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31 mai 2006

Mes amis sont formidables

Ils sont toujours là pour redonner des sujets pour le blog lorsque je ne sais pas quoi écrire. Exemple hier soir.

Enfin je dis hier soir, je devrais écrire "hier dans la nuit", puisque la scène se passe à 2h08 du matin. Je connais l'heure exacte, ce sont les chiffres rouges lumineux de mon radioréveil qui m'ont sauté aux yeux lorsque le téléphone a sonné.

2h du mat ? Ok, je sais que je me couche tard d'habitude, mais je bosse quand même le lendemain. Du coup, je me dis que ça doit être une urgence. Les yeux vifs, le poil soyeux, je roule la dulcinée dans un coin du lit et je décroche.

Effectivement, c'est une urgence.

"Grenouille, faut absolument que tu m'aides !" chuinte une voix au téléphone.

Merde, qu'est-ce qu'il se passe encore ? Accident, rupture, pote jeté à la rue, mon sang ne fait qu'un tour ! Croisé de labrador et de berger des pyréennées, je me prépare à sortir le tonneau de rhum. Cet homme souffre, mes amis, il faut l'aider !

"Qu'est-ce qui se passe ?" demandé-je fort à propos (parce qu'il ne faut pas gâcher le bon rhum).

Et là, c'est le drame.

"Je suis dans la salle de bains de ma copine !"

....

"Et ?"

"Ben et je viens de me rendre compte que je n'avais plus de préservatifs, et je pense qu'elle n'en a pas non plus, je fais comment ?"

Grand blanc au bout du téléphone. Mon instinct de secouriste retourne se coucher, et je me sens soudain un peu stupide avec le rhum à la main. Je retourne le ranger à côté de la vodka.

"Euh..."

Il s'attend à quoi, exactement ? A ce que je lui faxe un préservatif ? Je sais qu'on a fait pas mal de progrès avec la 3G, mais là ca reste limite. Du coup, mon hésitation se sent et il revient à la charge.

"Non mais déconne pas, je suis à poil là, je fais comment"

Mon dieu, il est à poil. Je ne veux pas imaginer la scène.

"Ben qu'est-ce que tu veux que je te dise, tu te démerdes !"

"Ouais mais sans capote, je fais quoi, je couche quand même avec elle, ou pas ?"

Bordel, mais je peux pas avoir des amis qui prennent leurs responsabilités ? C'est quoi ces manières d'appeler en pleine nuit pour poser des questions que même BenoÎt XVI il n'est pas d'accord avec moi ?

Soyez rassurés, braves gens, je lui ai conseillé le port du préservatif, sinon rien, et il s'est exécuté la queue basse. C'est dire à quel point ce post se transforme tout d'un coup en apologie du préservatif et de l'importance de se protéger parce que faut pas déconner avec ça, non non non m'sieur, sinon après on finit par attraper le sida et du coup ne plus pouvoir louer d'appart. Saloperie de crise du logement.

Non, je déconne. Si je lui ai conseillé ça, c'est juste pour qu'il rentre bredouille. Ca lui apprendra à me réveiller la nuit avec ses interrogations à la con.

30 mai 2006

L'appel du 17 juin

Salut les djeunz !

Bon, histoire de régler les derniers détails de ce qu'on fera le 17 juin, de qui a déjà réservé ses billets, de qui a besoin d'hébergement, j'invite ceux qui se sont manifestés sur le blog mais pas par msn/mail à le faire.

Ca serait pas mal de m'envoyer une confirmation par mail, et accessoirement ça me permettrait de discuter deux minutes avec vous avant de vous voir débarquer le jour J. Non parce que je veux dire, ça fait peur, si ça se trouve il y a parmi vous des serial killers psychopathesques et zoophiles - ou pire, genre des communistes !

Pour l'instant, je tiens à dire que les gens avec qui j'ai discuté sont matures, vifs d'esprit, brillants et incroyables à tous points de vue (important, la partie lèche-cul).

Voilà, donc j'attends les dernières confirmations pour qu'on puisse voir le programme des réjouissances et les orgies clandestines dans les jardins sauvages de la hype parisienne qui s'enroule négligemment autour des épaules frissonnantes des gens courageux qui affronteront les grèves, le typhus, la malaria et les contrôleurs de la RATP pour venir nous offrir le spectacle de l'ondulation sublime de leurs corps de rêve sur de la musique consensuelle.

Et pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle (follow my regard), suivez ces liens et priez pour le salut de vos âmes pour vous faire pardonner de ne pas avoir lu les archives :p

http://www.grenouillebleue.fr/article-2691812.html

http://www.grenouillebleue.fr/article-2731785.html

29 mai 2006

Epilogue

Toutes les histoires ont leur épilogue, vous ne croyiez tout de même pas échapper à celle-ci !

Voici donc ce qui arriva aux différents protagonistes de ce feuilleton palpitant.

Dulcinée (la seule, l'unique, la number one) vécut assez mal la séparation, et particulièrement la manière dont elle fut gérée. Dégoûtée de la gent masculine dans son ensemble et particulièrement de son spécimen grenouillesque, elle vécut un an en colocation chez une de ses amies avant de s'envoler pour d'autres cieux. Nous nous sommes revus une ou deux fois, dans une ambiance un peu tendue (elle avait vaguement envie de m'arracher les couilles pour en faire un collier, j'avais vaguement pas envie). Puis elle m'annonça qu'elle voulait refaire sa vie en Nouvelle-Calédonie, où on lui avait proposé une mutation. Finalement, elle choisit la France profonde, quitta Paris et sa boîte pour un boulot qui lui plaît vraiment. Je lui souhaite beaucoup de bonheur. Ca ressemblait quand même énormément à de l'amour passionnel, ces deux ans et demi. C'est étouffant, mais putain ce que ça peut être bon aussi.

Stagiaire (la sensuelle tombeuse dans les pommes aux seins en poire) est finalement sortie avec le mec avec qui elle avait couché. L'histoire dure depuis deux ans, donc je pense qu'elle a fait le bon choix. On est resté pendant près d'un an en contact très étroit, avec une complicité qui finalement a survécu à toutes les saloperies que j'ai pu lui faire. Elle a même été hébergée par mes parents durant un voyage sur Grenoble. La classe. Mais au final, son mec a fini par virer ultra-jaloux et à lui dire que c'était lui ou moi. J'ai laissé filer. Depuis, malheureusement, je n'ai plus la moindre nouvelle. C'est dommage, car je pense que tout cela n'a été qu'une question de timing. Si j'avais rencontré la stagiaire l'esprit libre, peut-être serait-on encore ensemble. Mais si peu de temps après Dulcinée, c'était complètement impossible.

Grenouille (l'immonde batracien visqueux à la bave perverse) s'est retrouvé tout seul, le coeur entre deux chaises. Si si, le coeur, j'insiste. Le soir même, pour le consoler, un couple d'amis lui propose d'aller voir un film québécois au cinéma. Dans la file d'attente, il découvre une fille assez particulière, qu'il appellera Pinkette.

C'est quand même dégueulasse, la vie. Le méchant de l'histoire n'est pas puni.

28 mai 2006

Pax vobiscum

En ce week-end de fête des mères, après l'ascension (c'était bien l'ascension jeudi, j'ai pas rêvé, avec toute une symbolique et tout), mes biens chers frères, mes bien chères soeurs, je vous propose un moratoire sur toutes les conneries que vous avez pu faire dans le passé.

Plongez dans la grande marmite bouillante, là, et vous en ressortirez lavés de vos péchés. Je l'ai fait, c'est très sympa, du coup vous ne pouvez plus me critiquer pour les histoires entre la stagiaire, la dulcinée et moi, car c'est dans le passé ! Ah ça mais ! Non mais des fois ;)

Enfin plus sérieusement, c'est vrai que je me suis comporté comme une grosse merdasse. N'ayons pas peur des mots, en plus c'est sympa, ça coupe l'herbe sous le pied des gens. Mais en même temps, à l'époque, comme la plupart des gens d'ailleurs, j'étais sincèrement convaincu de faire de mon mieux pour que personne ne souffre.

L'enfer est pavé de bonnes intentions. Vous avez remarqué ? Finalement, plus on essaie de ménager les gens, plus ça finit par se retourner contre soi.

Imaginez que vous êtes en couple et que vous souhaitez casser. Si vous vous y prenez doucement, gentiment, lentement, ça va finir en catastrophe. Crises de larmes, questions embarassantes, remise ensemble, rupture dé-rupturée, hésitations, tango, deuxième rupture.... sans compter que si tout se passe en souplesse elle va garder de nous une image sublimée et regrettera des années durant la douceur de nos étreintes et l'habileté absolument phénoménale au lit que nous avons montrée (si si).

Maintenant supposons qu'on fasse comme pour un sparadrap. Mais si, vous savez, nous les hommes, les mâles, les virils, les courageux, on est toujours stressés quand on se ramasse un morceau de pansement sur les poils et qu'on doit l'enlever. Du coup on le fait d'un seul coup avec une masculine sauvagerie (et on hurle en contralto).

Ok, ma métaphore est nulle. Mais bref, on rompt de manière brutale, on ne répond plus au téléphone, on fait comme si rien n'avait existé - bref, on se comporte en connard de base. Du coup:

1) Il n'y a pas de risque de prolongement de la période de déchirement
2) La fille se dit que comme on est une enflure, elle n'a rien perdu et elle mérite mieux

Ah, la sagesse est longue à venir lorsqu'on est encore un jeune padawan à peine éclos qui tète encore le lait de brebis maternel. Mais maintenant j'ai appris la leçon. Maintenant je suis fourbe et cruel. Maintenant, je ne laisse plus les choses pourrir ainsi à osciller entre deux filles dont la croupe charnue et l'intelligence aigue ne peuvent qu'inciter à la copulation jubilatoire.

Finalement, plus on a peur de faire du mal, plus on fait souffrir. Tout ceci est bien troublant mais me disculpe donc complètement de l'article précédent. Me voilà rassuré.

26 mai 2006

Elles sont peu mais aiment dîner

Retour de la saga du printemps auprès de laquelle Fort Boyard ne représente que les aventures d'un nain bossu et Manon des Sources la défloration champestre d'une petite du pays. Jouez, hautbois, résonnez, musettes.

Disclaimer: je me suis mal comporté dans les histoires que je raconte là. C'est pas bien. Bouh que je suis vilain. Vous avez le droit de me lapider avec des tomates fraîches. Mais je n'accepterai que celles issues de l'agriculture biologique.

J'avais donc une fille emportée par les brancardiers - youpi !

Vous pouvez vous moquer de stagiaire et de la manière dont elle tombe dans les pommes aussi facilement, mais moi j'étais paniqué. Vous imaginez la scène.. du coup j'appelle, je tombe sur son répondeur, je laisse un message d'excuse, j'ai un double appel, c'est Dulcinée, enfin non ex-Dulcinée, enfin je ne sais pas où j'en suis, elle dit qu'elle est devant une voie de chemin de fer et qu'elle va se suicider, je pète un câble, je lui dis de ne pas faire de conneries sinon c'est la fessée, le téléphone du boulot sonne, c'est la stagiaire, elle pense qu'on devrait se laisser une seconde chance et voir venir, je raccroche pour récupérer Dulcinée, qui vient ce soir à l'appart et veut savoir si j'y suis, je dis que je ne pense pas, je me sens super mal, elle pleure et moi aussi, elle part en mission d'audit pour la semaine, on ne se verra pas pendant sept jours, je respire un peu.

Ouf.

Putain, plus - jamais - ça. C'est la pensée que j'ai eu à l'esprit pendant plusieurs semaines invivables après cet incident. C'est d'ailleurs probablement la raison pour laquelle je n'ai cessé d'enchainer des histoires courtes depuis: dès que j'ai un doute sur la viabilité, je casse tout de suite plutôt que de laisser les choses en venir là (ok, Dulcinée est une exception).

Mais bon, on n'est pas là pour parler psychologie de bazar mais bien cul et relations amoureuses.

Je vais visiter la stagiaire pour prendre de ses nouvelles, bonne ambiance, joie, bonheur, elle m'a pardonné. Elle a juste eu l'impression sur le moment que je m'étais simplement servi d'elle pour "tirer mon coup", rhoo le mauvais esprit. Même pas vrai. Pour lui prouver, je me remets avec elle.

Quatre jours plus tard, Dulcinée revient de son audit. On se retrouve pour s'expliquer. Larmes et serments. Tous les bons souvenirs remontent à la surface. Je reviens avec Dulcinée et je dis à Stagiaire que finalement c'est mort (boum, bruit du corps qui syncope again).

Deux jours plus tard, on se rend compte avec Dulcinée que c'est bien beau les grands sentiments, mais que ça n'a pas changé les problèmes de fond. Je me resépare donc d'elle. Au boulot, je présente mes plus plates excuses à la stagiaire et on se remet ensemble.

Un mois plus tard, je signe le bail d'un nouvel appartement. Je passe chez moi pour déménager mes affaires. J'y trouve Dulcinée. Je réalise l'énormité de ce que je viens de faire. Je rentre dans mon nouvel appart dans un état second. Lorsque Stagiaire frappe à la porte pour la nuit, je l'envoie chier. Elle revient 10 minutes plus tard, il n'y a plus de métro. Je lui prête un clic clac. Evidemment, pendant la nuit, on se remet ensemble. Au matin, je confirme que j'aimerais bien un peu de temps pour réfléchir. Elle part en claquant la porte. Au boulot, l'ambiance devient délétère.

Bon, une semaine plus tard je vais de nouveau lui proposer de sortir avec moi. Elle fait une drôle de gueule, je fais une remarque genre "bah dis donc, t'as l'air emballée !" et du coup je me prends tout ce qu'elle a sur le coeur. Il paraîtrait que je la traite mal et que ce n'est pas bien de quitter pour revenir pour re-quitter. Rhooo. Merde.

On revient donc ensemble, joie, bonheur, apothéose. Elle part un week-end à Nantes avec des amis à elle.

Hum. Le lundi, elle m'annonce en pleurs qu'elle m'a trompé. Grand seigneur, je décide donc de ne pas pardonner et de casser définitivement.

Parce que merde, quoi, faut pas déconner, moi j'ai le droit d'être un enfoiré de première, mais les autres ? Jamais !

24 mai 2006

Connard, c'est avec deux haines

(Un jour, je tomberai à cours de jeux de mots débiles pour le titre. Ce jour-là, vous pourrez enfin pousser un soupir de soulagement).

Où on en était ? Faut que je reprenne mes notes, moi. Grmbl.... ah oui. A la partie cul.

On a donc la stagiaire, que nous appellerons d2 (dulcinée number two) pour des soucis de briéveté, qui me fait de subtiles avances que, pour une fois, je comprends. Or, voyez comme le destin est facétieux et primesautier, j'avais justement un couple d'amis absent de la capitale, qui m'avait filé ses clefs pour gérer la situation. Oui, si vous lisez ce blog, j'ai profondément honte mais j'ai profité de la situation pour héberger la stagiaire aussi. j'espère que vous ne m'en voulez pas trop.

Nous arrivons donc enfin à destination. Je n'ai pas vraiment le temps de me sentir mauvaise conscience, en fait. Les habits volent, tous les clichés du genre, nos respirations s'accélèrent, sa poitrine se dresse (elle n'est pas la seule), ça va être une explosion de sensualité et...

Bon, ok, j'ai une panne. Je veux dire, ça arrive à tout le monde, merde. Surtout dans une telle situation.

M'enfin d2 est patiente et donne de sa personne. C'est beau de voir quelqu'un avec tant d'abnégation. Du coup, problème réglé, et la nuit se passe - très - agréablement. On a beau se sentir coupable et salaud, le cul a ses raisons que la raison ne connait pas.

Le matin, je dois aller bosser. Evidemment, je n'ai aucun costard - ils sont tous à mon appart. Du coup j'abandonne la stagiaire (pardon, d2) et je retourne chez moi récupérer mes affaires. Je n'ai qu'une angoisse: que Dulcinée soit là au lieu d'être au boulot.

Mais non.

L'appartement est vide. L'ordinateur fredonne une playlist surannée. "The One" de Shakira. "Voilà, c'est fini" de Jean-Louis Aubert. Sur le siège de l'ordi, le collier que je lui ai offert récemment. Rien, pas un mot.

Brutal, le retour à la réalité après la nuit sympa. De nouveau, ma décision bascule. Oui, parce que pour ceux qui n'ont pas vraiment suivi, je suis (j'étais ?) pas mal indécis.

J'arrive au boulot, je vois la stagiaire déjà arrivée, qui se jette dans mes bras.

"C'est fini" je lui dis, "je tiens trop à ma copine".
"Ok" elle fait avant de rentrer dans son petit bureau.

Je reste 1h enfermé dans mon propre bureau à traiter des dossiers pour me vider l'esprit. En fait, jusqu'au moment où l'ambulance et les infirmiers arrivent.

Stagiaire a fait un malaise.

23 mai 2006

Les stages forment la jeunesse

Je reprends où j'en étais, au coup de fil à la stagiaire.

Il faut comprendre l'état psychologique dans lequel je me trouvais à l'époque, mais si mais si, ce qui excuse donc totalement mon comportement et me met à l'abri des critiques féminines. Car on ne frappe pas un homme à terre, au pire on le chevauche en amazone.

Bon.

Je téléphone donc, je tombe sur la fille en question, je lui dis que je viens de rompre et que du coup ça serait cool qu'on laisse les choses reposer un peu, prendre son temps, tout ça tout ça.

Elle me répond "14h, place carrée, à tout de suite !" et elle raccroche.

Hmm. Il était donc 13h, je n'avais pas mangé, je me dirige vers Châtelet en traînant ma grosse  valise derrière moi. Ouais, parce que pour les non-parisiens, je précise que la Place Carrée se trouve au forum des Halles. Ca ne vous avance pas des masses mais au moins ça pose un peu le décor. C'est un endroit sympa pour se retrouver car de nombreux commerces et un complexe de ciné à côté, mais c'est pas non plus grave romantique.

J'arrive un peu en avance, je pose ma valise, et je commence à me demander froidement comment je vais gérer la situation. Le mieux, en fait, ce serait que je reste seul quelques semaines (bon, ok, quelques jours) pour rassembler mes esprits, faire la part des choses, voir si j'ai bien fait de casser, tout ça tout ça. Du coup, je vais discuter caaaalmement avec la stagiaire, expliquer les choses posément, je suis sûr qu'elle comprendra que j'ai besoin de temps (ouais ouais, j'étais tout tendre et tout fragile à l'époque, c'est mignon hein ?).

J'en étais là de mes réflexions quand je me retrouve plaqué au sol avec une furie qui me mord la lèvre. En pleine Place Carrée. Noire de monde.

Et au lieu de me relever ou de la repousser comme tout gentleman digne de ce nom, je réponds (avec beaucoup de talent, il faut bien le dire :p) à ses avances. Du coup, ça commence à devenir chaud Place Carrée. On se relève tant bien que mal, j'ai les jambes complètement molles. Rupture + stagiaire en l'espace d'une heure, ça faisait un peu beaucoup pour l'époque. Elle aussi elle a l'air de pas trop y croire, on se regarde un peu comme deux gros boulets qui découvriraient la vie.

Comme on ne sait pas trop quoi se dire, on trouve un coin plus calme et on s'embrasse de nouveau. Puis de nouveau. Puis de nouveau. On décide d'aller au jardin du Luxembourg mais on ne l'atteindra jamais. Il y a quelque chose de désespéré dans tout ça en plus, un désir de se raccrocher à la première fille venue pour exorciser la rupture.

Bon, en même temps c'était quand même pas "la première fille venue", la stagiaire. Je pense même que c'est probablement la seule avec qui ça aurait pu durer vraiment longtemps, en d'autres circonstances. Brillante étudiante,  sexe torride, très mignonne, très (trop ?) sportive, danseuse émérite, très sociable... j'avais des excuses, hein, d'abord.

Ce dont elle manquait un peu, par contre, c'était de tact.

"Bon, je suppose que t'es à la rue" qu'elle me fait, "tu as des amis qui peuvent t'héberger ? Parce que mes parents apprécieraient moyen que je te ramène direct et j'ai quand même envie de passer la nuit avec toi"

Hum.

Oui, j'ai des amis qui peuvent.

22 mai 2006

Ca lasse, ca passe, ca casse helas

Après cette petite parenthèse shakira-kienne (faites l'amour, pas la guerre), retour au quotidien de la stagiaire et son mystérieux mail.

Enfin, quand je dis mystérieux, il ne faut pas s'attendre non plus à quelque chose d'exceptionnel. En l'occurence, elle m'avait fait suivre une chaîne, vous savez, le genre de trucs débiles qu'on efface généralement à la seconde même où on le reçoit (hein, hein Auré).

Bon, là en l'occurence, c'était assez tendancieux pour attirer mon attention. Au milieu de toutes les questions stupides ("quel est ton animal préféré ?" "qu'attends-tu de la vie ?" "cite deux personnes qui comptent beaucoup pour toi", etc, ad nauseum), il y avait des indices pas-vraiment-subtils disséminés.

Pour quelqu'un dont la relation précédente avait commencé par un jeu innocent de lampe de poche, il faut avouer que là, les signes se voyaient comme le nez au milieu de la figure. Des trucs du genre "croyez-vous en l'amour ?" réponse: "jusque là non, mais je commence lentement à changer d'avis" ou encore "les qualités essentielles pour aimer quelqu"un ?" réponse: "une cravate froissée, c'est un bon début").

Oui, parce que ma cravate était froissée ce jour là (je veux dire, sinon c'était pas très logique :p).

Bon, du coup je réponds moi aussi audit mail avec des allusions à peu près aussi subtiles. C'est quand même incroyable, quand on relit aujourd'hui ce qu'on a pu faire autrefois, à quel point on est ridicules quand on est attiré par quelqu'un. On pense faire une danse d'amour super subtile alors qu'on a le charme raffiné du canard sauvage bouilli à la menthe. Bref.

Il n'empêche que, maqué et farouchement fidèle, je campe sur mes positions et je tiens la belle à distance. Je sais, c'est très con, j'aurais dû simplement coucher avec elle en cachette de la dulcinée comme le font tous les mecs, ça aurait réglé le souci sans blesser personne.

Mais non, évidemment je choisis une autre voie. Certains diront "la voie la plus stupide" et je peux difficilement leur donner tort.

J'attends donc le soir et je raconte tout à Dulcinée, que ça ne va pas, que je n'ai pas l'impression d'être heureux, que je suis trop jeune pour une vie rangée, que j'explose de cette jalousie possessive, bref que ça ne peut pas continuer comme ça. C'était un vendredi.

Elle prend tout ça de plein fouet, ma dulcinée. Putain, rien que d'y penser, j'en ai les larmes aux yeux (connard de sentimental, le batracien). J'avais l'impression de me déchirer en la déchirant, je me sentais minable, mais minable ! Je chialais, elle chialait, on était dans les bras l'un de l'autre, moi qui avais joué mille fois cette scène dans ma tête, j'y perdais toute dignité. Ca casse le mythe, hein ?

Bon, je vais vous passer toutes les discussions qu'on a eues pendant la nuit, même si je m'en souviens au mot près. Je me couche dans le clic clac du salon, elle me rejoint au petit matin, on se blottit l'un contre l'autre, comme si l'orage était passé.

Mais il n'est pas passé. On en est toujours au même point, et j'enfonce le clou. "Il y a une autre fille", je murmure.

La phrase à ne pas dire. Je n'ai pas le temps de compter jusqu'à trois que je me trouve à la porte de mon propre appartement, mes chaussures autour du cou, un sac à moitié rempli sur le palier, des torrents d'injure sur le crâne.

Retraite précipitée, débâcle de Russie, comme la Berezina (ou un pastis) sans glace. Il est samedi midi.

Abandonné, seul, meurtri, sans domicile fixe, je fais donc ce que n'importe qui aurait fait à ma place. J'appelle la stagiaire.

21 mai 2006

Désespérément conformiste

Allez, une petite note pour le dimanche soir.

Hier, j'étais dans un de ces fameux bars lounge avec Dulcinée. Il y avait un écran plasma géant qui diffusait des clips de MTV ou MCM, enfin un truc musical.

Comme il s'agissait d'un coin power-djeunz, il y avait des chansons power-djeunz. Et en particulier, le dernier tube de Shakira, "hips don't lie".

Bon.

Eh bien j'ai honte de le dire, moi dont les goûts (élitistes, évidemment) portent naturellement sur l'intelligence vive des yeux insondables des filles mystérieuses qui sourient doucement sous l'ombre immortelle des bibliothèques embrumées où leur sophistication s'épanouit telle une rose trémière dépourvue de pistil, moi donc, j'ai trouvé qu'elle avait vraiment un très beau cul.

Euh. Je veux dire un air intelligent.

20 mai 2006

Stagiaire power

Bon, je vais tester la super fonction d'envoi de message d'over-blog. Si tout fonctionne normalement, cette note devrait apparaître vers 21h30 alors que je ne suis même pas devant l'ordinateur (c'est beau, la technologie). Si tout fonctionne mal, cette note disparaîtra dans les limbes et je devrai tout retaper (c'est mal, la technologie).

Après cette petite parenthèse politique, il est temps de revenir à ce qui vous intéresse, à savoir le cul. Et en l'occurence celui de la stagiaire puisque, vous n'aurez pas manqué de l'imaginer, il est absolument savoureux.

Oui, je sais, c'est cliché de sortir avec sa stagiaire/secrétaire/quelque chose en -aire. Mais en l'occurence, rien n'était absolument prévu. Je la trouvais mignonne et intelligente, mais bon elle était maquée, je l'étais aussi. Pour être honnête, malgré tous les soucis que je traversais avec la dulcinée jalouse, je n'avais pas encore réellement envisagé de partir - trop de souffrance à gérer, et je suis un peu un lâche à la base.

Donc les jours passent, moi pas très heureux en couple, et elle visiblement non plus. Elle a rencontré son mec au jour de l'an, mais visiblement c'est plus pour faire bouche-trou qu'autre chose. Les sentiments n'ont pas l'air vraiment là. Parfois, je la vois pleurer toute seule dans son petit bureau, et je me sens tout nému et plein de mâle désir de protéger. Vous savez, le syndrôme du chevalier blanc. Ben je suis épouvantable à ce niveau là, je ne peux absolument pas résister à une fille qui pleure.

Bon, une jolie fille, hein. Une fille moche qui pleure je file mon mouchoir. Sale.

Toujours est-il que je vais la consoler un peu. Honnêtement, sans la moindre arrière-pensée (du moins au début). Je sèche ses larmes, je discute avec elle, je lui change les idées, jusqu'à réussir à la faire un peu sourire et oublier ses histoires. Du coup, tous les jours, on commence à manger ensemble à midi et à discuter, à parler de nos soucis, de nos problèmes de couples... à nous envoyer des mails aussi, alors qu'on est à un bureau d'écart. Et insidieusement nos rapports se mettent à changer. On se rend compte qu'on a pas mal de choses en commun, finalement, et on redécouvre le plaisir du flirt, des premières séductions, des coups d'oeil en biais, des sous-entendus, de la complicité adolescente (parce qu'il ne faut pas que les autres collègues se rendent compte du manège, bien sûr !). Nous contre le reste du monde, c'était beau, c'était grand, je me sentais revivre tout d'un coup.

Parallèlement, évidemment, les soirs devenaient un véritable calvaire. Je ne suis pas fait pour la culpabilité, j'aime vivre sans me prendre la tête avec la culpabilité. Ne vous trompez pas, c'est pour ça que je suis fidèle: pour ne pas me sentir coupable. Ce n'est pas une question de vertu, juste de lâcheté.

Bref, je me retrouve tous les soirs à coucher avec une fille que je regarde différemment, à dormir avec elle, à vivre avec elle. Et je me dégoûte. Petit à petit, j'essaie de trouver le courage de dire les choses, de mettre tout à plat, d'essayer de voir où j'en suis.

Et puis il y eut le mail.

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