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28 juin 2007

Le 7 juillet, c'est une date qu'elle est bien

Comme d'habitude c'est le bordel, la dernière fois c'était pareil, notamment parce que j'ai paumé la moitié de vos mails. C'est normal, tout va bien.

On devrait être une bonne quinzaine, on a sélectionné un endroit pour l'après-midi et un pour la soirée. Ca devrait commencer vers 14h30 pour laisser le temps aux gens qui sont sortis la veille d'émerger (au hasard) et à ceux qui ne sont pas parisiens d'arriver.

Les détails du genre "où est-ce qu'on se retrouve" et les échanges de numéros se font en off, parce que merde, quoi, faut pas déconner, ça tient un peu du secret defense tout ça.

Parmi les gens habituels, on aura au moins un Gauthier, une 7h48 et une Chipo, ainsi probablement qu'une Kyrieleve.

Pour tous les autres, merci de m'envoyer un mail à
grenouillebleue@hotmail.com. Oui oui, même si vous l'avez déjà fait, même si vous avez déjà confirmé en commentaire, tout ça tout ça. Parce que je suis bordélique et que j'ai déjà tout paumé.

C'est vous dire à quel point ce séjour va être organisé aux petits oignons. La seule chose qu'on ait, c'est de la vodka et des idées.

27 juin 2007

Sois comique, strip

Il y a quelques semaines, on ( = des collègues bien intentionnés du bureau) m'a envoyé le lien vers une video de strip-tease. Comme je suis un être prude, raffiné et timide, j'ai évidemment regardé jusqu'au bout (pour ne pas faire de peine à la personne en video, qui a certainement mis beaucoup d'amour et d'efforts dans sa prestation, sans même parler de la chorégraphie aboutie). C'était même plutôt pas mal, en fait.






Oui, je sais, vous n'en avez pas grand chose à foutre des videos que je regarde (même si là, certains vont se demander avec gourmandise si je vais mettre le lien, la réponse est non, je m'en voudrais de nuire à votre bonne éducation. Ce blog n'a pas pour vocation de faire de vous des mâles en rut (ou des femelles en chaleur), qu'on se le dise. Après on va encore dire que c'est ma faute s'il y a du réchauffement climatique.

Bref, revenons à cette video, ce charmant rayon de soleil qui est venu illuminer ma journée de la fraîcheur d'une peau satinée révélée petit à petit avec une sensualité troublante. A part le fait que mes commerciaux sont tous des obsédés, ce que je sais déjà et qui ne vous surprendra certainement pas, que peut-on en déduire ?

Que les strip-tease féminins, mine de rien, ça a son charme. Et je dis féminin pour une raison, c'est qu'on n'a pas du tout la même manière d'appréhender les choses. Un mec qui fait un strip, même s'il est doué et bâti comme un dieu (je ne parle pas seulement de moi, évidemment), c'est plutôt amusant et ça met la fille de bonne humeur.

Alors qu'une fille qui fait un strip, c'est plutôt excitant et ça met le mec de bonne humeur aussi. Ca a tendance à nous chatouiller le cortex cérébro-spinal et plein d'autres mots compliqués, et ça nous laisse la bave aux lèvres, l'écume aux jours et le sexe aux pâtes. Bref, c'est plutôt bien. Ca a probablement à voir avec la fascination de noël, voir un cadeau qui se déballe tout seul, ça ne peut que nous faire rentrer en transe. C'est aussi pour ça que je milite contre les strings, il n'y a pas assez à enlever, ça gâche tout le plaisir. Mais ceci est un autre débat.

Globalement, est-ce que vous l'avez déjà fait ? Les réactions ? Vous ne vous êtes pas pris les pieds dans le jean ? Vous avez choisi une musique sympa ? La personne (ou les personnes, ne soyons pas sectaire) était contente ? C'est une pratique récurrente ? C'est quelque chose qui vous gêne ? C'est quelque chose qui vous exalte ?

Putain, une seule video et tant de questions ! C'est beau de se cultiver.

26 juin 2007

Salut ma hargne, et mon courroux coucou

Desproges était un grand.



Bon. Parce que le courroux, c'est bien. La juste colère, c'est sympa. La sortie indignée à la Ségolène Royal, c'est excellent. Mais il ne faudrait pas voir à râler au mauvais moment, à mauvais escient, ou avec un mauvais rapport de force, sinon on a l'air con.

J'ai par exemple à l'esprit l'histoire d'une ou deux amies qui après une dispute avec leur mec ont claqué la porte de rage - avant de réaliser qu'elles avaient l'air con en nuisette dans la rue dans un quartier qui n'est pas le leur. Bon. Juste comme exemple, hein.

Mais prenez hier (même s'il n'y est pas question de nuisette).

Je devais manger avec Cham à la Taverne de Cluny, un restau/bar dans le quartier latin, qui proposait pendant le repas un concert de jazz manouche (totalement ma tasse de thé, vous admirerez les efforts :p). On s'installe vers 20h40 (l'horaire est important) pendant que l'orchestre accorde ses guitares, et on réalise que c'est l'happy hour de 19h à 21h ! Mais ouais, cocktail moitié prix, la classe.

On s'empresse donc de commander pour profiter de l'offre, et on demande à manger également. 15 minutes d'attente, et on nous apporte enfin nos verres. Avec, évidemment, une addition qui ne tient pas compte de l'happy hour.

Bon, c'est pas pour quelques euros qu'on va râler, mais j'aime pas trop me faire prendre pour un con. Alors je chope le serveur pour lui expliquer qu'il est bien gentil mais que ce n'est pas parce qu'il est lent et mou qu'on va devoir casquer. Il proteste et nous dirige vers le patron.

Rebelote, je vais voir le patron, qui regarde le ticket. Conversation de sourds:
- Ouais, on était en happy hour
- Ben non sur le ticket c'est marqué 21h02, désolé
- Votre serveur met trois plombes à enregistrer, tant pis pour vous, mais on a commandé avant l'heure
- Vous n'avez aucune preuve et vous m'emmerdez, allez vous faire foutre.

Entre temps, les plats sont arrivés (dont un poulet-frites pour la pauvre Cham qui avait commandé une salade poulet, décidément c'était la soirée). Du coup, on pousse une gueulante, on paie les cocktails et on se barre pour aller manger ailleurs. Ils en seront quitte de deux repas qu'ils devront jeter ou réchauffer pour le client suivant (vous étiez à la Taverne de Cluny, vous ?).

Bon. Sur le moment ça fait du bien de gueuler quand on est face à des cons obtus. Mais une fois dehors, on se prend à réfléchir. Merde, on a faim. Merde, on était quand même là pour voir un concert. Merde, il pleut. Merde, ce n'est notre quartier à aucun des deux, on ne connaît pas d'adresse dans le coin ouverte un lundi. Merde, quoi.

Du coup, trempés et affamés, on a fini par se rabattre sur les Champs. Sans concert manouche. Sans happy hour. Mais avec la satisfaction de la justice bien faite (ou pas).

24 juin 2007

Mieux vaut être riche et beau que pauvre et moche

Hier soir, j'ai réalisé pour la première fois le pouvoir de l'argent. Ouais, évidemment, on s'en rend compte avant. Ca se voit dans les restaus qu'on peut faire, les sorties, les vacances, les appartements. Mais ce n'avait jamais été aussi flagrant qu'hier.

Car hier, sur suggestion du Gauthier national, nous sommes allés au Cab. Comme on était sur la liste, nous sommes passés sans problème. Tant mieux, mon ego n'aurait pas supporté une nouvelle humiliation comme au showcase (surtout avec tous vos coms fourbes et mesquins du genre "ouais mais on y entre comme dans un moulin", je vous merde, peut-être que c'est plus dur le samedi, ou alors simplement j'ai une sale gueule - c'est l'autre possibilité).

Bref, on rentre. Et là, sur un coup de tête (enfin, un coup de tête, on a bien tergiversé 10 minutes avant de le faire quand même), on a acheté une bouteille de vodka sur place. Première fois que je faisais ça vu les prix pratiqués dans ce genre d'endroits, c'est pas que je suis pudique ni quoi, mais claquer vingt fois le prix magasin, même quand on en a les moyens, ça a quelque chose d'indécent.

Ceci dit, on ne vit qu'une fois, tout ça tout ça. Donc on commande ladite bouteille. Et là, l'attitude des serveurs change du tout au tout. On nous libère une table, on nous sourit dans tous les sens, on nous amène tous les softs qu'on souhaite, y compris de la grenadine pour les sunrise, on nous rapporte les carafes dès qu'elles sont finies, on nous demande si tout va bien et si on est bien installés, blablabla.

Finalement, c'est un bon investissement la bouteille. D'abord parce que les softs à quasi-volonté, finalement, c'est pas mal pour se désaltérer tranquille entre deux verres de vodka, quand on a bougé sur la piste avec le sens du rythme qui nous caractérise. Ensuite parce que du coup on a une table à rejoindre, zen, tranquille, pour poser un regard sur le monde et les gens qui dansent (parfois pire que moi, comme quoi). Enfin parce que ça donne un sentiment de power, desire, tout ça.

Tellement sympa qu'on a d'ailleurs eu droit à une deuxième bouteille offerte par 7h48, et la fin d'une autre récupérée sur une table par une serveuse amie de Flamèche.

Bref. Il vaut mieux être riche et beau, ça attire les regards, c'est la classe.

C'était la philosophie du jour.

23 juin 2007

Un air vif lui vrilla la jupe-culotte

Il est 16h20, j'ai peu dormi, je vais donc me faire une sieste avant le truc de ce soir où j'ai été placé de force sur la liste d'entrée dans une boîte quelconque par des amis bien intentionnés qui vont essayer d'éviter le désastre de la dernière fois.

Comme je suis décalqué, je vais simplement vous montrer ma découverte d'hier, alors que je cherchais un plan de métro à imprimer. Certains connaissaient peut-être déjà mais pour moi c'est THE événement de la journée (ça, et avoir survécu à trente bornes en compagnie d'une conductrice bourrée...).

Vous saurez donc désormais que l'anagramme de Porte de Clignancourt est Plan d'Egoût incorrect.

Porte de la chapelle ? Le pédé phallocrate !
Saint-Denis Université ? Nuit à inviter des seins !
Maisons-Alfort Stade ? Triste flan sadomaso !

Fan, je suis fan. Je vous laisse regarder, pour tous les parisiens, près de quel coin vous habitez. Franchement, ça en vaut la peine.

Et n'oubliez pas: un air vif lui vrilla la jupe-culotte.


(Bon, comme tout le plan n'apparaît pas, vous pouvez aussi le voir sur le site original, ici:
http://www2.iap.fr/users/esposito/metro.jpg )






22 juin 2007

Quand on a la lose...

Hier soir, je n'ai pas participé à la fête de la musique.
Pourquoi, vous demandez-vous, pourquoi un individu aussi primesautier et gaudriolesque que toi n'a pas bucolisé dans les rues en flânant le nez en l'air au milieu des bombardons ?

Bonne question, bonne question. Et pour y répondre, il va falloir faire un flashback.

Mercredi, je devais aller en province pour mon boulot. Comme je cherchais un appart, j'ai annulé subrepticement le rendez-vous (histoire de le repositionner un autre jour) afin d'avoir mes heures de libre pour visiter. J'ai d'ailleurs vu un magnifique appartement à Neuilly que j'ai laissé me filer sous le nez, je suis furieux. Mais c'est pas le sujet.

Le sujet, c'est que j'avais mon blackberry dans la poche de ma veste alors que je prospectais les agences immobilières. Et que ce blackberry a des touches très sensibles. Et que j'avais oublié de bloquer le clavier.

Du coup, il s'est déclenché tout seul et a appelé la première personne du répertoire, dans ma poche. Evidemment, sinon ça ne serait pas drôle, la première personne, dont le nom commence donc par A, est mon DG.

Et voilà donc le DG qui décroche et qui entend au bout du fil son manager commercial en train de poser des questions sur un appart à Neuilly, blablabla, prix au m², blablabla, et les réponses que l'agent immobilier lui apporte.

Ce qui pose un double souci: d'une part, je ne suis pas en train de bosser puisque je suis clairement en train de parler appartement. D'autre part, je ne suis même pas en province puisque je suis tout aussi clairement à Neuilly à l'instant t.

Gros moment de solitude quand il me rappelle.

Du coup, j'ai arrangé les choses en râlant, comme d'hab (la meilleure défense, c'est l'attaque) et j'ai repositionné mon rendez-vous de mercredi sur jeudi (pour avoir la preuve que j'y suis allé quand même).

Et pour rattraper mes conneries, j'ai donc passé une journée de taré jeudi avec plus de 1000 bornes avalées, trois rendez-vous, et des propositions commerciales à la pelle. Ca y est, la situation est maîtrisée.

Putain, j'ai de la chance d'être dans une période "intouchable" sinon je le sentais mal, là...

20 juin 2007

Le roman du paresseux

En reprenant tous mes articles sur mes loses féminines (la podium girl, la croate, les jumelles, la fille du train, l'allemande, celle qui a fui mon appart, celle qui m'a grillé en soirée, la numéro 1, la numéro 2, la numéro 3, la musicienne, les filles de la Flèche d'or, celle qui a des parents cathos, celle qui manipulait les gens chez Dalloz, celles des différents seven ton one et le coup récent du champagne renversé....

Je remplis 144 pages word en times 12.

144 pages. Je tiens mon bouquin (mwahahaha).

Mwhahahahahahahaha-ahem

Sans commentaire.


19 juin 2007

Le premier chapitre, parce que voilà quoi

Ouais, l'intro était là. Je sais que ce n'est pas forcément ce que vous recherchez sur ce blog mais bon, on fait ce qu'on peut hein.

J'aimerais votre avis sur ce chapitre 1, qui a été complètement remanié/remasterisé, bref qui est tout beau tout neuf.

Et si vous n'aimez pas, vous pouvez cracher très fort.

 






La petite bougie se consumait près de la fenêtre. La nuit était tombée depuis longtemps et les moustiques s’agglutinaient contre la vitre, anxieux de se brûler les ailes. Leur bourdonnement était irritant, mais Mahlin ne leur prêtait pas la moindre attention. La langue tirée, il écrivait avec application sur le parchemin, recopiant les arrondis du vieux manuscrit. A en juger par l’état du papier, le texte devait dater de plusieurs centaines d’années et il le manipulait avec révérence. Il avait presque peur d’éternuer pour ne pas le déchirer en morceaux. Lorsque la poussière lui chatouillait trop le nez, il se détournait, se pinçait les narines, respirait à pleins poumons, puis reprenait son travail. Si la plume ne gouttait pas trop, il en aurait probablement terminé dans une ou deux heures. Il dissimula un baillement. Si au moins le sujet était passionnant – mais non. Un vieux traité sur la guerre. Comme si ça pouvait avoir le moindre intérêt. Des gens avec des armes qui tapent sur des gens avec des armures. Celui qui tape le plus fort gagne. Allez, plus que trente lignes et il allait pouvoir se coucher.

 

« Tiens ? Tu ne dors pas ? »

La voix le fit sursauter. La plume vint se briser au bout du mot en une cruelle tache sombre.

« Non ! » glapit Mahlin.

« Non ? Ca tombe bien, moi non plus, je n’arrive pas à dormir »

Le jeune homme ne tourna pas la tête. C’était Shani, évidemment. Il fixait avec des yeux troubles la page souillée. Une heure de travail perdue, et il n’arrivait pas à se mettre en colère.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

Elle haussa les épaules.

« Je te dis, je n’arrivais pas à dormir. Il fait trop froid, en bas. La cheminée ne porte pas jusqu’à ma chambre. C’est exaspérant. Et puis je n’ai pas sommeil. »

« Et Aarel ? Il dort ? »

Shani sourit.

« Comme un bébé. Il faut dire qu’il était épuisé. Maître Khorr lui a fait couper du bois pendant deux heures, ce soir. Même pour lui, ça devait être épuisant. »

Mahlin hocha machinalement la tête. C’était toujours pareil. Les tâches physiques pour Aarel, les tâches intellectuelles pour lui, les tâches ménagères pour Shani. Une saine répartition du travail dans le manoir. Oh, il y avait bien eu un moment de flottement au début lorsque la jeune fille avait fait valoir qu’elle avait beaucoup plus de travail que les autres, qu’ils pouvaient certainement faire leurs lits, et laver leurs bols, et ne pas répandre de l’encre ou des cendres sur le sol. Les filles étaient tellement contrariantes.

 

La seule personne qui ne travaillait pas était Barell Khorr. Mais c’était un Maître Mage, et cela suffisait. Le manoir lui appartenait, et cela suffisait. Il avait choisi avec soin ses apprentis, et cela suffisait. Son verbe était loi, et cela suffisait.

 

Simplement, Mahlin se demandait de temps en temps quand est-ce qu’ils allaient pouvoir enfin commencer à apprendre quelque chose. Cela faisait près de six mois maintenant qu’ils travaillaient avec acharnement, et Maître Khorr ne leur avait toujours pas appris la moindre chose. Il se contentait de sourire, et de réclamer de la patience.

 

« Tu crois que nous serons bientôt prêts à apprendre les Couleurs ? » relança Shani, comme en écho à ses propres pensées.

 

Mahlin se frotta les yeux. Il était fatigué, soudain, et la lueur de la bougie lui agressait les yeux. Il posa sa plume – de toute façon, le mal était fait, et il n’avait pas l’intention de recommencer ce soir. Il leva les mains, fit craquer ses articulations.

 

« Je n’en ai pas la moindre idée. Mais je suis comme toi, je commence à trouver le temps long. Je ne pensais pas que ça prendrait aussi longtemps »

Shani s’avança dans la pièce d’un pas hésitant. Ces discussions avaient toujours l’air de conciliabule secret. Elle hésita puis s’assit sur une des chaises libres. Elle leva les jambes et posa son menton sur ses genoux.

« J’ai discuté avec Aarel – avant qu’il dorme, je veux dire. Il pense que ce n’est pas normal. »

Mahlin grimaça intérieurement. Elle avait parlé au géant avant lui, elle avait partagé la même intimité avec lui. Il ne savait pas pourquoi, mais ça l’agaçait. Il leva une main apaisante.

« Maître Khorr dit qu’on n’a rien sans rien et qu’il nous faut gagner notre apprentissage » « Maître Khorr nous exploite ! Six mois, six mois sans rien ! D’habitude, quand on assiste un Maître Mage, on a, je ne sais pas, des leçons… des histoires, au moins. Des légendes. Des manuscrits à étudier. »

« …des pots à nettoyer, des sols à récurer, des livres à recopier, des mauvaises herbes à arracher… »

Shani se permit un léger sourire.

« Aussi. Mais pas seulement. Si j’ai abandonné une vie de servante d’auberge, ce n’est pas pour me retrouver en souillon dans un manoir, aussi magnifique soit-il. Je pensais vraiment que ça allait tout changer, tu sais, quand il est venu me chercher. Il était si grand, si… beau, si élégant avec sa cape verte et ses habits émeraude. Quand il m’a dit que j’avais les Couleurs en moi, j’ai cru que c’était une plaisanterie. » Elle se retourna vers Mahlin, soudain hésitante. « Tu penses que ça pouvait être une plaisanterie ? »

 

Mahlin regardait avec curiosité la jeune fille. Elle portait habituellement des robes amples, mais avait opté aujourd’hui pour des braies très masculines.  Etrangement, ça lui donnait encore plus de charme. Pour une fille de dix-huit ans, Shani était décidément très bien formée. Elle n’était pas très grande mais mince, avec de longs cheveux sombres qui donnaient à son visage un air mutin et qu’elle repoussait d’un geste impatient lorsqu’une mèche venait lui voiler les yeux. Et puis ses yeux…

Mahlin adorait les yeux verts.

 

« Hein ? » balbutia-t-il quand il vit qu’elle attendait une réponse.

« Le potentiel. Les Couleurs. Tu penses que nous les avons en nous ? »

« Hein ? » répéta-t-il. Puis il retrouva ses esprits. « Oh, les Couleurs ? Bien sûr, sinon il ne nous aurait pas choisi. Tu sais, c’est le seul Maître Mage de la région, il aurait pu demander à des centaines d’adolescents. Il y a bien une raison derrière son choix. »

« Peut-être… »

Elle ne paraissait pas vraiment convaincue. Mahlin se dit confusément que c’était le bon moment pour la prendre dans les bras et la réconforter, mais il était comme collé à sa chaise et il avait l’impression d’avoir les membres en coton . Il haussa un sourcil. Pas tous ses membres.

« Qu’est-ce que vous avez décidé, avec Aarel ? »

Elle renifla.

« Rien pour l’instant. Mais j’aimerais que l’on finisse par se décider, et qu’on cesse de se laisser impressionner par Maître Khorr. Demain, il faudrait lui parler. Lui expliquer que ça ne peut pas durer. Lui demander de nous apprendre quelque chose, n’importe quoi. »

« A commencer par la politesse, par exemple ? »

La voix glaciale les figea sur place. Mahlin se tourna lentement vers l’entrée, appréhendant déjà la scène qui allait suivre. 

Barell Khorr se dessinait dans l’embrasure de la porte. Il portait les mêmes habits que toujours, cette longue cape verte et cette tunique de la même teinte qui indiquaient sa Couleur. Ses cheveux poivre et sel rassemblés en catogan étiraient son visage et rendait impossible de lui donner un age. Il avait les yeux profondément enfoncés, le nez cassé et les oreilles en chou-fleur d’un lutteur de foire. Pourtant, avec sa carcasse mince et dégingandée, personne ne pouvait l’imaginer affronter quelqu’un à mains nues. C’était un mystère que Mahlin s’était toujours promis de percer.

Comme toujours, une aura indistincte planait autour de lui, comme une force invisible qu’il aurait cherché à contenir. Tout en lui respirait la violence rentrée, la puissance sans limite. Il ne s’était jamais montré brutal, ni même cruel, mais sa simple vue suffisait généralement à réduire les jeunes gens au silence. Même le côté belliqueux d’Aarel disparaissait d’un simple regard.

 

Mahlin se rappelait très clairement leur rencontre, six mois plus tôt.

 

Il était en train de pousser la charrette de son père, lamentablement embourbée dans une ornière. Il avait plu pendant deux jours et la route était traîtresse. N’importe qui aurait pu faire la même erreur mais son père n’était pas du genre à pardonner. Mahlin sentait une dent se déchausser, là où il s’était fait frapper d’un coup rageur. Un peu de sang coulait contre sa lèvre.

Arc-bouté contre le dos de la charrette, le Vieux poussait des imprécations comme pour s’encourager à mettre plus de force. La vieille mule de bat bronchait à peine. La charge était soudain trop lourde pour elle, voilà tout ce qu’elle avait remarqué, et elle avait donc décidé de ne plus bouger jusqu’à ce que la situation se résolve.

« Si ce maudit animal continue de nous regarder avec son air placide, je vais en faire de la colle ! » rugissait le Vieux en ahanant de plus belle. « De la colle, je te promets ! »

Mahlin ne répondait rien. Ca n’avait aucun intérêt, et il préférait garder ses forces pour pousser. Il avait beau appuyer de toutes ses forces, la roue refusait de ressortir. L’ornière était profonde, et il allait falloir creuser. Il ne manquait plus que ça.

« Pousse, par les Couleurs putrides, Arc-en-Ciel de catin ! Pousse plus fort ! Mais qu’est-ce que je t’ai appris ! »

« Sûrement pas la politesse » avait dit la voix à l’époque.

 

C’était une voix sombre et sépulcrale, sur le moment. Mahlin avait brusquement relevé la tête pour voir le nouveau venu qui avait ainsi tranché dans les gérémiades de son père. Il avait lâché sa prise juste à temps : dans un craquement de moyeu, la charrette s’était ébrouée avant de se soulever lentement, lentement, puis plus rapidement. Il y eut un bruit de succion et la roue s’était échappée de sa gangue de boue pour laisser flotter l’attelage à quelques centimètres du sol. La mule, tout aussi impavide, se balançait tranquillement dans l’air.

 

Devant eux, l’étranger en vert avait baissé la main et la charrette avait suivi le mouvement pour rejoindre le plancher des vaches, loin de l’ornière. Le Vieux s’était jeté au sol, face contre terre, empli de crainte révérentieuse.

« Maître Mage ! » avait-il balbutié.

« C’est une mauvaise idée d’insulter les Couleurs, même pour l’homme du commun. Elles ont une tendance désagréable à se venger »

« Je… il… c’était quelques mots, c’est tout… »

Barell Khorr avait hoché la tête.

« En l’occurrence, la sanction risque d’être plus rapide que prévue. Bouseux, je vais avoir besoin de ton fils »

Mahlin était resté bouche bée. De quoi pouvait-il bien s’agir ?

« Pardon ? »

« Ton fils a les Couleurs en lui. Je vais le prendre en apprentissage »

Devhlin avait protesté, torturé entre crainte et colère, mais on ne discutait pas avec Barell Khorr. D’un geste, il avait paralysé l’homme là où il était. Puis il s’était tourné vers Mahlin.

« Mon apprentissage n’est pas gratuit. Il est difficile. Mais tu as le potentiel. Veux-tu devenir mage ? »

Mahlin avait regardé son père. Il avait encore le goût du sang dans sa bouche. Il avait tourné les yeux vers la personne qui possédait tant de pouvoir. Un formidable appétit de vie grandissait en lui.

« Oui »

 

« Alors comme ça, on complote dans mon dos ? » gronda le Mage.

La voix profonde vint trancher dans les souvenirs de Mahlin et le ramena brutalement au présent. Aujourd’hui, les mains douloureuses d’avoir trop écrit, les yeux brûlants d’avoir trop lu, frissonnant devant le regard froid de Barell Khorr, il se demandait s’il avait fait le bon choix.

« Je… » commença-t-il.

« Nous voulons savoir ce qu’il se passe, et pourquoi nous travaillons tout le temps pour vous sans contrepartie » fit Shani d’une voix claire.

Mahlin regarda dans sa direction ; elle s’était relevée, pas très assurée sur ses jambes, mais droite. Elle respirait avec peine. Il pouvait la voir déglutir. Mais elle tenait tête. Une bouffée de tendresse vint écraser la poitrine du jeune homme. Ce n’était pas à elle de s’exposer ainsi. Lui aussi pouvait se lever. Lui aussi pouvait la défendre. Il allait lui montrer !

Il se redressa, croisa les yeux de Maître Khorr, et retomba lourdement.

« Oui, nous voulons savoir » parvint-il à dire. Shani lui jeta un regard d’encouragement ; il sentit la bile lui monter dans la gorge.

 

Lentement, Barell pénétra dans la pièce. Il détacha l’agrafe de sa cape puis la plia soigneusement sur une chaise. Il se redressa. Il leur fit face.

 

« Je vous prends sous mon aile. Moi ! Moi, Barell Khorr, je vous arrache de la misère de votre quotidien pour faire de vous des gens qui comptent. Des gens importants. Des Mages. Moi, Barell Khorr, qui ai refusé de prendre en apprentissage les enfants de chevaliers et de grands-bourgeois du comté, qui ai refusé les honneurs et la richesse pour me tourner vers les meilleurs potentiels, voilà comment vous voyez les choses ? » Il grimaça. « Qu’est-ce que six mois de travaux face à une vie dévouée aux Couleurs ? Je vous vois là, discutant de la magie, de ses tenants et aboutissants, comme si vous y connaissiez quelque chose. Je comprendrais que des chiens brûlent de courir avec les loups. Mais vous n’êtes encore que des chatons ! »

 

Il leva une main impérieuse et traça un signe dans l’air. Ses doigts ondulèrent doucement, et soudain Mahlin se sentit happé par une main invisible. Un cri lui échappa, auquel Shani fit écho alors que leurs pieds quittaient le sol.

 

« Maitre Khorr ! » hurla-t-il au mépris de sa dignité.

« Est-ce que vous avez vu quelque chose lorsque j’ai manipulé les Couleurs ? Est-ce que vous avez vu le glyphe se former ? Non ? Pourquoi ? Parce que vous n’êtes pas prêts ! » Barell cracha sur le sol. « Vous n’êtes pas prêts, et vous ne le serez pas avant que je ne le décide. Ca prendra encore quelques jours, ou un mois, ou six si vous n’êtes pas doués. Nous verrons bien. Mais si vous voulez un jour maîtriser les Couleurs, il vous faudra apprendre la rigueur. Et la discipline ! Très important, ça la discipline. » Il hocha la tête, comme satisfait. « Eh bien, vous ne dites plus rien ? Mahlin ! » Il tendit un doigt osseux vers le jeune homme, qui flottait toujours dans les airs. « Une remarque ? Quelque chose à dire ? »

« Non, c’est… je… enfin… » balbutia le pauvre garçon.

Ces yeux. On aurait vraiment dit deux trous sans fond, deux ouvertures sur le néant. D’un autre côté, Shani était à ses côtés. C’était le moment de se montrer sur son meilleur jour. Aarel n’était pas dans la pièce et c’était toujours lui qui jouait les héros, d’habitude.

« En fait, nous voudrions apprendre quelque chose, même si c’est mineur, juste quelque chose, pour être rassurés, savoir que nous avons effectivement du pouvoir… quelque chose… » Une fois les premiers mots passés, le reste devenait plus facile. Il suffisait de penser à quelque chose d’agréable au lieu de se concentrer sur le visage du Maître. Le parfum de Shani rendait la chose plus facile. Avec un brin de perversité, il s’imagina qu’elle portait une de ses robes habituelles au lieu de ce pantalon beige. La tête en bas comme en ce moment, cela aurait pu être intéressant. « Je ne comprends pas pourquoi nous devons travailler pour vous comme ça, alors qu’un simple geste de la main, une formule, une incantation, pourrait vous permettre de faire la même chose beaucoup plus rapidement. »

 

Les yeux de Barell s’étrécirent pour ne plus être que des fentes. Pendant un moment, Mahlin crut qu’il allait trop loin. Puis le mage éclata de rire. Un vrai rire, un rire franc, un rire communicatif, qui éteignait la lueur mortelle au fond de ses pupilles.

« C’est bien, les chatons montrent les crocs ! Utiliser les Couleurs pour enlever la poussière des tapis ? Des applications aussi triviales sont le cauchemar de tout mage. Non, vraiment, vous vous débrouillez très bien par vous-mêmes. Mais… » Il secoua la tête. « Mais vous avez raison. Un peu de détente vous fera du bien et devrait même vous rapprocher des Couleurs. Demain, vous aurez un peu de répit. Je vais vous envoyer avec votre ami Aarel à Bois-Rivière pour visiter l’alchimiste et me rapporter quelques composants essentiels. L’air frais vous fera du bien. Je vous donnerai la liste demain. Et pour la magie… » Il sourit. « Nous verrons à votre retour. »

 

Il ferma les yeux, un simple battement de cils, et Mahlin se sentit tomber. Il se rattrapa de justesse et tendit la main pour amortir la chute de Shani. Lorsqu’il releva la tête, le Maitre remettait sa cape et sortait à grands pas de la pièce.

 

« Merci » murmura le jeune homme.

« N’oubliez pas. Vous partirez demain à l’aube »

Puis la porte se ferma, et il n’était plus là.

Mahlin laissa fuser un soupir.

« Ouf. Je crois qu’on a bien fait de lui tenir tête, pour une fois »

Shareen le regarda avec un air indéchiffrable.

« Tu trouves que les choses ont changé ? Demain, nous allons devoir aller faire ses courses pour lui, et Bois-Rivière est à dix lieues d’ici. Je ne suis pas sûr que ce soit une amélioration. »

« Oh » fit Mahlin.

 

18 juin 2007

Girls - all I really want is girls !

I like the way that they walk
And it's chill to hear them talk
And I can always make them smile
From White Castle to the Nile

Hum. J'ai toujours des goûts musicaux aussi pourris.


Quoi qu'il en soit, voici donc un récapitulatif de la fameuse rencontre
que je vous proposais ici:



1) Ca se passera le samedi 7 juillet, je sais, ça n'arrange pas tout le monde, j'ai reçu des mails incendiaires, mais bon faut bien se décider un jour



2) Comme la dernière fois, il y aura pique-nique l'après-midi, bronzette tranquille dans les parcs parisiens avec mangeage de cerise, et soirée un peu vaguement alcoolisée pour ceux qui n'ont pas peur de voir ce que ça donne en vrai



3) J'ai la possibilité d'héberger du monde, je ne serai pas le seul, on devrait s'en sortir



4) Pour l'instant, ceux qui ont exprimé plus ou moins leur intérêt - mais va falloir reconfirmer hein. J'ai d'ailleurs mis des points d'interrogations aux plus incertains histoire de les motiver.

- Yojik ?
- Polgara
- Kyrieleve
- Lili ?
- Alexiane
- Armelle
- Rouq ?
- 7h48
- Gajal
- Titounne
- Enzo ?
- Mimina ?
- S-qui-a-plus-de-trente-ans ?
- Stéphanie ?
- Lothaire
- Olga
- Scandaleuse
- Gauthier (qui m'a confirmé sa présence le chouchou)

Merci de me confirmer votre présence par commentaire et également par mail (
grenouillebleue@hotmail.com, c'est aussi mon msn, eh ouais, je sens que je vais devoir bloquer du monde...)


5) Pour l'instant, si tout le monde vient, ça fait 14 filles pour 5 mecs. La classe. 


6) Le gras, quand on en met partout, ça fait bizarre.

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