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30 avril 2007
Le théâtre désarmé
J'ai passé un samedi de taré avec un pique-nique qui a commencé à 14h pour finir à 3h du mat. Mais je ne vous le raconterai pas là, car ce soir...
Ce soir...
Ce soir...
Ce soir...
Ce soir, putain de bordel de sa race de merde, j'étais sur scène au Théâtre Trevise !!!
Ben oui, vous vous rappelez, je vous en parlais là, et puis là, et encore là et en partie ici .
A croire que c'était vaguement devenu mon obsession ces derniers temps. Et comme toute obsession, elle se devait d'être assouvie avant que ma short attention span ne revienne sur le devant de la scène et me fasse tout lâcher pour un autre projet obscur (chanter un opéra, faire un safari en Afrique, escalader l'Annapurna, créer ma boîte...). Le seul souci, c'est qu'il y a des douzaines de personnes à chaque fois qui veulent participer au spectacle et que dix seulement sont retenus, dont la moitié de confirmés. Autant dire que mes chances étaient assez réduites.
Finalement, j'y suis arrivé ce soir, avec la complicité de la charmante demoiselle qui s'occupait de la sélection et avec qui j'avais fixé la date il y a quinze jours. Pas la semaine dernière parce que premier tour, pas la semaine prochaine parce que second tour: restait aujourd'hui.
Ce soir, c'était donc le Grand Soir, et l'internationale était le genre humain. Avec une demi-douzaine d'amis triés sur le volet pour leur capacité buccale vocale
(et en excusant ceux d'entre eux qui avaient un déménagement/gerbaient sur leurs chiottes/se trouvaient en Bretagne ou en Alsace/passaient le channel), je me suis donc présenté à 19h30 pour avoir
mes cinq minutes de gloire.
Je suis donc sélectionné avec neuf autres artistes ou groupes. Il y a de tout, quelques sketches, un manieur de bilboquet, des chanteurs sérieux, des chanteurs nudistres, d'autres sketches, encore d'autres sketches. Globalement d'un bon niveau malgré une ou deux erreurs de parcours.
Et au milieu de tout ça, moi, tremblant comme un lapin buffle félin sensuel qu'on mène à l'abattoir, en cinquième position dans l'ordre de
passage. Le gars devant moi fait un one-man-show que personne ne comprend, il n'y a aucun rire, c'est le drame. Heureusement que l'équipe d'animation est là pour chauffer la salle et mettre
l'ambiance avant nos passages, je n'aurais vraiment pas aimé affronter la salle juste après sa prestation.
On me tend un micro, j'ai la gorge sèche, je monte sur scène, les lumières flashent, il y a bien deux à trois cent personnes dans la salle (ça va, l'estimation est bonne ? Je me rends pas compte), je me sens nerveux, je n'arrive pas à me servir du micro, j'ai les mains moites, les oreilles qui bourdonnent, je marche dans tous les sens pour contrôler le stress.
Et puis les premiers rires arrivent, les premières blagues, ça décomplexe, on y va plus facilement, et l'ambiance se détend complètement. Je retiendrai de cette prestation que, finalement, je suis bien meilleur dans l'impro et les dialogues que je fais avec la salle que dans mon texte qui n'est pas si drôle que ça. Sans compter que je ne l'ai pas en main, que je ne l'ai pas révisé depuis un moment, que j'en ai oublié la moitié et donc que je dois broder.
Au début du spectacle, l'équipe d'animation avait bien précisé au public: "les artistes, c'est 5 minutes sur scène maximum sinon c'est sodomie direct par les membres du staff !".
Du coup j'ai rajouté, évidemment, un passage en impro: "Bon, comme ils ont dit ça, ne vous affolez pas si je regarde ma montre toutes les dix secondes, c'est juste le stress, vous me comprenez, hein ? Ben ouais, j'espère que j'arriverai à tenir assez longtemps..."
Pas super drôle en soi, mais assez motivant pour que l'un des gars de l'équipe ne vienne à la fin du sketch avec une bite postiche sortant de son jean, sensualité débridée à l'état pur, ça a mis une certaine ambiance.
Au final, debriefing avec les pros du théâtre: je ne sais pas me servir d'un micro, j'ai un texte à retravailler, par contre j'ai une super présence scenique et un grand capital sympathie. Et j'ai la priorité pour repasser (deux mois entre chaque prestation si je veux), et la fille du théâtre m'a filé son mail pour m'envoyer une liste de salles qui pourraient jouer.
Comme Chirac, quoi. Je suis sympa. Mangez des pommes.
(Video de la prestation disponible dans une ou deux semaines ^^)
27 avril 2007
La lose, c'est pas que pour les autres
Comme on me le faisait si bien remarquer il y a quelques jours, la chance dans un domaine (en l'occurence professionnel) se fait toujorus compenser par la lose dans un autre (en l'occurence sentimental). Je sais, c'est moi qui ai échafaudé cette théorie, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même mais bon, il n'empêche que ça reste désagréable. Si seulement je n'avais pas tout le temps raison, ça serait un peu moins lassant.
En l'occurence, et vous vous en doutez évidemment, la musicienne a annulé son rendez-vous.
Oh, pour une fois je ne lui jette pas la pierre. D'abord parce qu'elle a pris la peine d'envoyer un texto avant le soir, ce qui représente quand même une amélioration substancielle par rapport aux étapes précédentes. Ensuite parce que le contenu dudit texto est tout à fait acceptable, ce qui là encore représente une première.
"Désolée, j'ai rencontré quelqu'un à la soirée d'hier, du coup ça ne serait pas très honnête de se voir ce soir...."
Net et sans bavures. Franchement, prenez-en de la graine mesdemoiselles: on sera toujours de bien meilleure humeur quand on sait la vérité plutôt que de se faire enfumer par diverses explications vaseuses. Bon, je ne dis pas que je suis motivé pour vous interpréter la Valse de Strauss en Beatbox, mais ya de l'idée quand même.
Parti sur cette bonne lancée, j'en ai profité pour rappeler la Bohémienne qui me criait aux oreilles son plaisir d'avoir vu enfin une Ségolène à peu près potable à la télé. Parce que, flashback, hier on a regardé Sarko ensemble sur la une et j'avais émis quelques doutes sur les capacités de notre socialiste préférée à tenir le niveau.
Bref, nous discutons de l'avenir d'une relation un peu bancale bicoz très prochainement à distance, et nous finissons bons amis d'un presque commun accord (enfin, de son commun accord quoi ^^).
Heureusement, j'ai explosé ex-dulcinée à Soulcalibur, ça compense.
Parti Démocrate Français
Un deuxième article pour le plaisir, mais je ne pouvais m'empêcher de vous sortir cette blague avant qu'elle se fasse piller par le Canard dans les jours qui viennent.
"Le PDF, c'est de l'adobe".
Voilà, ça, c'est dit. Si un jour vous le voyez dans les journaux, vous vous souviendrez avec émotion que j'y ai pensé en premier.
26 avril 2007
La passerelle, la cale, la dunette arrière
Je viens de voir les photos de deux soirées auxquelles j'ai pris part récemment. Sur les deux, on voit le regard des gens se flouter progressivement, jusqu'à ce que tout le monde finisse dans un état plus ou moins lamentable à ronfler par terre, avec ou sans quelqu'un dans les bras, au milieu des cadavres de bouteille et des cacahuètes sensuellement grignotées.
Ca m'a fait penser à la question que je ne sais plus qui avait posée il y a quelques mois, à savoir "putain, Grenouille, t'abuses, tu te bourres la gueule à chaque soirée et t'es vraiment une pauvre loque".
Bon. C'était pas une question, en fait. Mais toujours est-il que c'est une observation intéressante et que ça mérite une réponse. Vous voyez la réactivité de ce blog hein, posez votre question, deux mois plus tard on vous y répond.
Donc, sérions les problèmes. Oui, je suis une pauvre loque. Mais ça n'a rien à voir avec le sujet, sans compter qu'il existe des loques très sympas, donc je vous emmerde. Surtout vus les candidats qu'on nous trouve pour ce second tour, je pense que la loque a un bel avenir dans les années qui viennent. C'était ma minute politique. Ahem.
En ce qui concerne l'alcool, soyons honnêtes, je n'en bois pas tant que ça.
D'une part, je n'en prends jamais en-dehors des soirées, je reste tel un djeunz de base accro au coca, à l'ice tea ou simplement à l'eau fraîche et limpide qui tintinabulle des sources fraîches qu'on trouve tous les dix mètres au parc Monceau.
D'autre part, même en soirée, il m'arrive de ne pas boire du tout pour des raisons de conduite, ou simplement pour ne pas emb(a)rasser les personnes qui ont l'auguste privilège de m'accompagner. Parce que lorsque je bois, j'ai tendance à être très affectueux.
Du coup, le fait de boire reste plutôt occasionnel, et généralement dans l'organisation d'une grande murge générale où l'alcool coule à flots, la vodka a un goût de caramel ou de pomme, et les filles sont belles. Si elles ne le sont pas, patience, avec un peu de vodka ça ira vite mieux. C'est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler.
Au final, c'est vrai que je revois donc les fameuses photos dont je vous parlais en introduction, et je suis assez catastrophé. Que ce soit pour fêter un anniversaire (même celui d'un poisson rouge), de bons résultats ou simplement parce que voilà merde, il y a toujours une occasion pour se retrouver et passer la nuit à faire les cons.
Parce que oui, c'est la le noeud du problème. On me demande à quoi sert l'alcool: je répondrai "à trouver irrésistiblement drôle des jeux comme le fait de coller des post-its sur la gueule de tout le monde, ou de jouer au poker avec des jetons qu'on comprend même pas comment ça marche, ou d'agiter les mains avec élan (mais sans défense), ou de se réveiller dans un lit d'enfant en se demandant comment on a atterri là (réponse: aucune idée).
Cinq bouteilles de vodka: 100€
Ravalage du tapis/de la moquette/des chiottes: 1 heure
Les photos qu'on peut voir après la soirée: Priceless.
25 avril 2007
Let me be your lucky star
Il y a des jours où on a l'impression d'être touché par la grâce, où tout ne peut qu'aller bien, où tous les soucis disparaissent les uns après les autres.
Et aujourd'hui, c'est bien parti pour.
1) J'ai fait une grasse mat' sympa en raison d'un rendez-vous qui s'est subtilement annulé
2) Je viens d'apprendre qu'un de mes dossiers était deux fois plus rentable que prévu
3) Je suis rentré en rendez-vous avec un Big Boss d'une FBC (Fuckin Big Company) qui m'a à peine écouté avant de signer un contrat les yeux fermés pour mes avocats
4) Je suis sorti de l'immeuble pour voir un flic en train de verbaliser ma voiture mal garée. Je joue l'étudiant attristé, il me fait "ça va pour cette fois" et ne contraventionne pas.
5) J'ai reçu un texto qui m'a fait pas mal plaisir
6) J'ai eu au courrier un trop-perçu de charges (oui, vous avez bien lu, un trop-perçu).
7) J'ai pu déposer subrepticement mes ponts de mai en RTT sans que le DG ne me tombe dessus en râlant
8) Il fait putain de beau, je vais finir par bronzer sur la route
9) L'UDF crée un nouveau parti et ne donne aucune consigne de votes (législatives, here we come)
10) Pas de 10 mais bon c'est déjà pas mal, je trouve.
Ya des jours comme ça.
23 avril 2007
Rétablissons le suffrage censitaire
Ah la la.
Drame.
Déception.
Tristesse.
Malgré les T-shirts aguichants de nos sexys centristes, Bayrou éliminé de la présidentielle. Avec un score honorable, certes, mais éliminé tout de même. D'ailleurs, j'en connais qui n'ont pas forcément le triomphe modeste (suivez mon regard ;)).
Si on s'en fiait à mon sondage d'hier, pourtant, c'était bien parti. Sur un échantillon absolument pas représentatif de l'électorat, ça donnait:
Extrême Gauche 12,2%
Gauche 33,2%
Centre 35,5%
Droite 18,2%
Extreme Droite 0,8%
Globalement, ça me plaisait bien comme résultat. Ca aurait dû être ça, les élections. Pourquoi, mais pourquoi a-t-il fallu qu'on fasse voter les gens qui ne me lisent pas ? Hein ? Je vous le demande ! Rétablissons le cens et les choses seront tellement mieux ;)
Quoi qu'il en soit, va falloir voter au second tour. Et c'est quand même chaud, parce qu'entre l'incompétente xanaxée et le fou dangereux, le choix est dur.
Sérieusement, vous avez vu le discours de Ségolène Royal ? Elle a mis deux heures à se décider sous les regards soucieux de son entourage, je suis prêt à parier qu'elle a souffert d'une dépression/overdose/crise d'angoisse au moment des résultats. Ce qui expliquerait le temps qu'il lui a fallu.
Ca expliquerait également le fait que, quelle que soit la manière dont on présente les choses, elle était shootée jusqu'aux oreilles au moment de faire son discours. Le sourire vaguement mécanique, le discours lent et heurté, la voix monocorde, les gestes décalés par rapport aux paroles, je crois que je n'ai jamais vu pire récitation de toute ma vie. C'est con parce que le texte en tant que tel aurait pu être intéressant, mais même Apollinaire sonnerait creux sous tant d'Alcools.
C'est un peu inquiétant de ne pas avoir la maîtrise de ses nerfs à ce point. On me demandait pourquoi Bayrou, j'aurais tendance à répondre: déjà, parce que c'est le seul à avoir assez de distance pour ne pas péter un plomb. Je n'ai pas forcément envie que la diplomatie française se règle désormais à coups de menaces stridentes et d'incantations creuses. Bordel, qu'est-ce que ça me déprime.
Alors quoi ? Le fou furieux ou l'émotive incompétente ?
Franchement, on ne devrait pas avoir une telle situation. Même en 2002, j'ai voté Chirac le coeur plus léger. Seulement au final, il n'y a pas trop le choix. Ce sera un bulletin Ségo dans l'urne.
Putain, ça me fait mal au cul.
PS: Sur 253 votes, il y a 152 filles et 101 mecs, soit 61% vs 39%. J'aime.
The one your mom warned you about
C'est sympa de se dire que la vie a encore des surprises à nous réserver. Histoire de vous mettre dans l'ambiance de ce post, voici une chanson qu'ex-dulcinée m'a fait découvrir hier. Merci, ex-dulcinée.
Oui, ce blog ronronnait. Oui, il ne se passait rien de particulièrement incroyable dans ma vie sentimentale ou de particulièrement racontable dans ma vie sexuelle. Oui, j'étais obligé de parler politique pour meubler. Oui, je m'apprêtais à vous servir une énième histoire impliquant Sarko, Sego et une vache normande.
Mais le destin a décidé de frapper à ma porte. Enfin plus spécifiquement de faire "coucou", comme tout MSN qui se respecte.
XXX dit :
Coucou
XXX dit :
Dispo cette semaine pour un restau ?
Evidemment, vous aurez reconnu dans ces premières lignes celle que l'on n'attendait plus, celle qui réjouit les petits et les grands (un peu comme Oui-Oui mais sans Potiron), j'ai nommé la Musicienne.
Hum.
Je pensais bien ne plus jamais entendre parler d'elle après les derniers épisodes, et après que j'aie négligé de l'appeler il y a dix jours. Comme quoi, "fuis-moi je te suis" & co, ça reste d'actualité.
On discute un moment, et j'ai droit à ce morceau d'anthologie.
XXX dit :
en fait, j'ai toujours hesite a te revoir, tu ne me parais pas tres serieux
Grenouille dit :
Gné ?*
XXX dit :
j'arrive pas trop à te cerner
XXX dit :
avec les filles
Bon, je ne sais pas comment je dois prendre ça. Est-ce que j'ai vraiment l'air d'un connard, c'est inscrit dans mes gènes (@sarkozy) ? Ce serait un peu décevant quand même. Rassurez-moi, ceux qui me connaissent, merde quoi. Pas plus tard qu'il y a une heure, la bohémienne me confirmait que j'étais la pureté et l'innocence personnifiées.
Bref, on discute un peu, je lui explique que non, vraiment, je le sens moyen de me faire annuler un truc au dernier moment, elle promet de ne pas annuler, on convient d'une heure et d'un lieu. Proche de chez moi, pour ne pas me faire chier si jamais ça se révélait une connerie.
Comme le disait je ne sais plus qui, il est très probable qu'elle ait trouvé quelqu'un, que ça ait foiré, et que je sois désormais le next best choice. Quoi qu'il en soit, c'est plutôt marrant de voir cette résurrection.
Donc prenez date, mes chers compatriotes. Ce jeudi, annulation de repas à prévoir. La musicienne is back in business.
* Ouais, on ne peut pas toujours avoir une répartie acérée.
22 avril 2007
Votez Bayrou, vous aurez un bisou
Chacun, selon ses moyens, et avec ses slogans, pour faire avancer la cause centriste !
C'est vrai, quoi, merde, ça sert à quoi d'avoir un blog si on ne peut même pas s'en servir pour influencer les gens ? Bon, là je m'y prends un peu tard mais n'empêche, si ça aura permis de modifier un seul vote, ça peut êtrre intéressant.
Donc voilà, votez Bayrou, histoire d'avoir un rempart anti-sarko crédible au second tour. Et puis il a de belles oreilles.
20 avril 2007
One-night standard
Hier (enfin avant-hier, mais j'essaie de montrer que je ne suis pas si à la ramasse que ça dans mes articles), j'ai appris qu'une amie s'était faite engueuler par sa famille pour le contenu de son blog.
Ils sont tombés dessus par hasard, et comme forcément ça causait cul, ce fut le drame. Parce qu'une fille qui parle cul, c'est mal. Ma fille, tu seras nonne ou épouse modèle ou business woman, mais jamais au grand jamais tu ne parleras de sexe en public.
C'est quand même marrant, sur le principe. Ca va faire deux ans (en comptant l'autre blog) que je raconte mes histoires au fil des pages. Globalement, ça a beau être enrobé comme un bonbon à la menthe qui vous dégage le nez avec sensualité, ça reste des histoires de cul, d'amour, de relations, de plans d'un soir ou plus.
Faites le calcul du nombre de personnes abordées dans ces derniers mois, par exemple.
Et pourtant, je n'ai presque jamais eu un commentaire négatif sur les sujets que j'abordais. Lorsque c'était le cas, ça restait toujours civil, du genre "ouais non mais tu sais c'est pas bien de faire des choses comme ça tu sais, car les filles ont des sentiments aussi et qui trop embrasse prend mal le train".
Bref, personne ne m'a jamais réellement critiqué ou condamné pour ce que j'écrivais. Normal, non ? Parce que je suis un mec, et que c'est logique pour un mec d'enchaîner des plans foireux et des coups sans lendemain.
Par contre, dès qu'il s'agit d'une fille, c'est la levée de boucliers.
Vous avez déjà lu des blogs féminins qui assument leur sexualité et/ou leurs histoires amoureuses ? Vous avez déjà remarqué que, très rapidement, les piranhas se rassemblent ? Attirés par l'odeur de la cyprine et des effluves sanguines (oui, bon, non, je ne parle pas du sang impur qui abreuve parfois votre sillon), ils s'approchent pour venir frapper, déchirer, critiquer, observer.
Et là, pas forcément de critique constructive. Ca frappe bas, ça frappe violemment, ça critique le style, l'intelligence, la vie, les choix, la consistance, le désir. Une fille qui a des désirs, c'est forcément indécent. Et si elle en parle sur son blog - en plus ! - c'est forcément une déséquilibrée. Grâce soit rendue à tous ces frustrés du dimanche qui râlent contre les filles qui ont eu plus d'une histoire dans leur vie, qui se sont séparées de leur mec, qui ont trouvé un mâle en soirée ou qui ont couché avec quelqu'un par meetic/blog/forum interposé.
Ouais, j'ai l'impression de prêcher comme une vielle loque, mais c'est vrai que ça me crispe de voir qu'encore aujourd'hui, et parmi une population quand même vaguement éduquée (vous êtes capables de lire, merde, quoi), il y ait encore ces doubles standards.
Une fille qui assume sa sexualité, c'est beau comme un emballage de gâteau en papier d'alu sous la lumière du matin pâle, alors que la rosée de l'aube vient délicatement nimber ses contours d'un halo translucide de sensualité trouble.
Sur cette forte pensée, je vous abandonne pour aller me bourrer la gueule.
Comme j'ai une conscience politique qui déchire sa race dans un cabas de ménagère de moins de cinquante ans, je vous laisse la vidéo du concert mythique des Béruriers, des fois que.
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19 avril 2007
Bohémienne Rhapsody
J'avais rendez-vous hier soir avec la comtesse aux pieds nus déjà mentionnée dans les articles précédents. L'ennui, c'est qu'il peut lui arriver de lire ce blog, du coup je ne pourrai dire ce que je veux avec discrétion et raffinement , du genre "Ouaaaais promenons-nous dans les prairies lascives de la Grèce Antique (ou du Parc Monceau, c'est selon) et baisons comme des bêtes sur des peaux de gnou en rut auprès d'un feu de bois qui pétille dans la cheminée d'une demeure seigneuriale (ou dans un studio, c'est selon)"
Hum.
Du coup, bridé comme je suis, qu'est-ce que je pourrais bien raconter ? On s'est récupérés à Châtelet, qui est décidément l'endroit habituel pour récupérer les jeunes filles de bonne famille. A noter que c'est pour le célibataire un endroit idéal pour aborder l'autochtone puisque je l'ai attendue en compagnie d'au moins une demi-douzaine de filles plutôt mignonnes. Le défaut, c'est qu'elles sont certainement en couple puisqu'elles attendent quelqu'un.
Elle arrive avec le total look Britney Spears dans Hit me Baby One More Time, ce qui ferait plaisir à Gauthier. Socquettes sur 10cm de talon, j'avoue que ça donne du caractère. Bon, j'avoue que je m'attendais au pantacourt par simple esprit de contradiction, genre "tu aimes pas, t'es sûr ?". En même temps j'aime pas, je suis sûr. Alors que là, j'avoue que ça a un côté très sympathique pour l'esthète vestimentaire que je suis.
On prend quelques coupes de champagne parce que les bulles, ça fait classe et qu'en plus il est bon dans le bar où on a atterri. On discute amour, relations, ex, anglais. Un jour, je m'y ferai, à l'accent de Canterbury. Autant l'accent français plait bien aux anglaises, autant l'accent anglais plait bien aux français.
A noter qu'il semble exister une race particulière de filles, les courageuses, qui n'hésitent pas à inscrire leur numéro sur le journal d'un gars dans le métro si celui-ci lui plait. Sans compter d'autres anecdotes que je ne raconterai pas ici, mais qui auront tendance à rassurer tous les timides d'ici et d'ailleurs: parfois, une inconnue vous offre des fleurs.
Comme la soirée avait commencé dans le glamour avec les coupes de champagne et les bulles qui pétillent, ça ne pouvait que continuer dans le luxe et le satin. Comme le Marais regorge de restaurants formidables, on a donc choisi de s'orienter vers un traiteur chinois pourri (ce n'est pas moi qui le dis, je cite avec émotion: "j'aimerais manger chez un chinois pourri").
Ca fait plaisir, des moments comme ça. Ca fait d'autant plus plaisir quand on trouve le traiteur sans souci dans la rue malgré les dénégations de la susdite bohémienne. Je m'estime quitte avec le coup de la rue Marbeuf, chacun son tour de se planter.
Au final on mange des nems et d'autres trucs formidables et uniquement chinois, avant de la raccompagner au métro comme une cendrillon des temps modernes - avec les talons-de-dix-centimètres-de-vair.
Ca va, j'ai bien raconté ?