« Il faut bien que jaunisse se passe | Page d'accueil | Appelez-moi Anna Galvaudé »
06 septembre 2006
L'idôle déjeune
J'arrive donc dans l'appartement des parents, trempé comme une grosse merde, dégoulinant comme un dogue, sans cadeau ni rien de bien présentable. Je n'ose imaginer les flaques dans leur bagnole, j'ai déjà suffisamment honte comme ça.
Bref, le temps qu'ils soient allés me chercher, il n'y a plus personne sur place: ils ont tous bougés pour aller à l'endroit de la soirée, un hangar à quelques kilomètres de la ville. De nouveau, les parents jouent les chauffeurs. Ah, rien à dire, je les connais bien, si un jour j'envisage d'épouser leur fille j'ai déjà du chemin de parcouru. Ils m'ont vu dans mon plus beau jour.
J'arrive enfin au hangar. Ca stroboscope dans tous les sens, c'est la classe. Il y a des voitures d'étudiant dans tous les sens, rien que de les compter, ça me donne le tournis. Visiblement, je n'ai pas été le seul invité... pas grave, j'ouvre avec aplomb la porte et je me fraie un chemin dans la masse des people présents.
Je dis masse parce que pour les vingt ans de la jeune fille, il devait y avoir au bas mot 200 personnes. En même temps, si elle avait invité tous les boulets qu'elle avait croisé dans les oraux ou dans les trains, pas étonnant que ça fasse un tel volume. Du coup je me sentais tout d'un coup un peu moins spécial, moi. Je pensais avoir été sélectionné parmi l'élite, tout ça tout ça, et en fait, euh, bof quoi. Je suis sûr qu'il y a même le fils du coiffeur, la cousine de la manucure et le gars qui fait les poils de son chien.
Du coup, j'avoue que je me suis un peu paumé dans tout ce bordel. Deux cent personnes qui dansent dans tous les sens sur de l'électro bien bourrin avec des spots qui flashouillent, ça a tendance à faire perdre pied. Impossible de trouver la fille en question dans tout ça. Et évidemment, je ne connais personne d'autre. La bonne nouvelle c'est que vu le monde, l'absence de mon cadeau passe totalement inaperçue.
Je demande mon chemin, on m'indique vaguement où elle se trouve. Tel un Moïse des temps modernes (ya pas à dire, je suis dans la Moïse), j'écarte la foule des deux côtés pour atteindre l'altière promise. Elle est là, devant moi, aussi magnifique et sensuelle qu'au premier jour, avec une super robe qui ne tient que par les aisselles, le truc qui épouse la forme de son corps en une symphonie d'érotisme qui incite les éléphants à raidir leur trompe avant de projeter l'eau au loin.
Ha ! Vous vous attendiez à ce qu'elle soit devenue moche, hein, ça aurait bien été le genre d'histoire que je raconte d'habitude. Avouez ! Mais là non.
La mauvaise surprise, c'est qu'elle avait vaguement les lèvres absorbées par le beau mâle à ses côtés, et que ça a duré quelques minutes avant qu'elle se retourne, les jambes flageolantes.
'"Ah tiens, Grenouille, t'as réussi à venir ? C'est cool ! Machin, je te présente Grenouille. Grenouille, c'est machin, mon mec"
Oh.
On se fait les salamalecs d'usage et elle repart rouler des pelles au mâle concerné alors que j'hésite sur la conduite à tenir. Personne que je connaisse et la maîtresse de maison partie, quelle attitude adopter ?
La réponse est facile et tient en un mot: vodka. Les stocks d'alcool sont pléthoriques, je pléthorise donc avec bonheur. Plus j'enchaîne, plus j'apprécie la soirée autour. Ouais, bon, ne me répétez pas que c'est pathétique, je le sais et j'assume. Je vous rappelle qu'à l'époque je n'étais pas encore l'astre solaire ruisselant de lumière divine qui vous éclaire aujourd'hui et donc que je ne me voyais pas draguer au hasard dans la cohue pour passer une bonne soirée. Non, l'alcool me réussissait mieux.
Une bouteille vidée, je deviens considérablement plus enjoué. Il doit etre dans les 5h du mat et la programmation musicale s'est calmée. Du coup, je propose avec enthousiasme des chansons a capella autour d'un groupe aussi déchiré que moi. On chope une guitare de je ne sais où et un mec commence à gratter pendant qu'on improvise des standards aussi puissants que la Fille du Bédouin ou le Lapin et le Cerf version Power Commercial. Si vous êtes sages, un jour, je vous dirai comment on les interprète en école.
Ouais, voir cinquante personnes (facile, on avait drainé une bonne audience) qui gueulent dans un rythme approximatif "Dans la wouuuh un grand euuuuuh regardait par la iiiiiih un mff mff venir à lui, et lui dire ainsi: euuuuh, euuuh, iiiiiih ou le panpanpan me aaaaaaaargh ! mff mff iiiih et viens, me serrer la main"
Hum.
Bref, on commence à faire tant de bruit que la maîtresse de cérémonie vient voir ce qu'il se passe. On est tous torse poil (même certaines filles), on oscille dans tous les sens, et ya plus d'alcool. Je sens la crise venir mais comme l'adrénaline m'abandonne, je m'allonge dans un coin et je m'endors.
Lendemain. Réveil par des gars qui avaient chanté avec moi. La fille est en train de ranger avec ses amies les débris de la fête. Je vais proposer mon aide par galanterie, elle me lance un regard noir.
Je reprends le train, jurant, mais un peu tard, qu'on ne m'y prendrait plus...
15:00 Publié dans batracien | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
Commentaires
anonymous | 06 septembre 2006
rrrrooooh quelle vacherie ! tu me fends le coeur sans blague.
tu as bien raison de te rattraper maintenant hein !
( bon là je vais me faire huer )
C. | 06 septembre 2006
oui, pas cool pour toi.
Tu t'en es bien sorti en réussissant à t'amuser, mais qu'elle t'en veuille pour ça...
Elle s'attendait à quoi franchement?
elya | 06 septembre 2006
Y a pas à dire si un jour tu te décides vraiment à faire une carrière d'écrivain tu connaitras succès, surtout si tu racontes toutes ces anecdoctes aussi bien comptées! Gentille je suis mais c'est toujours un régal de lire tout ça!
Bonne continuation!
PruNelle | 06 septembre 2006
Alors oui je l'avoue je m'attendais à ce qu'elle soit devenue moche, c'est vrai... oui une chute du genre de l'histoire vécue outre rhin avec la blonde WWF aux longs cheveux blonds ! mdrrrrr ! En même temps, j'y retrouve des trucs de l'histoire du mariage où t'avais aussi picolé, mais bon dans le cas présent, tu n'avais pas à conduire donc je n'ai aucun reproche à te faire...
... au contraire ça t'a permit de te détendre et de réussir à passer une bonne soirée alors tant mieux.
Quant à elle, c'est bien fait parce qu'en invitant autant de monde qu'elle ne connaissait pas bien, elle aurait du se douter qu'elle ne pourrait pas contrôler la situation.
Donc sans regret puisqu'elle est sans interêt... et cela même si tu aurais eu la côte avec ses parents ! : D
shinzawai | 06 septembre 2006
Bien fait.
Pour les deux.
Gorgonzolla | 06 septembre 2006
Moïse... L'altière promise... Je parie que je ne suis pas le seul à sourire derrière mon écran... Bravo Batracien pour ta verve et ton franc parler... Par curiosité, dans quel coin ton école d'ingé?
Bouc & Moustache | 07 septembre 2006
Tu t'endors alors qu'il y avait des femmes "torse poil"... c'était pas ton jour
Dragoon | 07 septembre 2006
Tu t'es fait avoir sur ce coups là. De toute façon, tu t'es bien rattrapé par la suite.
Fantomette | 07 septembre 2006
Ouuuuuuuuffff !
Une fois rentré ça doit donner l'impression d'avoir passé 24h dans la quatrième dimension...
Mrfish au boulot...^^ | 07 septembre 2006
Ben alors ? pas de tentative auprès des demoiselles aussi parties que toi ? dommage... Bien sympa comme histoire de loose mon ami...
trungpa | 08 septembre 2006
c'est toujours qd on est aimable (avec son accordéon) qu' on nous fait des reproches !!!
anonymous | 08 septembre 2006
Jean de la Fontaine , veuillez quitter immédiatement ce corps juvénile!!!
( voir dernière phrase)
Écrire un commentaire