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31 janvier 2006

FIN de la nouvelle érotique

Ouf.... eh bien, finalement ça aura pris 4 chapitres, plutôt inégaux, pour parvenir à terminer ce pari débile. Rappelez-moi de ne jamais faire confiance à Majoma, Béatrice ou Frederic, ce sont des fourbes. Je m'en vais leur trouver une chaîne bien insupportable à réaliser, tiens. Un truc du genre "racontez vos pires fantasmes". Ha ! Ca leur apprendra.

Bon, quoi qu'il en soit, voici donc la dernière partie. Comme je suis incapable de garder mon sérieux en parlant de cul, ça reste le même style que d'habitude. Mais un peu plus corsé, ça ne convient donc pas forcément à une personne de moins de dix-huit ans, tout ça tout ça.

Si vous avez moins de dix-huit ans et en accord avec les articles blablabla du code blablabla, cliquez ici et quittez le site.

Sinon, bonne lecture. C'est parti pour la dernière ligne droite, sortez vos kleenex (pour l'émotion, je veux dire).

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Il était temps de prendre les choses en main. Lucie repoussa fermement Marianne sur le lit, interrompant ainsi le baiser qu’elles échangeaient.

« Habille-toi. Dépêche-toi, mets une petite robe, quelque chose, de toute façon tu ne la porteras pas longtemps, donc… »

Eberluée, Marianne n’avait plus aucun contrôle sur ses actes. Comme un robot, elle se laissa pousser vers son armoire et enfila machinalement la jupe et le haut que Lucie lui tendait. A peine était-elle habillée que son amie la poussait vers la sortie.

« Mais je n’ai pas de culotte » protesta-t-elle faiblement.

« Tant mieux, tant mieux » fit Lucie.

Mi-poussée, mi-traînée, la jeune femme tentait de reprendre ses esprits. La porte devant laquelle ils s’arrêtèrent lui fit l’effet d’une douche froide.

« Qu’est-ce que tu fais ? Lucie ! »

« Je règle tes problèmes une bonne fois pour toutes, c’est tout. Tu me remercieras plus tard. »

Marianne tendit la main en un geste futile de protestation, mais il était trop tard. Avec entrain, Lucie tambourinait à la porte de Romain.

«Oh, le brun ténébreux, tu es là ? » chantonnait-elle en frappant du poing. « Petit, petit, petit ! »

Un instant, Marianne crut qu’elle était sauvée. Personne ne répondait, personne ne répondrait. Avec un peu de chance, l’histoire se terminerait là. Elle inventerait une histoire plausible pour expliquer tout ce raffut au concierge, et reprendrait sa petite vie tranquille de bibliothécaire. Elle pourrait…

La porte s’ouvrit.

 

 

 

« Oui ? » demanda poliment Romain.

Marianne resta sur place, comme frappée par la foudre. Lucie elle-même eut un instant d’hésitation, tant l’homme avait de présence et de magnétisme. Grand, brun, raisonnablement musclé, il était vêtu d’un T-shirt ajusté et d’un jean délavé. Sur toute autre personne, ces vêtements auraient paru banals, mais ils s’accrochaient au personnage pour lui donner une sorte d’aura romantique, James Dean sorti à temps de sa voiture, indomptable et indolent. Son expression était amusée alors qu’il détaillait ses deux visiteuses. Il eut un signe de tête en direction de Marianne.

« Tiens, je vous connais, vous. Vous êtes du même étage, non ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Vexée d’être ignorée, Lucie reprit son sang-froid. Elle posa sa main soigneusement manucurée sur le torse de Romain et le repoussa à l’intérieur. Il ne résista pas.

« Voilà ce que tu peux faire pour nous, enfin pour elle. » Elle montra Marianne du doigt. « Elle est désespérément amoureuse de toi, et accessoirement elle aurait bien besoin d’être décoincée. Tu penses être d’attaque à nous satisfaire toutes les deux ? »

La porte se referma bruyamment sur le couloir et le concierge curieux. Ils étaient désormais dans l’appartement, et Romain se sentait clairement dépassé par les événements – belle gueule ou pas.

« C’est que… quoi ? Pardon ? » bredouilla-t-il.

« Oh, les hommes, il faut décidément tout faire à leur place » soupira Lucie en enlevant son haut.

Elle dégrafa son soutien-gorge du même mouvement, laissant échapper deux seins de taille tout à fait respectable, fermes et dressés, hérissés d’une légère chair de poule.

« Lucie… » fit Marianne, choquée. « On devrait… »

Elle ne put terminer sa phrase : d’un grand geste théâtral, son amie venait de tirer sur sa jupe et de la déchirer au col. Marianne tenta de rassembler les morceaux qui tombèrent lentement au sol. Dessous, elle était totalement nue. Ses mains cessèrent de chercher la jupe pour venir couvrir la toison de son sexe. Ses oreilles bourdonnaient.

« Bon, l’apollon, tu ne vas pas rester planté là toute la journée. Tu te déshabilles tout seul ou tu veux qu’on t’aide ? » ricana Lucie. « Deux filles pour toi tout seul, ça devrait te motiver quand même ! »

Romain ouvrait des yeux ronds. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait mais, visiblement, cela ne lui déplaisait pas. Ses yeux ne quittaient la poitrine de Lucie que pour dévorer du regard l’intimité que Marianne avait du mal à cacher. Dans le jean, une bosse apparaissait. Lucie eut un claquement de langue satisfait. Elle avança et frôla de ses seins le torse de Romain. Puis sa main descendit sur la ceinture qu’elle défit avec habileté. La boucle de métal claqua sur le sol dallé.

« Je peux me débrouiller tout seul, merci » fit enfin Romain, secouant la paralysie qui s’était emparée de lui.

Il chercha du regard une quelconque caméra cachée. N’en trouvant pas, il se décida enfin à jouer le jeu. Il s’approcha de Lucie, enleva sa jupe, et aida Marianne à se débarasser de son haut. La jeune femme ne luttait plus, aiguillonnée par son amie.

« Eh bien, eh bien » admira Lucie lorsque Romain se débarassa de son boxer. « Si tu sais t’en servir, alors je n’aurai pas perdu mon temps aujourd’hui. »

Prestement, elle s’agenouilla pour contempler de plus près le sexe qu’il venait de révéler, mais Marianne fut plus rapide. Elle s’en empara avec révérence et le caressa sur sa longueur, du gland jusqu’aux testicules. Romain frissonna.

« Puisque tu m’as emmenée ici, autant que je participe » fit Marianne.

Oubliée, la bibliothécaire. Oubliés, les livres poussiéreux. Tout ce qu’elle voyait, désormais, c’était ce sexe qui emplissait son champ de vision, tellement plus vigoureux que celui de l’adolescent qu’elle avait dépucelé. Timidement, elle approcha les lèvres, donna un coup de langue pour tester. Ce n’était pas si déplaisant. Elle n’avait jamais testé ce genre de pratiques avant, mais cette journée paraissait tellement irréelle que tout était permis. Elle sentit la main de Romain lui toucher les cheveux, caresser sa joue. Il était comme dans ses rêves, finalement. Doux là où tant d’hommes se montraient brutaux. Il la remonta et l’embrassa avec énergie. Elle se sentit fondre, vaciller sous son étreinte. Une main vint caresser ses seins, une autre descendit vers la chaleur qui brûlait en haut de ses jambes. Il caressa ses cuisses, remonta, admira l’humidité qui y régnait. Il avança tout doucement un doigt, qui glissa tout seul. Marianne ferma les yeux et poussa un gémissement. Elle se demanda pourquoi Lucie ne parlait pas, puis réalisa que son amie avait la bouche pleine.

« On serait peut-être mieux dans ma chambre » proposa Romain, reculant de lui-même pour guider les jeunes femmes. Elles poussèrent un grognement de frustration avant de le suivre. Retarder, ne serait-ce que d’une seconde, les caresses de ses mains sur leur corps leur semblait une aberration. Pourtant, aussitôt couchées, elles constatèrent qu’il avait eu raison. Plus dans son élément, il semblait tout d’un coup beaucoup plus assuré. Sa bouche montait jusqu’à leurs lèvres, effleurait un sein, descendait plus bas avant de remonter. Ses mains semblaient s’être multipliées. Marianne se sentait plus prête qu’elle n’avait jamais été lorsqu’elle le vit mettre un préservatif. Une bouffée de jalousie l’envahit en réalisant qu’il privilégierait certainement Lucie, Lucie et son corps de rêve, Lucie et ses hanches cambrées, ses fesses parfaites… mais non, c’était vers elle qu’il se tournait. Elle sentit les lèvres de son amie contre les siennes, happant sa vie, soufflant son bonheur, étouffant le hurlement de plaisir qu’elle émit lorsqu’il la pénétra enfin. C’était un terrain facile, pourtant il avançait lentement, doucement, un mouvement après l’autre, jouant avec elle en refusant d’entrer complètement. C’était désormais des grognements de frustration qui s’échappaient de sa bouche. Lorsqu’il rentra totalement, elle hurla, et les lèvres de Lucie ne purent couvrir le son. Elle cria de nouveau au mouvement suivant, puis au suivant, se calant inconsciemment sur le rythme qu’il amorçait. Elle sentit les mains de Lucie lui caresser la poitrine, lui agacer les seins, et toujours leurs langues qui s’entremêlaient, et ce sexe dans le sien, et cette pièce qui tournait, tournait, et ces sensations qui remontaient, qui brûlaient en elle, qui explosaient en une apothéose de bleu, de mauve, de pourpre et d’émeraude, ces yeux fixés sur elle, cette peau qui n’était plus la sienne, elle partait, elle partait, elle hurlait, elle hurlait, elle…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marianne poussa un cri de joie rauque, le feulement sauvage d’une tigresse comblée. Ses mains griffèrent le rebors du lit et s’enfoncèrent dans l’épais coussin qu’elle serrait contre elle. Haletante, elle resta ainsi avachie, au creux des couvertures, attendant que sa respiration se calme. La sueur coulait librement sur son corps, baignant son plaisir d’une aura pâle. Puis elle ferma les yeux, revenant lentement à la réalité.

Elle était seule, comme toujours. Son appartement était tranquille. Pas un bruit.

Ou plutôt si. Le cliquetis d’une clé dans la serrure. En face, son mystérieux voisin rentrait de soirée. Il s’appelait Romain, c’est tout ce qu’elle savait de lui. Elle n’aurait jamais le courage de lui parler, elle le savait déjà.

Mais quelle importance ? Il lui restait le plus beau : son imagination.

 

 

 

Commentaires

M. | 31 janvier 2006

Un denouement inattendu, jolie fin.

Esteban le: 31/01/2006 18:26:14 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <p><font color="#3366ff">Merci pour le boulot et les compliments, &ccedil;a fait tr&egrave;s plaisir ;)</font></p | 31 janvier 2006

Et bonne chance pour ton voisin de palier, qui sait, peut-être t'observe-t-il en secret depuis des mois à travers le judas ? réponse de : Batracien
Tout ceci n'était donc qu'un rêve finalement....? Très subtilement amené Mr Grenouille, je te tire mon chapeau ;-) et je vais de ce pas vérifier si mon voisin de palier est là ce soir :p:P:p:P
Merci encore une fois pour le plaisir que j'ai à te lire tous les jours et congratulations on your new job!!!! ;-)

fredericestfou | 31 janvier 2006

Excellent, la grenouille ! tu as un vrai talent. Je suis bien ravi que tu te sois secoué la flemme.
La morale est tout de même un peu cruelle : les moches ont interet à avoir de l'imagination... ce qui est un peu faux, car elles peuvent aussi très bien s'en sortir, niveau séduction, en gagnant à l'Euromillion, non ?
Sinon, histoire de dire du mal : Apollon, c'est un P et 2 L. une bibliothécaire (surtout laide) doit savoir çà !

Johanna | 31 janvier 2006

quelle scène magnifique! je m'y voyais déjà...bon j'aurai sans doute viré la Lucie...non là bravo: mais savais-tu que ton histoire te mènerait à cette fin?
je suis partagée entre déception (un truc du genre "ils se mirent en ménage à 3 et convièrent leurs voisins à leurs soirées particulières" m'aurait bien plu) et attendrissement (l'oreiller, le meilleur ami des moches? oh que non...il faut que je lui envoie mon catalogue VPC à cette brave Marianne). Belle image de Marianne après relooking...
Il faut pas que tu t'arrêtes en si bon chemin: le batracien fait "côa" et tous de faire "coït" avec lui...

madame rouge le: 31/01/2006 19:36:49 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <p><font color="#3366ff">Elle gagne bien sa vie, je ne serais pas contre finalement ^^</font></p> | 31 janvier 2006

Et puis un public de midinettes en folie, quel bonheur ! réponse de : Batracien
sacrebleu, mais ce n etait qu un reve?????(pour toi aussi j imagine;) le dernier episode des feux de l amour est bien et je t assure que tu as de l avenir pour barbara cartland :)

Papierchiffon | 31 janvier 2006

...
je commencais serieusement à me demander comment tu allais t' en sortir... et je te tire mon chapeau!

bakemono | 31 janvier 2006

Bien écrite cette nouvelle érotique. Sensuel sans tomber dans le graveleux, ce n'était pas évident.

Célinouchou le: 31/01/2006 22:41:51 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <p><font color="#3366ff">En lisant pour la premi&egrave;re fois ton commentaire, j'ai cru que les &quot;vi | 31 janvier 2006

Bah merci, ça fait plaisir d'avoir des nouvelles venues par ici ! réponse de : Batracien
Bravo pour cette fin surprenante! Je lis depuis la 2ème partie et je trouve ça trop bien!! Et même si j'ai QUE 17 ans c'est pas pour ça que j'aime encore les jouets "Oui-oui" ou "Mon Petit Poney"!!! Mais bon ça rappelle de vieux souvenirs lol. Bonne continuation

Vetty | 31 janvier 2006

nice work ;-)

Maylis | 31 janvier 2006

belle chute! sinon tous les ingrédients classiques de l'érostisme étaient réunis bien écrire sur l'érostisme est une des taches les plus ardues tu t'en es pas mal tiré sans pour autant échapper aux clichés d'usage bon et l'humour dans tout ça c pour bientot? gros bisous ma grenouillette ;-)

Eraser Queen | 31 janvier 2006

Pas maaaaaal ! On sent que le paragraphe "action" a été ecrit d'un seul jet (huhu), d'où la question essentielle : as-tu été toi-même excité par tes propres écrits ?

Gia le: 01/02/2006 00:19:30 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <font color="#3366ff">Et encore, le concierge n'est pas intervenu !</font> </div> <div class="commentOption | 01 février 2006

Je me disais bien que la journée de Marianne était un peu trop chargée...

Kohai | 01 février 2006

C'est une fin assez surprenante. Sa casse quand meme le trip de la nouvelle érotique mais c'est un bon moyen de t'en sortir sans trop de mal.

Pas mal, grenouille, pas mal.

Charisma | 01 février 2006

Je vais faire ma chieuse, mais j'ai HORREUR des trucs où à la fin on vous dit "ben finalement c'était tout un rêve". Dans Dallas ils ont tué Bobby comme ça plein de fois, je trouvais ça pénible, et c'est prendre les gens pour des cons (qu'ils sont parfois, je vous l'accorde). Et c'est choisir la facilité quand on ne sait plus comment se sortir d'un truc.
Mal. Pas bien. Vilaine grenouille. Peut mieux faire.
Malgré mes références à Dallas, je viens d'une famille très littéraire, et quand j'ai commencé à émettre des balbutiements littéraires moi-même, on m'a refusé la médiocrité. Je transmets le flambeau. Bordel de merde.

Louise le: 01/02/2006 10:17:07 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <p><font color="#3366ff">Laeticia Casta, inculte ! Ah la la, mais o&ugrave; va le monde quand des valeurs aussi ba | 01 février 2006

Excuse-moi j’ai pas lu ta nouvelle érotique, (zzz)
Par contre la statue, qui est-ce ? Evelyne thomas ?

Béatrice | 01 février 2006

Oh, ben c'est trop cool, alors!
Bon, joliment amené le coup du rêve...
Je confirme que tu t'en sors bien, pour un homme. J'apprécie patriculièrement les qualités de l'écriture (je pèse mes mots...!)

majoma | 01 février 2006

Bon finalement tu es vraiment une grenouille bleue, la morale est sauve puisque c'est juste un fantasme !Il était pas débile mon défi d'abord ! Mais tu es mimi de l'avoir si bien relevé (le défi bien sûr !!)

Auguste | 02 février 2006

Ca, c'est de l'écriture! Joliment écrit... une histoire vivante... prenante...

bellina le: 02/02/2006 16:17:11 </div> <div class="commentMessage responseMessage reponseMessage"> <font color="#3366ff">Merci beaucoup ! Et content d'avoir, euh, fait r&ecirc;v&eacute; certain(e)s ;)</font> | 02 février 2006

ouah je suis encore toute retournée!
tu as beaucoup de talents!
et j'adore ton blog :)
bisous

Syven | 02 février 2006

C'est vraiment très bien écrit... toutes mes félicitations ! et la fin est splendide !

Roanne | 13 février 2006

C'est amusant, je pensais à une fin comme celle-ci et je me suis dit... il va pas oser quand même ! Bah si :))).

Lola | 11 avril 2007

Et si tout partait de l'imagiantion de Romain et que Romain c'est toi.
Tu as quelque chose de séduisant toi aussi....j'aime donner vie à tes personnages et pourquoi pas nous donner les rôles principaux...

Shenedra | 20 février 2008

hello,voilà j'écris aussi ce genre de nouvelle, je trouve la tienne très bien écrite, et j'aimerai pouvoir trouver un éditeur.Je crois bien que me site est mort et que quelqu'un a repris mon sky...Enfin voilà quoi je te souhaite que tu réussisses Shenedra

Agena | 29 mars 2008

Jolie fin. Joli texte aussi.

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