un moment d'ébriété regrettable. Donc je me roulerai en boule dans un coin avec ma flûte dans la main, je porterai le toast qui va bien au moment qui va bien, et je dissimulerai mes ronflements du mieux que je pourrai.
Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Il est 23h quand j'arrive, complètement ravagé. Il est 1h quand tout le monde décide d'évacuer pour continuer dans un bar. L'horaire de merde, juste ce qu'il faut pour ne plus avoir de métro. J'ai du mal à garder les yeux ouverts mais je suis vaillament. Dans un effort pour récupérer un peu d'énergie, je m'enfile un kebab mais non, ça ne suffira pas.
Trois heures du mat, je ne tiens plus. Les taxis sont tous blindés. Les vélibs ne vont pas jusqu'à Neuilly, et de toute façon je n'ai pas l'énergie de pédaler sur vingt bornes. Putain, on m'y reprendra à fêter les nouveaux jobs et tout et tout, alors que je pourrais être en train de serrer contre mon coeur un super oreiller plein de soupline (ou pas).
Reste la solution ultime des nuits de lose: le noctambus. Parce que direction Neuilly, faut savoir que c'est toutes les dix minutes. Ouais, c'est dégueulasse mais c'est comme ça, il y en a plus fréquemment que partout ailleurs. Comme quoi les riches ont tous les droits. Viva la revoluzion, blabla, en attendant j'en profite. J'en chope un et je monte à bord.
Et c'est là que vous allez enfin comprendre le rapport avec le titre - car il y en a un. Il ne faut pas croire que je vous mets toujours des intros sans intérêt, parfois c'est passionnant.
Or donc, dans ce noctambus, se trouvait un groupe de gamins bien déchirés, genre 15-20 ans, aussi explosés que moi mais avec des relents d'alcool plutôt que de manque de sommeil.Quelques mecs, quelques filles, et notamment une... joueuse de djumbé (merde, ça s'écrit comment, ça ?) qui se décide à donner un concert improvisé dans tout le noctambus.
Putain, manquait plus que ça. J'ai rien contre le djumbé, au contraire, mais là je veux dormir. Je me prépare à râler avec douceur et amour, mais je me fais doubler par un autre mec, lui aussi complètement fumé... et la conversation qui suit vaut de l'or, je vous la retranscris de mémoire:
- Euh, hello, désolé, ça vous dérange de ne pas jouer là tout de suite ? On est tous crevés et ça nous explose les oreilles
- Et la liberté d'expression ? Sarko il dit que c'est bien la liberté d'expression
- Ouais mais Sarko il est pas là et moi si donc coupez le Djumbé please
- Non mais regarde Claude Guéant par exemple...
- Quoi il fait du djumbé Claude Guéant ?
- Non mais imagine qu'il en fasse, il se passerait quoi ?
...
Quatre heures du mat, j'ai des frissons, je claque des dents et je coupe le son. Seul sur le lit dans mes draps bleus froissés, pas d'insomnie, j'suis mort crevé.
Encore bravo pour ton boulot mon Gaugau mais la prochaine fois, tu m'en voudras pas, je te souhaiterai tous mes voeux par téléphone ;)
21 septembre 2007
C'est le p'tit bout d'la queue du chat - qui vous électrise
Voilà, c'est dit, et à partir de maintenant nous appellerons l'animal par son nom masculin, ça va éviter de faire des jeux de mots et des quiproquos à deux balles toutes les lignes alors que ce n'est absolument pas la ligne éditoriale, faut pas déconner non plus, manquerait plus que ça, et puis quoi encore, je vous le demande.
Donc l'Arlésienne a un chat de sexe féminin qui partage son appartement. Et comme toute colocation, ça donne des résultats intéressants.
Les premières fois où je suis venu, c'était la méfiance tacite. Il m'observait du coin de l'oeil des fois que je martyrise sa maîtresse (passe encore) ou que je la retarde dans le renouvellement de ses croquettes (inacceptable). De mon côté, je le couvais d'un regard soupçonneux pour vérifier s'il n'allait pas pisser en douce sur ma veste.
Dans les deux cas, nous fûmes (oui, je mets des passés simples, ça fait classe) rassurés. En-dehors de quelques poils, il n'y avait rien sur mon costard - et sa bouffe était à l'heure. Aussitôt, nos relations devinrent plus cordiales.
J'aurais même tendance à dire un peu trop.
Passe encore qu'il vienne se lover sur mes genoux (en déchiquetant allègrement ma cuisse) alors que mon attention est occupée encore. A la limite, qu'il vienne s'incruster en plein milieu d'un câlin ô combien platonique, pourquoi pas. Et qu'il nous regarde de ses pupilles phosphorescentes en pleine action, c'est parfois un peu étrange, mais on peut s'habituer.
Par contre, va me falloir un peu plus de temps pour d'autres trucs. Comme cette nuit, où je sens quelque chose qui me caresse le visage et un doux ronronnement près de mon oreille. Bon, je me dis que c'est un moment sympa, que c'est agréable de se réveiller comme ça, j'ouvre les yeux... et je vois le chat assis tranquillement sur ma tête, en train de me lécher les cheveux. Pour le coup, je me réveille en sursaut - ce qui fait bien marrer l'Arlésienne d'ailleurs, on est pas aidés, tiens - et je l'envoie balader discrètement. Après tout, c'est son chat, quoi, faut pas déclencher les hostilités aussi rapidement, faire des efforts, tout ça.
Je me rendors.
Je me réveille. Il y a un poids contre moi, de l'autre côté. Comme je suis encore à moitié en train de rêver, je m'imagine un plan à trois, mais en fait non, c'est le chat qui est revenu faire des mamours contre mon torse viril et musclé. Je râle, je le repousse, je me rendors.
Au matin, il est toujours là. Au grands maux les grands remèdes. Je me tourne vers l'Arlésienne en entraînant la couverture avec moi. Le chat était sur la couverture.
Boum, j'entends alors qu'il se casse la gueule du lit sans la moindre dignité et se ramasse comme une merde sur le carelage.
Vengé.
20 septembre 2007
Paris à tout prix
Prenons un exemple. Je suis né grenoblois. Toute mon enfance et mon adolescence, c'était Grenoble. Des montagnes partout autour, un cadre de vie magnifique, une maison avec un (petit) jardin, le ski tous les week-ends d'hiver, les promenades en montagne, le soleil. La mer si on va la chercher un peu plus bas. Une ville à visage humain, 5mn de vélo pour atteindre le centre-ville, du bonheur à l'état pur.
Bon, vous allez me dire, il y a la pollution. Mais quand on n'habite pas dans la cuvette, juste à la lisière, on ne la voit même pas - et on a de l'eau de montagne directement au robinet.
Oui, la vie en province, c'est grandiose. Alors pourquoi est-ce que je n'ai aucune, mais alors aucune, envie de quitter Paris ?
Quand j'entends les détracteurs en parler, je ne peux pas réfuter leurs arguments. Oui, le métro pue. Oui, on est serrés les uns sur les autres. Oui, on a souvent pas mal de trajet boulot/maison. Oui, les embouteillages sont quotidiens. Oui, l'air est parfois irrespirable. Oui, le coût des loyers ou de la pierre est prohibitif. Oui, prendre un verre ou aller au restau coûte cher. Oui, la mer est loin et les montagnes n'en parlons pas. Oui, il y a des quartiers glauques. Oui, le Bois de Boulogne et le Parc Monceau deviennent des espaces de respiration.
Dit comme ça, c'est pas super engageant. C'est même à se demander comment on peut encore trouver des gens assez cons pour vendre le rein de leur petite fille à une société de transplantation bovine transgénique pour réussir à se payer 10m² sous les toits dans un quartier pourri avec le flap-flap des pales du ventilateur pour seul horizon.
Mais putain, Paris...
Paris, c'est aussi des centaines de bars et de restaurants, tous différents, avec des cocktails différents, des cartes différentes, des vues différentes et des serveurs différents.
C'est des soirées qui se suivent et ne se ressemblent pas, où les thématiques se mélangent à grands coups de vodka sunrise ou de kir amande.
C'est la possibilité de faire n'importe quoi n'importe quand, comme de monter sur les planches sur un coup de tête ou bien de rencontrer une maison d'édition pour présenter ses oeuvres.
C'est des cinémas à la pelle qui jouent encore des reliques du passé, comme le Rocky Horror Picture Show ou le dernier John Wayne, sur grand écran, avec la musique qui va bien.
C'est des salles de spectacle qui permettent d'aller voir Mika parce qu'on love today, love today, love today.
C'est des magasins ouverts jusqu'à minuit et des restaurants 24h/24 qui permettent de recharger les batteries quand on sort complètement déchiré ou fatigué.
Mais ça, on s'en fout.
Pourquoi est-ce qu'on aime Paris ? Parce qu'il y a du MONDE et que le monde, c'est la VIE. Que ça grouille dans tous les sens, partout, tout le temps, toujours, à toute heure, ça vibrillonne, ça tortille, ça contracte, et on se retrouve en soirée avec des homos, des hétéros, des lesbiennes, des transsexuels, des puceaux, des queutards, des alcoolos, des végétariens, des gens qui font le ramadan pendant que d'autres boivent, des athées et des cathos, des polonaises et des bulgares, des pouffes et des fées, des gens de 17 ans ou de 40... et ça a presque l'air cohérent.
Pourquoi est-ce qu'on aime Paris ? Parce que si on s'entend statistiquement bien avec 1% des gens, plus l'échantillon est grand, plus les soirées sont énormes.
Je ne m'appelle pas Hélène, mais j'aime Paris.
19 septembre 2007
Arriverai vendredi 13 à 14h05, signé Christine
En tout cas, de mon côté, je pense que je ne mettrai plus le pied dehors les mardis 18.
Je dirais bien tous les mardis, ça me permettrait de faire des grasses mats sympas, mais je ne suis pas sûr que tout le monde apprécie donc on se contentera des 18. Parce que là ça ne va plus aller, quand même. A croire que de temps en temps on remet les compteurs à zéro et que le destin se dit "bon, celui-là il est en bonne santé, un bon boulot, une arlésienne (presque) glamour, va falloir faire quelque chose ou il va prendre la grosse tête".
J'ai un peu envie de dire que je l'ai déjà, la grosse tête, et qu'en conséquence ça serait pas mal de ne pas s'en prendre exclusivement à moi pour se défouler. Là, j'ai eu la totale.
Ca commence par le réveil à 6h du mat pour me taper 300 bornes, tête dans le cul, rien le temps de manger, ça fait deux jours que je ne dors pas, dur dur.
Ca continue par ce policier qui décide de me verbaliser abusivement parce que je téléphonais au volant. Ok, je suis dans mon tort, ok, c'est dangereux, bon, est-ce vraiment une raison pour perdre 2 points et 22 €, hein ? Amende ridicule et coup de massue sur le permis, j'aurais préféré le contraire.
Ca enclenche la vitesse supérieure grâce à cet accident qui bloque les voies entre Tours et Angoulême (oui, toujours à la pointe de la hype le Grenouille) qui me fait perdre toute mon avance et ne me laisse pas le temps de bouffer pour enchaîner sur une réunion à 14h.
Ca enchaîne avec mon nouveau commercial qui se démerde comme une brêle sur ses rendez-vous de la journée et qui tue dans l'oeuf, sous mes yeux hallucinés; une possibilité de contrat qui lui aurait assuré (et donc à moi par la même occasion) une retraite dorée sous les cocotiers suisses.
Ca s'encombre avec le debriefing de la journée avec ledit commercial, qui ne comprend pas ce qu'il a fait de mal, et que je mets deux heures à recadrer - ce qui veut dire qu'il est 19h30, que je suis à 500 bornes de chez moi, que je ne suis donc pas couché.
Ca se goutte-d'eau-qui-fait-déborder-le-vasise lorsque je roule sur un morceau de bois clouté abandonné en pleine autoroute et que je manque m'emplafonner la voiture de devant (qui a roulé dessus idem) en partant en tête à queue. Résultat des courses: un pneu crevé pour moi, deux pneus pour eux. Game over, ils appellent une dépanneuse pendant que je tombe la veste pour changer ma roue en pleine bande d'arrêt d'urgence, sur le mauvais côté (pneu avant gauche), sans triangle de signalisation ni habits luminescents, dans l'obscurité, avec des camions qui vrombissent à 3mm de moi.
Résultat des courses, je suis encore en vie. Mais j'ai un De Fursac niqué, j'attaque le cambouis de mes mains à la pierre ponce, je n'ai plus de roue de secours, j'ai perdu des points et du fric, je n'ai rien mangé de la journée et mon nouveau commercial est un cas social.
J'aime les mardis 18.
17 septembre 2007
Avis de recherche
Je ne sais pas de quoi parle ce magazine. Je ne sais pas les sujets qu'il traite. Je ne sais pas s'il s'agit de Cosmo, Gala, Jeune & Jolie ou je ne sais quoi d'autre (mais ce n'est pas Elle, parce que c'était sur la table de chevet de l'Arlésienne* et que ça ne correspondait pas).
Tout ce que je sais, c'est que je traîne depuis toujours un fantasme pour les filles accroupies, et que je me dois donc de retrouver cette couverture.
Donc toi, qui est certainement une fille (ou bien homo, ça marche aussi, j'ai la cote en ce moment), qui possède ce magazine, qui a déjà lu les sujets passionnants, tu peux me l'envoyer par la poste ou me le donner en mains propres, ça me rendra tellement heureux que tu auras droit à un bisou sur le nez**
Ca, c'est une note passionnante du lundi matin.
* Surnom définitivement adopté suite au tollé du groupe après son absence du week-end
** De même que E qui a gagné haut la main pour le pseudo, cf commentaire du dessus.
16 septembre 2007
Qu'est-ce qu'au Kebab y foutent ?
Pour ceux qui n'habitent pas dans une petite ville de province douillettement nichée dans la verdure impavide d'une forêt millénaire, le mot kebab évoque tout de suite des senteurs
estudiantines de salade, de tomate et d'oignon.
Pour les mâles turgescents que nous sommes, c'est auprès des kebabs que nous avons trouvé durant des années les rares légumes censés compléter notre alimentation (une vache, une patate), ce qui
nous permet de chasser toute culpabilité et de reprendre deux fois de la tarte à midi.
Pour les petites rues parisiennes, le kebab est l'image d'une vie de quartier réussie et d'un restaurant ouvert à toute heure, pour aller claquer ses 5€50 et récupérer de la viande bien grasse,
des frites bien salées et une boisson bien fraîche. Que demande le peuple ?
Hop, une petite photo pour dégoûter les filles (qui statistiquement sont bien moins nombreuses à manger ça, parce que tu te rends pas compte mais en fait c'est plein de trucs qui donnent des
boutons et de la cellulite et les pieds plats et les cheveux sales).

Bref. Le Kebab, c'est la vie. Maintenant encore, alors que je suis censé avoir grandi, mûri, et que je dois manger au restau une demi-douzaine de fois dans la semaine, le kebab reste une valeur
refuge lorsque le Quick me fait défaut. Aaaah, sa sauce blanche. Aaaah, sa mayonnaise goûtue. Rien que d'en parler, je salive. D'ailleurs c'est assez dégueulasse sur le clavier.
Mais il y a quand même quelque chose que je ne m'explique pas. En dehors d'un ou deux Kebabs situés dans des endroits réellement stratégiques (genre place Monge pour gaver les étudiants gosses de
riches qui veulent frayer avec le bas-peuple), est-ce que vous êtes déjà rentrés dans un de ces restaurants pleins à craquer ? Moi, jamais. Il y a toujours une ou deux personnes maximum à faire
la queue, une ou deux personnes éventuellement déjà installées s'il y a des tables, et c'est à peu près tout. Mais une affluence comparable aux fast-foods genre McDo et Quick, ou même aux bonnes
brasseries ? Absolument pas.
Pourtant, c'est vraiment pas cher. La plupart du temps 4,50€ sans la boisson, 5,50€ avec. Autant dire qu'on ne se ruine pas - et que même si c'est pas ultra-compliqué à préparer, la marge ne doit
pas être si énorme que ça.
Bref: comment ils font pour vivre ? Je suis super content d'en voir partout à Paris, ça me permet de bouffer comme un porc à n'importe quelle heure, genre juste avant de rentrer en soirée ou bien
dans la lumière d'un petit matin glauque - mais n'empêche, je me pose la question. C'est rentable, un kebab ?
Non, parce que bon. Yen a pas à Neuilly.