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25 janvier 2007

A quoi ça sert d'être parano ?

Mardi dernier,  un rendez-vous chez un partenaire important s'est annulé alors que je devais aller le voir en plein coeur de la France profonde. Tristesse et désespoir, mais où va le monde.

Seulement, une fois la déception passée, j'ai tout de suite vu le parti que j'allais pouvoir en tirer: ça me permettait tout simplement de rester tranquillement chez moi (et d'y bosser, faut pas déconner quand même) plutôt que de prendre la route comme une vieille loque. C'est pas méchant, ça ne mange pas de pain, et ça s'explique plutôt facilement s'il faut rendre des comptes.

Mais évidemment, le destin n'allait pas en décider ainsi.

Parce que voyez-vous, braves gens qui écoutez parfois les infos ou regardez par la fenêtre, il y a eu de la neige ces derniers jours. Et je ne parle pas de quelques flocons mais de véritables tempêtes sur certaines régions - y compris là où j'aurais dû être.

J'allume les infos et j'entends parler d'automobilistes bloqués, de verglas, de routes barrées, d'autoroutes impraticables. Et je commence à me dire que ça va chauffer pour moi, là, tout d'un coup. Parce que tous les collègues vont se demander comment j'ai survécu à l'ordalie, vont me poser des questions sur les conditions météos et si j'ai dormi dans ma bagnole, si j'ai trouvé facilement un hôtel, ce genre de choses.

Arg. Tout d'un coup, ça paraît vachement moins crédible, tout ça.

Je passe donc pas mal de temps à écouter les nouvelles pour blinder ma connaissance de la région, pour voir où il y a eu le plus de soucis, et pour inventer quelque chose de crédible si jamais on me demande comment ça s'est passé. Je regarde dans le miroir le sourire ultrabrite: c'est bon, je suis prêt, la cover-story est faite. Putain, tout ça pour avoir profité UNE JOURNEE dans l'année d'une grasse mat', et il aura fallu que ce soit LE JOUR DE L'ANNEE où ce n'était pas crédible.

Armé jusqu'aux dents de tout ce que je peux trouver comme infos, engoncé dans ma voiture sous la pluie pour que ce soit plus crédible, j'appelle mes commerciaux pour leur dire que je suis encore en vie malgré les éléments qui se sont déchaînés contre mon corps sensuel, les périls auxquels j'ai échappé en dérapant avec maestria sur des plaques de verglas épaisses comme un sexe d'acteur porno et globalement tous les soucis que j'aurais pu avoir si j'avais vraiment été sur place.

"Ah bon, tu as eu de la neige ?" demande l'un.

"Ah, t'étais là-bas ?" fait un autre.

"Moi j'ai eu de la pluie" interrompt le troisième.

Putain. Faites-vous chier à inventer des histoires...

Commentaires

Polgara | 25 janvier 2007

C'est pour ça qu'il ne faut JAMAIS se justifier : )

Scandaleuse | 25 janvier 2007


Tout ça pour une grasse matinée dans l'année....!
C'est à cet instant précis, que je peux admettre que je suis vraiment douée pour la comédie et les excuses (inexcusables) toujours plus étonnantes les unes que les autres et, bien entendu, toujours acceptées. A moins qu'il ne s'agisse d'une histoire de charme. A moins qu'il ne s'agisse de culot. Ou, pire, de désinvolture. Dans tous les cas, une grasse matinée par an, c'est bien trop peu.

Laura | 25 janvier 2007

quand on ment il ne faut pas rentrer dans d'inutiles détails... se justifier non plus tout à fait d'accord avec Polgara
kisss

ninette | 26 janvier 2007

ah!!!! C'était sûr ça... Tu te montes tout un patacaisse pour rien!!! Tu as dû tomber de cul quand tu les a entendu... J'aurai bien aimé voir ta tête!!!!

Amélie | 26 janvier 2007

Plus c'est simple, plus c'est crédible..ceci dit le tient tenait la route :-) malgré la neige..

Masemoiselle | 27 janvier 2007

'" j'appelle mes commerciaux " (sic)

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