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31 janvier 2006
FIN de la nouvelle érotique
Ouf.... eh bien, finalement ça aura pris 4 chapitres, plutôt inégaux, pour parvenir à terminer ce pari débile. Rappelez-moi de ne jamais faire confiance à Majoma, Béatrice ou Frederic, ce sont des fourbes. Je m'en vais leur trouver une chaîne bien insupportable à réaliser, tiens. Un truc du genre "racontez vos pires fantasmes". Ha ! Ca leur apprendra.
Bon, quoi qu'il en soit, voici donc la dernière partie. Comme je suis incapable de garder mon sérieux en parlant de cul, ça reste le même style que d'habitude. Mais un peu plus corsé, ça ne convient donc pas forcément à une personne de moins de dix-huit ans, tout ça tout ça.
Si vous avez moins de dix-huit ans et en accord avec les articles blablabla du code blablabla, cliquez ici et quittez le site.
Sinon, bonne lecture. C'est parti pour la dernière ligne droite, sortez vos kleenex (pour l'émotion, je veux dire).

Il était temps de prendre les choses en main. Lucie repoussa fermement Marianne sur le lit, interrompant ainsi le baiser qu’elles échangeaient.
« Habille-toi. Dépêche-toi, mets une petite robe, quelque chose, de toute façon tu ne la porteras pas longtemps, donc… »
Eberluée, Marianne n’avait plus aucun contrôle sur ses actes. Comme un robot, elle se laissa pousser vers son armoire et enfila machinalement la jupe et le haut que Lucie lui tendait. A peine était-elle habillée que son amie la poussait vers la sortie.
« Mais je n’ai pas de culotte » protesta-t-elle faiblement.
« Tant mieux, tant mieux » fit Lucie.
Mi-poussée, mi-traînée, la jeune femme tentait de reprendre ses esprits. La porte devant laquelle ils s’arrêtèrent lui fit l’effet d’une douche froide.
« Qu’est-ce que tu fais ? Lucie ! »
« Je règle tes problèmes une bonne fois pour toutes, c’est tout. Tu me remercieras plus tard. »
Marianne tendit la main en un geste futile de protestation, mais il était trop tard. Avec entrain, Lucie tambourinait à la porte de Romain.
«Oh, le brun ténébreux, tu es là ? » chantonnait-elle en frappant du poing. « Petit, petit, petit ! »
Un instant, Marianne crut qu’elle était sauvée. Personne ne répondait, personne ne répondrait. Avec un peu de chance, l’histoire se terminerait là. Elle inventerait une histoire plausible pour expliquer tout ce raffut au concierge, et reprendrait sa petite vie tranquille de bibliothécaire. Elle pourrait…
La porte s’ouvrit.
« Oui ? » demanda poliment Romain.
Marianne resta sur place, comme frappée par la foudre. Lucie elle-même eut un instant d’hésitation, tant l’homme avait de présence et de magnétisme. Grand, brun, raisonnablement musclé, il était vêtu d’un T-shirt ajusté et d’un jean délavé. Sur toute autre personne, ces vêtements auraient paru banals, mais ils s’accrochaient au personnage pour lui donner une sorte d’aura romantique, James Dean sorti à temps de sa voiture, indomptable et indolent. Son expression était amusée alors qu’il détaillait ses deux visiteuses. Il eut un signe de tête en direction de Marianne.
« Tiens, je vous connais, vous. Vous êtes du même étage, non ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »
Vexée d’être ignorée, Lucie reprit son sang-froid. Elle posa sa main soigneusement manucurée sur le torse de Romain et le repoussa à l’intérieur. Il ne résista pas.
« Voilà ce que tu peux faire pour nous, enfin pour elle. » Elle montra Marianne du doigt. « Elle est désespérément amoureuse de toi, et accessoirement elle aurait bien besoin d’être décoincée. Tu penses être d’attaque à nous satisfaire toutes les deux ? »
La porte se referma bruyamment sur le couloir et le concierge curieux. Ils étaient désormais dans l’appartement, et Romain se sentait clairement dépassé par les événements – belle gueule ou pas.
« C’est que… quoi ? Pardon ? » bredouilla-t-il.
« Oh, les hommes, il faut décidément tout faire à leur place » soupira Lucie en enlevant son haut.
Elle dégrafa son soutien-gorge du même mouvement, laissant échapper deux seins de taille tout à fait respectable, fermes et dressés, hérissés d’une légère chair de poule.
« Lucie… » fit Marianne, choquée. « On devrait… »
Elle ne put terminer sa phrase : d’un grand geste théâtral, son amie venait de tirer sur sa jupe et de la déchirer au col. Marianne tenta de rassembler les morceaux qui tombèrent lentement au sol. Dessous, elle était totalement nue. Ses mains cessèrent de chercher la jupe pour venir couvrir la toison de son sexe. Ses oreilles bourdonnaient.
« Bon, l’apollon, tu ne vas pas rester planté là toute la journée. Tu te déshabilles tout seul ou tu veux qu’on t’aide ? » ricana Lucie. « Deux filles pour toi tout seul, ça devrait te motiver quand même ! »
Romain ouvrait des yeux ronds. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait mais, visiblement, cela ne lui déplaisait pas. Ses yeux ne quittaient la poitrine de Lucie que pour dévorer du regard l’intimité que Marianne avait du mal à cacher. Dans le jean, une bosse apparaissait. Lucie eut un claquement de langue satisfait. Elle avança et frôla de ses seins le torse de Romain. Puis sa main descendit sur la ceinture qu’elle défit avec habileté. La boucle de métal claqua sur le sol dallé.
« Je peux me débrouiller tout seul, merci » fit enfin Romain, secouant la paralysie qui s’était emparée de lui.
Il chercha du regard une quelconque caméra cachée. N’en trouvant pas, il se décida enfin à jouer le jeu. Il s’approcha de Lucie, enleva sa jupe, et aida Marianne à se débarasser de son haut. La jeune femme ne luttait plus, aiguillonnée par son amie.
« Eh bien, eh bien » admira Lucie lorsque Romain se débarassa de son boxer. « Si tu sais t’en servir, alors je n’aurai pas perdu mon temps aujourd’hui. »
Prestement, elle s’agenouilla pour contempler de plus près le sexe qu’il venait de révéler, mais Marianne fut plus rapide. Elle s’en empara avec révérence et le caressa sur sa longueur, du gland jusqu’aux testicules. Romain frissonna.
« Puisque tu m’as emmenée ici, autant que je participe » fit Marianne.
Oubliée, la bibliothécaire. Oubliés, les livres poussiéreux. Tout ce qu’elle voyait, désormais, c’était ce sexe qui emplissait son champ de vision, tellement plus vigoureux que celui de l’adolescent qu’elle avait dépucelé. Timidement, elle approcha les lèvres, donna un coup de langue pour tester. Ce n’était pas si déplaisant. Elle n’avait jamais testé ce genre de pratiques avant, mais cette journée paraissait tellement irréelle que tout était permis. Elle sentit la main de Romain lui toucher les cheveux, caresser sa joue. Il était comme dans ses rêves, finalement. Doux là où tant d’hommes se montraient brutaux. Il la remonta et l’embrassa avec énergie. Elle se sentit fondre, vaciller sous son étreinte. Une main vint caresser ses seins, une autre descendit vers la chaleur qui brûlait en haut de ses jambes. Il caressa ses cuisses, remonta, admira l’humidité qui y régnait. Il avança tout doucement un doigt, qui glissa tout seul. Marianne ferma les yeux et poussa un gémissement. Elle se demanda pourquoi Lucie ne parlait pas, puis réalisa que son amie avait la bouche pleine.
« On serait peut-être mieux dans ma chambre » proposa Romain, reculant de lui-même pour guider les jeunes femmes. Elles poussèrent un grognement de frustration avant de le suivre. Retarder, ne serait-ce que d’une seconde, les caresses de ses mains sur leur corps leur semblait une aberration. Pourtant, aussitôt couchées, elles constatèrent qu’il avait eu raison. Plus dans son élément, il semblait tout d’un coup beaucoup plus assuré. Sa bouche montait jusqu’à leurs lèvres, effleurait un sein, descendait plus bas avant de remonter. Ses mains semblaient s’être multipliées. Marianne se sentait plus prête qu’elle n’avait jamais été lorsqu’elle le vit mettre un préservatif. Une bouffée de jalousie l’envahit en réalisant qu’il privilégierait certainement Lucie, Lucie et son corps de rêve, Lucie et ses hanches cambrées, ses fesses parfaites… mais non, c’était vers elle qu’il se tournait. Elle sentit les lèvres de son amie contre les siennes, happant sa vie, soufflant son bonheur, étouffant le hurlement de plaisir qu’elle émit lorsqu’il la pénétra enfin. C’était un terrain facile, pourtant il avançait lentement, doucement, un mouvement après l’autre, jouant avec elle en refusant d’entrer complètement. C’était désormais des grognements de frustration qui s’échappaient de sa bouche. Lorsqu’il rentra totalement, elle hurla, et les lèvres de Lucie ne purent couvrir le son. Elle cria de nouveau au mouvement suivant, puis au suivant, se calant inconsciemment sur le rythme qu’il amorçait. Elle sentit les mains de Lucie lui caresser la poitrine, lui agacer les seins, et toujours leurs langues qui s’entremêlaient, et ce sexe dans le sien, et cette pièce qui tournait, tournait, et ces sensations qui remontaient, qui brûlaient en elle, qui explosaient en une apothéose de bleu, de mauve, de pourpre et d’émeraude, ces yeux fixés sur elle, cette peau qui n’était plus la sienne, elle partait, elle partait, elle hurlait, elle hurlait, elle…
Marianne poussa un cri de joie rauque, le feulement sauvage d’une tigresse comblée. Ses mains griffèrent le rebors du lit et s’enfoncèrent dans l’épais coussin qu’elle serrait contre elle. Haletante, elle resta ainsi avachie, au creux des couvertures, attendant que sa respiration se calme. La sueur coulait librement sur son corps, baignant son plaisir d’une aura pâle. Puis elle ferma les yeux, revenant lentement à la réalité.
Elle était seule, comme toujours. Son appartement était tranquille. Pas un bruit.
Ou plutôt si. Le cliquetis d’une clé dans la serrure. En face, son mystérieux voisin rentrait de soirée. Il s’appelait Romain, c’est tout ce qu’elle savait de lui. Elle n’aurait jamais le courage de lui parler, elle le savait déjà.
Mais quelle importance ? Il lui restait le plus beau : son imagination.
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30 janvier 2006
La théorie de la chaussette totally revamped for your plaisir
Attention, c’est pas fini avec mes théories fumeuses. Vous avez eu droit à la superbe idée de la chaussette, vous n’échapperez pas à la suite du raisonnement. Eh ouais, parce que vous n’avez pas été capables d’applaudir simplement comme un public bien dressé, vous avez râlé : râlé qu’il manquait des options, que j’avais oublié deux cas de figure, et que c’était mal.
Hum.
Dans ma grande bonté, j’ai donc décidé d’improviser totalement et donc de vous livrer ces deux cas manquants. Rentrons dans le vif du sujet, vaginalement parlant.
Homme et femme ordonnés :
Pas un nuage ne vient obscurcir le printemps clair de votre amour naissant. Vous vivez dans un splendide appartement agencé par vos soins et rangé à tour de rôle dans un strict roulement des tâches ménagères, car cela est juste et bon. Pas un grain de poussière ne vient troubler la sérénité de votre tapis de salon qui s’harmonise avec goût aux rideaux délicieux qui recouvrent vos fenêtres immaculées. Bref, vous vous faites chier, vous psychopathez, et vous finissez par vous entretuer pour enfin rajouter un peu de sang rouge sur ce putain de carrelage propre. Mais rassurez-vous, la personne qui restera en vie après ce massacre passera un peu d’Ajax pour nettoyer tout ça.
Homme et femme bordéliques :
Tels les porcs qui se vautrent avec bonheur dans la fange nourricière, vous oubliez tous les soucis de la vie en vous roulant dans les restes de votre repas de la veille. La vaisselle s’empile dans la cuisine, vous avez donc tout naturellement décidé de passer aux assiettes en carton, puis directement de manger à même votre corps. Ainsi, votre vie n’est qu’une orgie de jeux sexuels dans les mêmes draps depuis trois mois, imprégnés de la sueur de vos corps brûlants et de taches de Nutella incrustées. La myxomatose, la toxoplasmose et la peste bubonique vous emporteront bien vite et vos corps seront rongés par les rats jusqu’à ce que vos os, enfin, soient propres.
Conclusion :
Mieux vaut un couple dans lequel les deux tempéraments sont complémentaires plutôt qu’identiques, sans quoi l’ennui règne. Le chaos ou l’ordre parfait, c’est mal, relisez vos cours de philosophie (ou les 9 princes d’Ambre si vous avez du mal avec Schopenhauer).
Application pratique :
Histoire de tester la compréhension de l’auditoire captivé, voici un petit test extrêmement compliqué :
- Je suis bordélique, il me faut quelqu’un de :
a) Bordélique
b) Organisé
- Je suis organisée, il me faut quelqu’un de :
a) Bordélique
b) Organisé
Attention, si ça se trouve il y a un piège.
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29 janvier 2006
Hommes, femmes: la théorie de la chaussette
Bon, comme je rentre seulement maintenant de week-end, il va falloir que je vous ponde un truc rapide, on va donc laisser de côté la nouvelle érotique pour l'instant. Non. A la place, je vais vous parler de quelque chose de beaucoup, beaucoup plus impressionnant et complexe: les relations entre les hommes et les femmes.
Pour illustrer mon propos, je vais vous livrer ici ma théorie personnelle, que j'appellerai "théorie de la chaussette". Je vous autorise généreusement à l'utiliser pour montrer à votre entourage à quel point vous êtes cultivé(e)s, mais n'oubliez pas de rappeler que c'est Grenouille qui le premier aura su élever la chaussette à l'art noble de la philosophie.
Hum.
Voici donc en quoi consiste cette théorie.
Prenez un couple basique, un homme que nous appellerons "mâle dominant" et une femme que nous appellerons "sexe faible" pour rester dans la ligne machiste de base. Vous avez le droit de me jeter des pierres, mais doucement et avec tendresse.
Cas d'étude n°1: homme bordélique, femme ordonnée
Mâle dominant laisse traîner ses chaussettes. Sexe faible le lui fait remarquer. Mâle dominant promet de les ranger, mais ne le fait pas tout de suite car occupé. Sexe faible râle. Mâle dominant la trouve chiante et se décide à les ranger en grognant (ou bien, de guerre lasse, Sexe faible s'en occupe).
Cas d'étude n°2: homme ordonné, femme bordélique
Sexe faible laisse traîner ses chaussettes. Mâle dominant ne dit rien et les range sagement ('tain, c'est chiant à taper ces noms à rallonge, j'aurais pas pu les appeler A et B comme tout le monde ?). Ceci dit, il n'en pense pas moins et emmagasine ça dans sa liste de griefs.
Et un jour, un an ou deux ans plus tard, il va exploser et brutalement gueuler "putain mais ça fait des années que tu ranges pas tes chaussettes et que je le fais pour toi, mais j'en ai trop marre de ton comportement bordélique, j'en peux plus, on arrête là !"
Décryptage:
- Les femmes aiment traiter le souci sur le moment et donc montrer leur déplaisir tout de suite.
- Les hommes prennent sur eux et, du coup, emmagasinent leur déplaisir
Du coup:
1. Les hommes trouvent que les filles sont des chieuses, car elles râlent pour quelque chose qui pour eux ne le mériterait pas.
2. Les femmes trouvent que les hommes sont imprévisibles car ils font tout d'un coup une montagne d'un truc qu'elles pensaient parfaitement innofensif.
C'est pas la classe, cette leçon ? Ca vaut bien les hommes qui viennent de Mars et les femmes de Vénus !
Bon, et histoire de ne pas vous abandonner si rapidement ce week-end, et à la demande générale de Kyosuke, une citation dulcinéenne:
"Tu as remarqué que Sexe à l'envers ça faisait Excès ? Bon, pas vraiment, mais ça vaut quand même la peine de le dire."
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28 janvier 2006
Nouvelle érotique ! Partie 3 !
Hop, c'est reparti !
Comme d'habitude, les commentaires sont les bienvenus ;) Même si en l'occasion il s'agit plus d'une transition. Heureusement, pour compenser, vous aurez une image en fin d'article de Marianne les seins nus.
C’était comme un rituel. Tous les mardis, vers 17h, Lucie sonnait à la porte de Marianne. Officiellement, c’était pour lui proposer d’aller à la piscine – mais en réalité, les deux jeunes femmes discutaient de choses et d’autres des heures durant, avant de jeter un regard navré à l’horloge et marmonner « oh, dommage, ça ne vaut plus le coup d’y aller maintenant ».
Pourtant, cela ferait du bien à Marianne, réfléchissait Lucie en arrangeant ses cheveux devant le miroir de l’ascenceur. Elle avait bien besoin de faire un peu de sport, de perdre quelques kilos – et puis cela lui changerait les idées !
Lucie se permit une seconde d’autosatisfaction face à la large glace. A la différence de son amie, elle était belle, très belle. Grande, mince, le teint légèrement métissé par une grand-mère guadeloupéenne, elle avait des yeux verts envoûtants qui charmaient tous les hommes sur lesquels elle jetait son dévolu. Elle passa la main dans ses cheveux, tenta une moue boudeuse, puis rabattit les pans de son manteau et sortit de l’ascenseur.
« Tiens ? Bonjour toi ! » gazouilla-t-elle à Paul en passant.
Le jeune homme était toujours impressionné par sa beauté, au point que ça en devenait parfois gênant. Lorsqu’elle interrompait une séance de réunion, Lucie pouvait sentir le regard insistant du jeune garçon pendant qu’elle embrassait son amie.
Mais aujourd’hui, rien de tel. Pâle comme un fantôme, Paul passa devant elle sans même lever les yeux et s’engouffra dans l’ascenseur, appuyant frénétiquement sur le bouton. La porte se referma avant qu’elle ait eu le temps de réagir.
« Qu’est-ce que c’est que… »
Lucie fronça les sourcils et s’approcha de la porte laissée grande ouverte.
« Il y a quelqu’un ? » appela-t-elle.
Rien. Le silence.
Elle fit trois pas dans l’appartement, referma la fenêtre, appela encore.
« Marianne ? »
Un bruit sourd lui répondit. Ca venait de la chambre à coucher. Inquiète maintenant, Lucie s’approcha.
« Marianne ? Tu es là ? »
Lucie avait le cœur bien accroché et elle s’attendait à n’importe quoi, mais pas à ce tableau : Marianne recroquevillée sur le lit, entièrement nue, secouée de sanglots silencieux. Sa culotte gisait dans un coin de la pièce, son pantalon et sa chemise sur le sol. Un préservatif jeté à terre dégorgeait négligemment son contenu sur la moquette immaculée.
« Marianne ! Ca va ? »
Lucie se précipita à son chevet, posa sa main sur l’épaule de la jeune femme. Marianne ne réagit pas ; Lucie la secoua, de plus en plus violemment pour briser la transe qui semblait l’avoir envahie. En désespoir de cause, elle se redressa et saisit le combiné du téléphone. Elle avait à peine commencé à composer le numéro des urgences que la voix faible de son amie la stoppa net.
« Non… »
Lucie reposa lentement le téléphone. Elle tremblait de tous ses membres, sans savoir pour quoi. Elle avait l’impression d’arriver sur la scène d’un viol et ses nerfs fragiles la trahissaient. Elle s’assit lourdement sur le côté du lit.
« Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » fit-elle tendrement.
L’espace de trois respirations, il y eut le silence. Lucie crut qu’elle n’obtiendrait pas de réponse. Mais finalement, la voix faible se fit de nouveau entendre.
« Je suis atroce. Je suis épouvantable. Je suis une pédophile »
Lucie haussa un sourcil. L’image du jeune garçon, complètement effaré, lui traversa l’esprit.
« Paul ? » demanda-t-elle.
Marianne se retourna pour lui faire face. Elle offrait un spectacle pitoyable ainsi redressée sur un coude. Nue, les cuisses frémissantes, les lèvres tremblantes, les yeux mouillés de larmes, elle était l’incarnation même de la souffrance. Lucie réprima avec énergie l’excitation qui montait en elle devant ce spectacle. C’était totalement déplacé, totalement incongru. Pourtant, c’était la première fois qu’elle voyait son amie nue, et les corps féminins l’avaient toujours attiré. Avec effort, elle maîtrisa le tremblement dans sa voix.
« C’est Paul qui t’a fait ça ? Je l’ai croisé en arrivant ici… » Elle prit une grande inspiration. « Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » répéta-t-elle.
La jeune femme cligna des yeux plusieurs fois, comme si elle sortait d’un rêve. Sa voix avait des accents râpeux.
« Je… je lui ai fait des avances. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. J’étais comme… possédée. J’avais envie de mes mains sur mon corps, de ses mains. Je… » Marianne baissa la tête. Elle n’avait aucune envie de raconter ce qu’il s’était passé et pourtant elle se lança en avant, comme on exorcisait un souvenir. « Je me suis caressée les seins devant lui. Il… il est venu vers moi. Il était tellement doux… Oh, Lucie, il était tendre, il m’a déshabillée doucement, je fondais complètement dans ses bras ! Cela faisait tellement longtemps que personne ne m’avait… je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête… » Elle frissonna. « Je suis épouvantable, Lucie. Epouvantable ! Je ne sais pas pourquoi j’ai ces idées dans la tête. »
Lucie haussa vaguement les épaules, histoire de faire quelque chose. Que pouvait-on répondre à une telle confession ?
« Ah… » fit-elle.
Mais Marianne n’avait pas fini.
« C’est à cause de lui ! C’est à cause de lui si je suis comme ça ! Quand Paul m’embrassait, je pensais à lui ! Ca me rendait complètement folle ! Je fermais les yeux et je pensais à ses mains, sa bouche, ses lèvres ! Je m’imaginais avec lui ! Sinon je n’aurais jamais fait ça… » Ses yeux étaient implorants. « Il faut me croire, Lucie ! »
Lucie frémit lorsque son amie vint se jeter dans ses bras avec un total abandon, enfouissant sa tête contre sa nuque pour étouffer ses sanglots. Elle était désagréablement consciente des sensations qui remontaient en elle, de la nudité qui se pressait contre sa poitrine, de ces seins qui ballotaient devant ses yeux. Elle déglutit et repoussa doucement son amie.
« Comment ça, lui ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Calme-toi, voilà, comme ça, calme-toi… »
Presque inconsciemment, elle posa sa main sur les cheveux de son amie et les lui caressa doucement, comme on calmerait un animal angoissé. Son autre main lui caressait l’épaule. Progressivement, les sanglots cessèrent et Marianne devint plus intelligible.
« Je t’en avais déjà parlé… mon nouveau voisin. Romain, il s’appelle. Je le vois parfois rentrer, quand je fais attention, j’essaie de traîner aux boîtes aux lettres pour le regarder passer. Je suis folle, je sais. Mais il est tellement beau ! Et parfois, il se tourne vers moi et il me sourit. Et alors… alors ! » Un spasme sembla parcourir Marianne, qui se blottit encore plus contre son amie. Lucie lui caressait l’épaule, c’était agréable. « Je ne sais pas, j’ai l’impression d’exister quand il est là… Oh, si tu savais le nombre de nuits où je pense à lui, où j’imagine comment notre rencontre pourrait se passer. Quand Paul m’embrassait, c’était comme si lui le faisait. » Elle leva des yeux misérables. « Tu me crois, hein ? Tu me crois ? » Elle gémit. « Je suis une salope ! Je suis une vraie salope ! »
Lucie grimaça. Le simple fait que son amie utilise un tel vocabulaire montrait bien qu’elle était en état de choc.
« Mais non, tu n’es pas une salope. Tu es une femme avec des envies, c’est complètement normal. Et c’est plutôt rassurant, même. Je commençais à m’inquiéter pour toi ! » Elle sourit. « Tu vas voir, tu vas réussir à le séduire, ton Romain ! Je vais te donner les conseils qu’il faut, la motivation nécessaire, et tu y arriveras. S’il le faut, je t’attacherai devant sa porte pour qu’il te remarque ! »
« Mais… » balbutia Marianne.
Lucie posa un doigt sur les lèvres de son amie pour stopper ses paroles.
« Et puis… s’il est comme moi, je suis convaincu qu’il appréciera beaucoup plus Marianne la salope, comme tu dis, par rapport à Marianne la Sainte Vierge de la Bibliothèque Religieuse. Il va falloir rattraper un peu le temps perdu. Tu as besoin d’un peu d’éducation. »
« D’éducation ? » fit Marianne.
Elle ne put poser la question qui lui brûlait les lèvres, car celles de son amie venaient de s’écraser contre les siennes.

De rien pour la photo.
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27 janvier 2006
No zob in job but job is upper top
Ok, il est temps aujourd'hui de vous offrir une petite minute d'autosatisfaction.
Ouais, je sais, je suis déjà super mégalo d'habitude, mais là c'est encore pire. Mon chômage vient de se terminer au bout de deux mois, je viens de signer comme manager dans une boîte de conseil financier. Autant vous dire que je n'y connais rien en finance, mais bon, on verra bien.
Ce qu'on voit surtout, c'est que les gens, y compris l'équipe dirigeante, ont tous entre 25 et 35 ans. Qu'il y a des filles absolument magnifiques (même si, évidemment, Dulcinée les éclipse toutes :o). Que les conditions salariales sont phénoménales. Que le boulot y a l'air passionnant. Et que tout le monde s'entend bien, je reviens d'un pot open-bar qu'ils organisaient près de chez eux et qui devait se terminer en boîte (les fameux seven to one).
J'ai l'impression d'avoir intégré un épisode d'Ally McBeal, ce qui est quand même une excellente nouvelle car les Callista Flockhart ne courent pas les rues.
Bon, donc je commence dans une semaine, je suis heureux, heu-reux !
Et désolé pour l'absence de note plus constructive mais bon, j'ai passé des entretiens toute la journée, donc pas eu des masses le temps.
Je vous aime, je vous aime, je vous aime ! La vie est belle, le champagne est bon, la vodka-pomme aussi, le bonheur coule à flots.
A noter quand même que je me suis pointé à l'entretien à 8h30 ce matin sans m'être rasé (j'ai honte) et avec une cravate dépareillée. Une bonne heure a été nécessaire pour leur valider le fait que, oui, il m'arrivait de bien m'habiller. Merci le manteau de chez Boss d'ailleurs, vous qui osiez le critiquer ! Mauvaises langues ! Feriez mieux d'aller prendre des leçons de cunnilingage.
Et ouais j'ai un peu bu. Mais normalement ça ne se voit pas trop. Je vous bisoute très fort, très très fort, et je vous livre la suite des aventures copulatoires de Marianne dans la foulée.
YESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS le job de mes rêves !
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...vous en avez rien à battre, en fait, hein ? Vous étiez juste venus pour le cul ? Bande d'enfoirés.
15:00 Publié dans batracien | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
26 janvier 2006
Pour patienter
Désolé pour le retard, mais j’ai reçu une excellente nouvelle et un second entretien d’embauche pour demain, 8h30. Ya vraiment des enfoirés qui font exprès de planifier des sessions comme ça tôt le matin, juste pour tester la motivation du candidat. Motivé, je suis, motivé. Je vais arriver avec la gueule de travers et la cravate froissée - ou le contraire.
Bon, c’est pas tout ça mais il est temps de se mettre au boulot. C’est vrai, quoi, la pauvre Marianne, on l’a laissée toute frustrée devant le p’tit Paul… J’en profite pour préciser que l’âge du garçon n’a aucune importance, on me l’a donnée comme contrainte littéraire, mais si vous voulez qu’il ait 18 ans il en aura dix-huit. Hop, la magie de l’écriture.
Et puis je ne suis pas du tout dans une ambiance pédophile, là, j’ai simplement « dame tartine » qui tourne sur ma playlist. Vous connaissez ? Oui ? Non ?
Le temps que la nouvelle soit écrite, je vous laisse donc retrouver votre enfance. Ca va vous mettre en condition pour l’érotisme trouble, tiens.
Il était une Dame Tartine
Dans un beau palais de beurre frais.
La muraille était de praline,
Le parquet était de croquets,
La chambre à coucher
De crème de lait,
Le lit de biscuit,
Les rideaux d'anis.
Elle épousa Monsieur Gimblette
Coiffé d'un beau fromage blanc.
Son chapeau était de galette
Son habit était de vol-au-vent,
Culotte en nougat,
Gilet de chocolat,
Bas de caramel
Et souliers de miel.
Leur fille, la belle Charlotte
Avait un nez de massepain,
De superbes dents de compote,
Des oreilles de craquelin.
Je la vois garnir
Sa robe de plaisirs
Avec un rouleau
De pâte d'abricot.
Voici que la fée Carabosse,
Jalouse et de mauvaise humeur,
Renversa d'un coup de sa bosse
Le palais sucré du bonheur
Pour le rebâtir,
Donnez à loisir,
Donnez, bons parents,
Du sucre aux enfants.
Ne me remerciez pas, bande de chanceux, je sais que vous êtes heureux de reposer votre boîte de mouchoirs encore une fois en hurlant de rage.
A 21h environ, je mets la nouvelle en ligne.
15:00 Publié dans batracien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Nouvelle érotique ! Partie 2 !
Ce n’est pas bien, ce n’est pas normal… Il a dix-huit ans se murmurait Marianne alors que la main s’avançait vers elle. Lentement, comme à travers un brouillard hivernal, elle sentit les doigts venir lui frôler les seins. Sensibles comme elle les avait rendus, ils ne perdirent pas de temps pour tendre contre la fine fabrique du tissu. Il n’y avait pas moyen de dissimuler son état d’excitation. Elle avait le souffle court. Elle ne fit rien pour repousser la main.
Paul vivait un rêve éveillé. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait ni pourquoi elle se laissait faire ainsi, mais il avait toujours été curieux et audacieux. Il s’enhardit, et glissa ses doigts sous le tissu.
Marianne leva la main comme pour le repousser, puis la laissa tomber sans rien faire. Le contact était tellement agréable… cela faisait si longtemps que personne ne l’avait touchée ainsi. Elle sentit une chaleur bien peu familière l’envahir. C’était chaud et froid à la fois, et ça se répandait dans son corps par frissons. Le garçon était peut-être maladroit, mais il suivait scrupuleusement les conseils qu’on venait de lui donner. Sa main de moins en moins timide caressait ses seins comme elle le lui avait montré. Elle se sentit vibrer. Sa poitrine montait et descendait au rythme des caresses. Elle se rendit à peine compte qu’une main descendait pour venir se poser sur les boutons de sa chemise. Un à un, ils cédèrent avec traîtrise. La main remonta, écarta le tissu, plongea vers la poitrine exposée. Marianne, la tête en arrière, les bras serrés sur les accoudoirs du siège, tremblait de tous ses membres. Elle décroisa nerveusement les jambes, et réagit à peine lorsque, tout doucement, Paul lui fit lever les bras pour enlever entièrement la chemise. Le vêtement désormais inutile flotta sans bruit vers le seul. Les yeux mi-clos, Marianne suivit sa progression. Elle se sentait fondre. Quelque chose en elle se brisait, ou se construisait, elle ne savait plus. Le bloc de glace qu’elle avait toujours été depuis son adolescence fondait, fondait… elle se sentait de plus en plus humide. Là, en bas, où sa culotte de coton dissimulait ses désirs enfouis. Paul s’était penché et embrassait maintenant ses seins, la langue agile, les mains douces, anxieux de plaire.
« Oh » murmura Marianne.
Un souffle, un soupir, assez pour arrêter l’élan du jeune garçon. Il se redressa légèrement, les yeux inquiets, partagé entre le désir et la peur.
« Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? » fit-il ?
Il avait la voix aussi rauque qu’elle et, bizarrement, cela rasséréna la jeune femme. Elle se sentait plus calme, tout d’un coup, en paix avec elle-même. Elle savait qu’elle ne s’arrêterait pas, pas maintenant.
Lentement, elle se leva et tout aussi lentement, elle tourna sur elle-même. Le jeune homme buvait son buste des yeux. C’était la première fois que quelqu’un la regardait avec désir. De nouveau, elle sentit cette humidité contenue, plus bas, ce barrage d’Assouan qui menaçait de céder. Elle se pencha vers Paul. Il ne fit pas un geste pour se défendre. Leurs lèvres se touchèrent. Il émit un petit bruit, comme celui d’un chaton qui miaule, puis lui rendit son baiser.
Marianne se sentit défaillir alors que leurs langues se touchaient, se cherchaient, s’exploraient. Les mains de Paul repartaient à l’assaut de ses seins mais, bon élève comme toujours, il n’en restait pas là et caressait également son dos, ses épaules, sa nuque, la chute de ses reins. La jeune femme était parcourue de frissons. Elle ferma les paupières pour se laisser totalement aller à ses mains qui la découvraient comme un nouveau monde. Elle n’esquissa pas un geste de protestation lorsqu’ils trouvèrent la ceinture de son jean. Lorqu’elle ouvrit les yeux, Paul la regardait, implorant. Elle lui sourit, hocha la tête. Elle était dans son monde. Les mains étaient revenues sur son corps. Sa culotte glissa comme dans un rêve. Elle était nue face à cet adolescent encore habillé, et elle n’en éprouvait aucune honte. Elle était un fantasme, elle le savait, et elle s’en contentait.
Elle guida le garçon jusqu’au lit. Elle qui lui avait demandé de la douceur se sentait soudain brutale, violente. Elle lui arracha son T-shirt, elle s’accrocha à ses lèvres, elle le renversa sur elle. Il resta un instant indécis avant de repartir de l’avant. Ses mains descendirent le long de son ventre, s’égarèrent sur ses hanches avant d’effleurer les boucles brûlantes de son sexe. Paul approcha ses doigts, explorant le mystère féminin. Il poussa une exclamation de surprise en la voyant si humide. Son propre sexe se dressait devant lui, droit comme un I, le prépuce légèrement découvert. Pour la première fois, Marianne n’éprouvait aucun dégoût. Elle tendit la main, et ses doigts s’enroulèrent autour du membre en érection. Elle sentait l’artère battre comme un cœur, elle sentait la vie, elle sentait l’amour. Elle resta un instant ainsi, allongée, avec ce baboum, baboum dans la main. Elle fouilla dans sa table de nuit pour y trouver la boîte de préservatifs qu'elle remplaçait religieusement tous les ans pour ne pas dépasser leur date de péremption. Le capuchon se mit en place avec une confiance qu'elle était loin d'éprouver. Puis elle le guida vers son intimité.
« Doucement » murmura-t-elle.
Il la pénétra comme dans un rêve, les traits transportés d’extase. Ses mains étaient partout et nulle part, le poids de son corps transportait Marianne d’émotion. Elle le sentait en elle, et rien d’autre n’avait d’importance. Lorsqu’il commença à bouger, elle poussa un cri de plaisir.
Puis, plus rien.
« Dé…désolé… » balbutia Paul, rouge comme une pivoine.
Bon, finalement j'ai terminé cette partie plus vite que prévu. Dites-moi ce que vous en pensez, hein, surtout si vous n'aimez pas, que je sache si je continue ou non (vu qu'il y a plein de personnages qu'on n'a pas vu).
PS: Oui, elle a une chemise dans cette partie alors qu'elle avait un petit top dans la partie précédente, c'est ce qu'on appelle une licence poétique (bis). C'est vraiment sympa comme concept.
PS2: Bon j'ai rajouté une ligne en rouge pour inciter les gens à sortir couverts. Et à le remettre (le couvert).
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25 janvier 2006
Satan m'habite !
Je soupçonne des influences paranormales sur la gestion de ce blog. Peut-être est-ce la nouvelle érotique que je vais écrire qui donne ces vibrations... toujours est-il que le nombre de visiteurs est particulièrement inquiétant ces derniers jours.

Hier, en voyant 666, j'ai ricané doucement en trouvant la coïncidence amusante. Mais deux jours de suite ? Exactement le même chiffre ? Et celui-ci, en plus ?
Je suis possédé ! Exorcisez-moi, je vous en supplie !*
* L'exorcisme implique la présence de 50 vierges d'âge légal à la beauté farouche et à la sensualité trouble qui danseront nues autour de moi en chantant des psaumes religieux avant de pratiquer une incantation copulatoire.
Sérieusement, c'est hallucinant non ?
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Nouvelle érotique ! Partie 1
Gloups.
Bon, vous allez m’en vouloir, mais il est 16h et il faut que je file à 17h (entretien d’embauche très important, tout ça tout ça). Donc du coup, je risque :
1) de faire la nouvelle érotique en deux parties
2) de la bâcler
Mais comme je vous sais énergiques et motivés, je commence quand même. J’en profite d’ailleurs pour faire d’une pierre deux coups et répondre au pari qui m’a été imposé sur ce site. Donc voilà, ce sera une nouvelle érotique avec une fille moche, tant pis pour vous. Heureusement que sa copine vaut quelque chose. Mais n’anticipons pas.
Les règles du jeu sont là: http://majoma.over-blog.com/article-1565058.html
Marianne avait tout pour être belle. De grands yeux liquides d’un magnifique bleu nuit, un nez en trompette constellé de taches de rousseur, des boucles brunes cascadant sur ses épaules, des larges seins, des hanches fines, des fesses fermes.
Oui, prises séparément, chaque partie de son corps pouvait attirer les regards et faire ralentir les hommes dans la rue. Malheureusement, le tout n’était pas aussi harmonieux.
C’était comme si la nature s’était vengée d’avoir créé d’aussi belles choses, et avait décidé de les assembler sans rime ni raison. Les yeux étaient légèrement décalés, et ils louchaient. Le nez un peu trop bas, les lèvres trop minces, le menton trop volontaire. Ses cheveux filasses lui demandaient des heures d’entretien pour donner l’illusion d’un volume qui ne trompait personne. Et son corps souffrait du manque d’exercice et de trop d’heures passées derrière les livres. Elle accusait ses trente ans bien plus mal que ses amies.
Marianne était laide, et elle le savait. Jusque là, ça ne l’avait d’ailleurs jamais dérangée. Oh, bien sûr, les hommes pouvaient avoir plein de qualités. Mais ils venaient également avec leur cortège de défauts. Ils paradaient dans l’appartement en slip, ils fumaient, ils ne rabaissaient jamais la cuvette des toilettes et surtout, ils dérangeaient TOUT. Marianne était une maniaque du rangement et, chez elle, les livres étaient aussi bien classés qu’à la bibliothèque. Par auteur, par date, par collection, selon ses humeurs. Elle aimait à passer des soirées entières à imaginer un nouveau classement et à le mettre en pratique. La Pléiade d’un côté, les livres de poche d’un autre. Flammarion à côté de Gallimard. Ou plus bas. Ou plus haut.
Elle n’était pas ignorante des choses de l’amour, pourtant. Elle s’était même fait dépuceler assez jeune, à l’arrière d’une voiture. Elle gardait le souvenir d’un jet chaud, gluant et brûlant, qui contrastait étrangement avec les histoires romantiques qu’elle lisait à l’époque. Elle n’avait pas renouvelé l’expérience. De toute manière, le sexe et elle faisaient deux. Pas comme Lucie.
Ah, Lucie.
Marianne ne comprenait toujours pas ce que sa meilleure amie trouvait en elle. Lucie était son contraire absolu ! Souriante, joyeuse, vive, énergique, délurée – et belle, tellement belle ! Elle pouvait avoir l’homme qu’elle souhaitait d’un simple clignement de paupières mais ne se servait jamais de son pouvoir. Lucie qui…
Perdue dans ses pensées, Marianne n’entendit pas les coups frappés à la porte. Il fallut que le bruit grêle de la sonnette vienne envahir son appartement pour qu’elle sursaute et se décide enfin à répondre.
« Ah, quand même, je me demandais si je ne m’étais pas trompé de jour ! » fit Paul en souriant, bousculant légèrement Marianne pour rentrer.
La jeune femme ne put s’empêcher de sourire. Paul avait tous les défauts des hommes qu’elle s’était cité juste avant : maladroit, désordonné, exaspérant parfois. Mais il n’avait que quinze ans et cela lui donnait des excuses. De plus, il avait au moins autant de taches de rousseur qu’elle, ce qui leur donnait un point commun. Elle s’était très vite attachée à lui en le voyant travailler dans la cour de l’immeuble, et lui offrait désormais des leçons de français et de mathématiques. Parfois, un effort de volonté immense lui permettait même de lui prêter un livre, qu’il ramenait toujours en bon état. Il prenait soin des couvertures, ce qui était un bon point. Il fallait dire qu’il avait des mains douces. Machinalement, Marianne se demanda ce que donnerait le contact de ses mains sur son corps. Puis elle se reprit et rougit vaguement.
« Où sont tes manuels ? » demanda-t-elle pour cacher son trouble. Elle s’assit à la table de la cuisine et lui laissa la seconde chaise. « Tu les as encore oubliés ? Décidément, tu es incorrigible ! Comment veux-tu que je corrige ton… » Elle s’interrompit en voyant le garçon baisser les yeux, visiblement gêné.« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Paul resta un instant dans cette position, refusant de croiser son regard. Puis il prit une grande inspiration.
« Je suis amoureux d’une fille mais je ne sais pas comment je peux faire pour lui faire du plaisir au lit parce que c’est la première fois et j’ai peur de ne pas assurer et elle va se moquer de moi et j’ai peur que ça fasse mal à moi et surtout à elle et je n’ai pas envie de la décevoir ni de lui faire mal parce qu’elle est gentille et que je l’aime » haleta-t-il d’une seule voix.
Le silence retomba. Il n’osait toujours pas croiser le regard de Marianne.
La jeune femme était sans voix. Paul, son petit Paul, était donc un être sexué ? Le garçon était-il déjà tellement grand, tellement proche d’être un homme ? Et pourtant, ces craintes, ses craintes… il n’y avait rien de machiste en lui, juste de l’angoisse, de la peur, le désir de rendre sa partenaire heureuse. Si seulement tous étaient comme lui…
« Il ne faut pas t’angoisser pour ça » sourit-elle finalement. « Si tu l’aimes et qu’elle t’aime, ça se passera bien de toute façon, même si c’est sa première fois et que… »
« Ah non, elle ce n’est pas sa première fois, elle l’a déjà fait plein de fois, c’est justement pour ça que je voudrais avoir des conseils, pour pas être trop nul je veux dire. » Il hésita. « Je ne sais pas comment ça marche, une fille. J’aime pas les films de cul, je trouve ça trop nul, et puis je suis sûr que c’est pas comme ça en vrai. Alors comment il faut faire ? » Il leva enfin les yeux. « Tu es une fille, toi. Enfin, tu étais une fille. Comment ça marchait ? »
Marianne ferma les yeux. La discussion lui échappait, tout cela était tellement compliqué ! Elle se rappelait ses années lycée, les déceptions, les soirées foirées, toute cette adolescence qu’elle avait laissé derrière elle.
« Eh bien…. » commença-t-elle. Elle s’interrompit, chercha ses mots. « Eh bien, je ne vois pas comment je peux te donner des conseils. Chaque fille est différente, tu sais, et… »
« Oui mais il y a quand même des choses générales, non ? Je veux dire, les seins, comment on fait ? On les caresse ? On les embrasse ? On les mordille ? Dans les films, ils les tirent dans tous les sens ! » interrompit Paul.
Marianne secoua la tête.
« Ne crois pas ce que tu vois dans les films, Paul. Si tu veux vraiment leur faire plaisir, il faut que tu sois doux. »
« Mais comment ? » gémit le garçon de nouveau.
Presque inconsciemment, la main de Marianne s’était portée à sa poitrine.
« Il faut que ton toucher soit ferme, mais doux à la fois » murmura-t-elle. « Il faut que tu caresses lentement le sein, doucement, comme si c’était la chose la plus importante au monde. Commence par un seul, ne t’occupe pas des deux, soupèse-le. »
Joignant le geste à la parole, sans se rendre compte de ce qu’elle faisait, elle passa ses ongles sur ses seins, une légère caresse qui l’électrisa à travers son bustier.
« Laisse glisser tes doigts sur toute la longueur, doucement, reviens. Caresse le mamelon, mais doucement, encore une fois, comme si c’était une erreur. Continue tes caresses, toujours doucement. Penche-toi vers eux. »
Elle glissa la main contre son sein gauche. L’excitation montait en elle et sa respiration s’accéléra. « Approche-toi pour les embrasser, mais ne le fais pas tout de suite. Continue à les caresser, laisse-les sentir ton souffle sur eux, dangereusement près mais encore loin. Et ne concentre pas tes caresses uniquement sur les seins. On a un corps, tu sais. Descends ta main le long de notre flanc, mais reste quand même sur notre poitrine. Je sais, c’est compliqué… mais c’est tellement bon »
Elle mimait ce qu’elle décrivait. Ses yeux brillaient. « Maintenant, tu peux descendre totalement la bouche. Mais continue à utiliser tes mains, ce sont elles qui vont grandir le plaisir que tu vas nous donner. Passe ta main plusieurs fois sur la pointe du sein pour l’exciter, pas besoin de le pincer, juste passer la main, une fois, deux fois. Oui, comme ça, très bien comme ça. »
Marianne sentait ses tétons sortir de leur léthargie. Cela faisait si longtemps qu’elle avait ressenti cette sensation. Les pointes râpaient contre la fabrique du tissu, tendant son bustier en avant. Elle n’avait pas de soutien-gorge, n’en avait jamais eu besoin. « Embrasse le sein, lèche-le, avant de l’aspirer. Mais doucement, encore une fois. Ne tête pas, ouvre ta bouche entièrement, laisse-moi sentir ton souffle brûlant sur mes seins, tes baisers, tes lèvres qui se referment lentement, tes mains qui continuent leur progression et qui…. »
Elle rouvrit les yeux, la poitrine haletante, les sens en feu, pour voir Paul en face d’elle, bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau. Marianne sentit le rouge lui envahir les joues alors que son monde s’effondrait autour d’elle. Que venait-elle de faire ? Pourquoi avait-elle….
Puis Paul avança sa main.
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24 janvier 2006
Ca, c'est du coup de foudre
Ok, c’était dégueulasse de vous laisser en plan hier à cet endroit de l’histoire. Mais bon, faut bien ménager un peu le suspense ! Sans compter que vu ce que je vais me prendre dans la gueule dans cette note, vous allez pouvoir vous permettre d’être indulgents.
Nous en étions donc au moment où elle se tournait vers moi et où mon monde s’éclairait de millions de couleur, tout ça tout ça. La nuit tombait, il faisait beau et nous avions la vie devant nous.
Pour ceux qui m’objecteront qu’il pleuvait quelques minutes avant, je vous répondrai qu’il s’agit d’une licence poétique. C’est pratique, les licences poétiques, ça permet de justifier n’importe quelle connerie. Bref, il faisait beau.
Nous commençons notre excursion par la Tour Montparnasse, pour ensuite se diriger vers le Champ de Mars et sa Tour Eiffel et continuer vers les Champs Elysées pour admirer l’Arc de Triomphe. Ca peut vous paraître ridicule comme ça, mais ça ne faisait qu’un mois que j’étais à Paris, je ne connaissais pas tout ça, donc j’ouvrais des yeux ronds et admiratifs en faisant semblant de m’intéresser à ces anciens monuments.
Evidemment, le véritable centre de mon intérêt, c’était elle. C’est marrant comme je peux me souvenir, encore maintenant, de ce fameux sac à dos vert (moche). Elle avançait en ondulant du bassin, sans même se rendre compte de la sensualité qu’elle dégageait. Plusieurs fois, des gens se sont retournés dans la rue – ma parano ambiante me susurrait que c’était parce que je détonnais pas mal à ses côtés.
Nous continuons de marcher, et nous arrivons au Sacré Cœur. Oh, ah, c’est beau, la vue sur Paris. Malheureusement, il est déjà deux heures du mat, le coin est plutôt glauque. On redescend vers les quais de Seine. Et là… la discussion fatidique.
« Ca me fait super plaisir qu’on passe ce moment ensemble », qu’elle me dit, radieuse. « Franchement, c’est une des meilleures nuits de ma vie »
La classe, hein ? Ca vous impressionne ? Bah attendez la suite.
Je souris timidement, je me rapproche d’elle auprès d’un effort surhumain.
« Oui, c’est vrai, c’est agréable » bredouillé-je avec conviction.
Elle fronce les sourcils, un pli soucieux barre son front. Je me sens fondre, je ne suis plus que beurre qui coule lentement sur le sol en une flaque informe (putain, ça me donne faim tout ça, pause sandwich).
(Me voilà de retour. Le sandwich était bon mais le jambon avait une sale gueule. On peut continuer l’histoire. J’espère que vous êtes toujours dans l’ambiance, je m’en voudrais de casser le truc).
« C’est quand même bien qu’on se soit rencontrés comme ça » continue-t-elle. « Franchement, tous les autres sont vraiment superficiels. »
Je hoche la tête de nouveau, aux anges.
« Et puis tu sais, tu es mon premier ami mec ! D’habitude je ne reste qu’avec les filles ! Faut dire que vous êtes lourds, vous les mecs, à toujours vouloir nous embrasser ou coucher avec nous. » Elle me sourit. « Tu sais que tu es le seul de la prépa à ne pas avoir essayé de me draguer ? Franchement, tu ne te rends même pas compte à quel point ça me fait plaisir »
J’ouvre la bouche. Je la referme. Elle continue à monologuer.
« Promets-moi un truc, ne tombe jamais amoureux de moi, j’aime trop la relation qu’on a en ce moment, je veux pas perdre ça ! »
« Je promets, je promets » ricané-je avec bonne humeur…tout en hésitant à me balancer dans la Seine ou à me pendre en haut de la Tour Eiffel avec mon sexe soudain devenu assez flasque pour que cela soit possible.
Voilà, vous êtes contents ? Vous m’avez fait raconter mon seul coup de foudre et du coup, mon seul chagrin d’amour. Bande de salauds ! Oser faire ça à un batracien libidineux…
Pour ceux qui se diraient qu’elle se foutait de ma gueule en disant ça, je vous réponds qu’elle était simplement à la rue concernant les relations amoureuses (encore plus que moi à l’époque, c’est dire). Elle ne voulait pas de mec pendant sa prépa, et considérait donc que tous ceux qui cherchaient à lui donner des conseils de défilé de mode avaient des motifs purs, innocents et désintéressés.
Je me rappelle un gars qui a essayé à une soirée de l’aborder. Il était en voiture, il a proposé de la ramener, elle a accepté. Il se retourne pour chercher un verre, lorsqu’il revient, elle n’était plus là. Le lendemain, elle lui explique que ça lui faisait un détour, donc qu’elle ne voulait pas l’ennuyer et était rentrée à pied.
Hmpf. Ca y est, j’ai tous ces souvenirs dans la tête.
Epilogue : Je la revois de temps en temps. Elle est mariée depuis, et a beaucoup changé. Son innocence a disparu (sa minceur aussi, soyons langue de pute tant qu’on y est), et elle ne m’attire plus du tout. Mais durant des années, elle est restée pour moi l’image de la fille parfaite, celle à laquelle je comparais tout le monde sans jamais trouver l’équivalent. Je vous propose donc de tous m’apporter votre soutien face à cette épreuve que j’ai dû traverser, en me disant à quel point je suis désormais formidable, et ce qu’elle a manqué en ne sortant pas avec moi
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