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17 février 2007
Si tu ne vas pas à la gare d'Hères
Ca y est, over-blog a l'air de remarcher. Super, je vais pouvoir donc vous reparler de moi, ma vie, mon oeuvre. Encore une note-fleuve, au moins ça fait le tri parmi les lecteurs...
Ouais parce que finalement, il y a tellement de choses à raconter qu'un article par jour n'y suffit pas et que je suis obligé de passer plein de trucs sous silence. Finalement, on est beaucoup plus actifs quand on est célibataires qu'en couple, où les seuls articles de blogs intéressants sont de savoir quel côté de la couette reçoit le plus de miettes lors de la dégustation d'une galette des rois sans précaution.
Là, non. Je suis mort, sur les rotules, anéanti, crevé, déchiré, défoncé, décalqué, dé-plein de trucs.
Mais commençons par le commencement et cette fameuse gare d'Hères. Vous allez voir pourquoi j'accorde crédit à la théorie comme quoi les dieux sont tous des vieux séniles qui aiment bien faire des blagues nulles pour se distraire.
Parce qu'à priori, vendredi matin, lorsque je suis monté dans le train avec le responsable des consultants de mon cabinet, ce n'était pas particulièrement pour danser jusqu'au bout de la nuit dans le wagon-bar. J'avais mon ordi, mes dossiers, mon magazine consciencieusement acheté. Je m'étais installé loin du fameux consultant manager (ça claque en anglais) pour ne pas avoir à trop parler boulot, et j'étais prêt à passer un voyage de deux heures absolument assommant.
Sauf que...
En face de moi, une fille me sourit de manière insistante. Elle n'est pas vraiment belle (ou vraiment pas, à vous de choisir l'ordre des mots) mais elle a quelque chose de sexuel vraiment ébouriffant. Imaginez un mix de Beatrice Dalle, Emmanuelle Beart et Angelina Jolie. Sa seule présence me donne chaud alors que vraiment, vraiment, je ne suis pas attiré.
En gros, je bande (ça vous fait plaisir de savoir ça, hein ? Les blogs, ça donne une telle proximité avec le public).
Mais comme en-dehors de ça j'ai quand même un article de l'Expansion à lire, je me plonge dans mon journal.
Quelques minutes plus tard, comme tout mâle normalement constitué dans le train, je vais chercher des M&Ms pour passer le temps. Elle me suit. Lorsque je reviens, elle me barre le chemin, me met une main sur la hanche et fait "le mot de passe ?"
Hum...
Hum...
Bon j'étais au téléphone à ce moment-là avec un de mes commerciaux donc je lui souris poliment et je me déhanche pour passer outre. Je rejoins mon siège, je m'allonge vaguement sur les deux places, elle vient s'asseoir à côté de moi (donc à moitié sur moi) et me demande si elle peut me piquer des M&Ms.
A proximité comme ça, elle est affolante cette fille. Mais moche. Mais affolante.
Imaginez le dilemme. La vie est parfois cruelle.
Bon prince, je la laisse piocher dans le sachet que, non, je ne mets pas entre mes cuisses. Elle commence aussitôt une diatribe sur le goût différent des M&Ms selon leur couleur et à quel point les bleus ont une texture différente, mais qu'elle aime bien les jaunes aussi.
Là, j'aurais dû me méfier.
"C'est marrant comme théorie, je fais"
Et ce sont les seuls mots que j'ai pu prononcer du voyage. A partir de là, elle a commencé à parler.
Oh mon dieu.
Oh my god.
O Tannenbaum.
O Catarinetabellatchictchic
Une fille comme ça ne peut décemment pas exister. La bienséance, la police de la pensée, les eugénistes de tous poils devraient mieux faire leurs métiers. Les cohortes vomissantes de la bien-pensance anti-avortement devraient en prendre de la graine et brûler sur le bûcher tremblotant de leurs certitudes versaillaises (avec le pin's du Savour Club).
Elle parle, elle parle, elle parle, sans respirer, sans s'arrêter, sans rime, sans raison, sans coq, sans âne, sans chemise, sans pantalon, sans dessus dessous, sans piternel. Elle discute, elle raconte, elle analyse, elle dissèque, elle rit, elle pleure.
Elle monologue.
Deux heures.
Deux putains d'heures !
"Oui alors ma voiture c'était une Fiat et tu vois pour quelqu'un qui a du sang espagnol comme moi c'est un peu une trahison parce que tu vois les Fiat c'est quand même italien et les italiennes c'est les rivales de toujours alors bon on me disait souvent ouais tu trahis tu trahis mais je m'en fous j'aimais bien ma petite Fiat elle était toujours énergique et elle te montait les côtes sans problèmes et puis de toute façon les italiennes c'est pas comme si je les rencontrais souvent au boulot yen a pas par exemple alors tu vois j'ai pas vraiment de concurrence surtout quand je mets mes bottes tu vois des bottes qui montent jusqu'à la cheville mais pas des cuissardes hein parce que je suis pas une salope mais des bottes bien quand même alors forcément c'est pas une italienne sortie de sa campagne qui viendrait m'emmerder mais bon donc je te disais que ma Fiat était sortie de route à cause de la plaque de verglas parce qu'il faisait froid et c'est chiant de rouler quand il fait froid surtout que j'étais en retard à cause du réveil qui avait pas sonné et du coup je pensais à comment j'allais me faire engueuler par ma supérieure elle rigole pas hein elle je t'en ai déjà parlé je crois non c'est celle qui fait chier tout le service avec ses coups de gueule je crois qu'elle m'aime pas c'est con parce que je fais bien mon boulot et..."
DEUX PÜTAINS D'HEURES !
RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
J'en avais la bave aux lèvres tellement je n'en pouvais plus.
En plus, j'avais commis une erreur fatale au moment où elle avait commencé à parler de sa voiture. Elle me disait qu'elle remontait en voiture ensuite sur Paris mais qu'elle flippait de conduire sur un aussi long trajet. Et je ne sais pas ce qui m'a pris (en tout cas, pas mon cerveau) mais j'ai proposé de remonter avec elle du coup. Et elle a accepté.
Pendant tout le reste du trajet je m'en suis voulu. Comme j'avais pas mal de temps pour réfléchir (ben ouais, forcément, c'est pas comme si elle attendait des réponses), j'élaborais un ou deux stratagèmes pour m'en sortir tranquillement.
Et puis à cinq minutes de l'arrivée en gare alors que je crois trouver la solution, elle me roule une pelle. Je suis complètement pris au dépourvu, je n'écoutais plus ce qu'elle disait depuis une bonne heure. Han, elle se débrouille pas trop mal. Je la repousse doucement.
"Ouais, tu sais, pour remonter ta voiture, en fait ça dépend à quelle heure je termine mon rendez-vous. C'est quand même boulot pour moi aujourd'hui"
"Ouais je comprends. Mais à 15h tu penses avoir fini ?"
"Euh, plutôt 17h" mens-je effrontément.
Son visage s'affaisse. De tristesse, elle ne parle presque plus. Je pousse un soupir de soulagement.
"Pas grave, je t'attendrai jusqu"à 17h du coup !"
"Mais si ça prend plus longtemps ?"
"Ben euh... bon écoute j'attends 17h et tu me téléphones quand tu sors ?"
Ok, je fais.
On sort de la gare. Mon collègue est mort de rire.
"Quand tu vois double, tu ramènes d'la bombe nucléaire" qu'il fait.
"Ca va, ca va..."
"En même temps, elle était putain de sexy"
"Oui oui..."
"Pourquoi tu l'as pas embrassée avant ? Ca faisait une heure que j'attendais que tu te décides et qu'elle ferme sa gueule ?"
"J'y ai pensé..."
Le rendez-vous se termine à 15h30 comme prévu. Je prends donc soin d'appeler vers 18h30.
"Oui... oui... ça a duré plus longtemps hein... oui... ah tu es à Poitiers ? Comme c'est dommage... oui, une autre fois !"
Avec simplicité et candeur, elle me demande: "Non mais ce soir on peut quand même baiser si tu veux ?"
...
...
J'aurais bien dit oui mais j'avais d'autres trucs prévus dans la soirée, dont je vous parlerai dans une autre note parce que là ça atteint des proportions dantesques.
Je lui envoie donc au final un texto "oui finalement ce soir je suis pris, un autre jour peut-être ?"
Réponse: "Où tu veux, quand tu veux darling".
Bordel.
Il était 20h et mes emmerdes ne faisaient que commencer.
15:00 Publié dans batracien | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
Commentaires
La souris blonde | 17 février 2007
T'as donc trouvé plus bavard que toi.ça, c'est fort, vu la note d'aujourd'hui.
taupom d"Api | 17 février 2007
Et ben dis donc ! une nana bavarde, mais qui n'a pas froid aux yeux... Moi aussi dans le train en général les gens me racontent leur vie... Une fois, c'était un pompier volontaire qui me dragouillait. J'ai eu le malheur de lui dire sur quelle île bretonne je me rendais pour un chantier archéologique. Ni une ni deux, il a appelé la mairie de l'île pour me retrouver, vu que j'avais omis soigneusement de lui donner mon numéro de portable. Quel succès Cher Batracien... !
PruNelle | 17 février 2007
C'est surréaliste mais qu'est-ce-qu'on rit !
Les notes sont en effet plus palpitantes quand t'es célibataire... tu n'as toujours pas revu la jumelle moche ou l'autre ?
Vivement la suite !!!
eponyme | 17 février 2007
Ah là là... Tu m'as fait bien rire ! Quel style !
le_visiteur | 17 février 2007
La suite ! La suite !
L | 17 février 2007
la suiiiite
funny | 18 février 2007
damned pourquoi être venue là maintenant? comment trouver le sommeil face à tant de suspense?Le batracien est fort cruel avec son lectorat qui rentre tard le samedi soir!
Laura | 18 février 2007
à ta place vu la fille que tu décris je serais remonter avec elle à paris, et je suis sure qu ej'aurais trouvé un moyen de la faire taire...
la suite stp !!
kissss
Lili | 18 février 2007
Moi je me demande un trucC'est quoi pour toi une fille vraiment pas belle mais super excitante? J'arrive pas a me faire une idée aurais tu (ou n'immporte qui d'autre) un exemple celebre ?Et apres tu as regretté de pas avoir pu la faire taire autrement qu'avec ta bouche ? ou tu nous le fait romantique "oui mais je n'avais pas de sentiment ni de tendresse donc ca n'aurait pas ete honnete (puis en plus elle etait moche) ?
rem | 18 février 2007
Je suis fasciné par ta capacité ( ton don ?) pour te mettre dans des situations pas possible
fiat luxe | 18 février 2007
Allons, positive.Tu aurais pu tomber sur une fille qui avait une Lada, avec une bouche en forme de boîte à gants et des sourcils en essuie glace.Fiat c'est pas si mal.Mais c'est c'est sûr que c'est plus dur pour lui faire le coup de la panne.C'est vrai.Je sais pas pourquoi mais la suite sent le virage mal négocié qui se finit en tonneau, et j'en ris d'avance.
Gajal | 18 février 2007
c'est toujours au meme que ca arrive
mais au final, ce qui t as embetté c est son débit, ou le fait que tu n ai pas pu placé un mot :-p
xXx | 18 février 2007
c'est n'importe quoi, ils ont tous le même gout les mnm's!!!!
E. | 18 février 2007
Des bottes qui montent jusqu'à la cheveille? des bottines quoi? (si ça c'est pas une preuve que j'ai tout lu...)
Scandaleuse | 18 février 2007
Y'a un truc qui m'intrigue dans l'histoire.
J'aurais bien aimé lire sa note à elle en fait.
lapin malin | 18 février 2007
Moi ce qui m'intrigue, c'est : comment fait il pour les attirer comme ça?? C'est pas dieu possible bon sang !Lol moi j'ai pris le tgv un bon paquet de fois et il ne me semble pas que l'on m'ait jamais posé la main sur la hanche. Ni ailleurs, d'ailleurs...Monde cruel.......
Scandaleuse | 19 février 2007
Peut-être que tu n'es pas assez lapin ... ou pas assez malin ;p
Bon ok, c'était nul. Quoiqu'il en soit, la drague dans le train je trouve ça génial.
cheyenne2006 | 19 février 2007
Voilà ce matin je me pointe devant l'ordi et me dis...."tiens vais aller voir les (mé)aventures du batracien du net"....
et là......comme une quiche je me marrait toute seule devant mon pc en t'imaginant........ et en imaginant le demoiselle la situation et le reste.......
y'a qu'à toi que ça arrive !
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